
Julien Orlandini, 1er adjoint de la maire de Toulon et conseiller métropolitain
De l’Odyssée d’Homère, aux Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, la mer a toujours façonné notre imaginaire. Aujourd’hui, le recul du trait de côte nous rappelle que l’océan n’est pas qu’un monde mystérieux éloigné du notre mais qu’il en fait partie intégrante. La montée des eaux appelle une action des pouvoirs publics, comme à la construction d’un nouveau récit commun.

Julien Orlandini, 1er adjoint de la maire de Toulon et conseiller métropolitain
Les regards croisés que nous avons portés lors de la table ronde « trait de côte en mouvement » au théâtre Liberté le 24 septembre dernier ont mis en perspective la nécessité de repenser notre rapport à la mer, avant de prendre des décisions qui façonneront les prochaines décennies.
Les exemples du Fish Market de Sydney et des nouveaux quartiers littoraux de Copenhague sont particulièrement illustrants. Dans ces projets de nature bien différente, nous retrouvons une dynamique commune : celle de rassembler les habitants, de les associer, de faire évoluer les usages pour que chacun y trouve sa place, et de projeter les aménagements vers l’avenir. A Toulon et plus globalement à l’échelle de la métropole, la diversité des enjeux comme la singularité du territoire appellent cette même logique.
De façon prosaïque, et conformément aux dispositifs législatifs ouverts par la Loi Climat et Résilience (2021), les élus ont commencé à s’enquérir de la question du recul du trait de côte sous le prisme de la nécessaire adaptation face aux risques. Evaluer les zones exposées à l’érosion aux horizons 30 et 100 ans, les cartographier afin de mieux protéger les personnes et les biens.
En parallèle, grâce au partage de la connaissance scientifique qui se démocratise toujours mieux, la façon de « gérer » le littoral évolue. En Méditerranée, la protection de la posidonie par exemple est devenue un réel enjeu, porté par nombre d’élus locaux. Beaucoup savent que préserver ces herbiers, revient à sauver la forêt amazonienne… Et cette prise de conscience invite à reconsidérer la nature. Conscients des services écosystémiques qu’elle nous rend, nous composons avec et non plus sans ou contre elle.
A côté de ces actions concrètes, du quotidien, nous ambitionnons d’aller encore plus loin pour planifier les actions qui dessineront le littoral de demain. A partir des éléments que nous connaissons, en nous appuyant sur les résultats des études et les cartes prospectives en cours de réalisation, mais aussi et surtout, en faisant appel à notre imaginaire collectif. Car nous ne pourrons pas tout mener de front, sauver l’ensemble du bâti des eaux. D’autant que pour l’heure, le financement reste au centre des incertitudes. Sommes-nous prêts à laisser la mer entrer à certains endroits ? Pouvons-nous repenser nos modes de déplacement si telle ou telle route disparaissait ? Quels aménagements doivent impérativement être maintenus sur le rivage ?
Penser le littoral, c’est penser le rétro-littoral, c’est penser la ville et son aménagement. Ce n’est pas que protéger face aux risques, c’est se donner des perspectives et faire des choix. Nous savons que toutes ces questions ouvrent le champ des possibles, et qu’elles doivent être partagées avec le plus grand nombre. Professionnels du tourisme, scientifiques, pêcheurs, citoyens, écoliers… nous avons tous une histoire avec la mer. A nous de l’écrire ensemble.
Julien Orlandini
Premier adjoint de la maire de Toulon
Conseiller métropolitain Toulon Provence Métropole
ARCHITECTE ou société d’architecture
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