Transition écologique

La transition écologique en 6 interviews

Le Conseil national de l'Ordre des architectes a réuni un Comité scientifique pour la mise en place de son centre de ressource numérique consacré à la transition écologique. Six de ses membres présentent leur vision des rapports entre cette transition nécessaire et l'architecture.
Le 09 avril 2019
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Sylvie Robert, sénatrice : "La transition écologique nécessite de dépasser les politiques sectorielles"

Sylvie ROBERT est sénatrice d’Ille et Vilaine, membre de la commission Culture du sénat.

"Il faut cesser de penser la transition écologique en silo, activité par activité. Et l'architecture concentre toutes les thématiques qui se posent pour la transition écologique au niveau du territoire. Nous avons besoin d'exemples de bonnes pratiques et de mieux évaluer les expérimentations."


Dominique Gauzin-Muller : "Le ciment et le sable sont devenus des matériaux précieux"

Dominique GAUZIN-MULLER, architecte et universitaire, enseignante à l’ENSA Strasbourg.

"Le ciment et le sable sont devenus des matériaux précieux, il faut les utiliser uniquement quand on ne peut pas faire autrement. Pour le reste il faut utiliser d'autres matériaux, à partir de terre crue ou de fibres végétales. La France est très en avance sur l'isolation en paille, car la filière a su se fédérer et créer des documents professionnels."

 

Pascal Gontier : "Les bâtiments de demain ne ressembleront pas à ceux d'aujourd'hui"

Pascal GONTIER, architecte, Atelier Pascal Gontier.

"Les architectes sont interpellés au niveau de l'innovation, cela passe par de la recherche. Il faut montrer que les architectes sont des acteurs de la recherche et de l'innovation."

 

Nicola DELON : "Nous devons prendre des risques et réinventer collectivement"

Nicola Delon, architecte de l'agence Encore Heureux.

"Nous vivons des crises majeures : crise climatique, crise des ressources, crise sociale. Nous devons nous engager pour une architecture plus écologique. L'architecte doit convaincre le maître d'ouvrage, faire évoluer les pratiques, retrouver des savoir-faire oubliés. Les défis sont incroyables, mais les opportunités aussi."

 

Frédéric GILLI : "L'écologie est la grande absente du débat politique"

Frédéric Gilli, directeur associé de l'agence Grand Public, professeur associé à l'Ecole Urbaine de Sciences Po. 

Alors qu'il y a une attente massive pour l'écologie, il est temps de traduire ces enjeux dans les politiques du quotidien et "c'est un des rôles des architectes de prendre le lead de la mobilisation citoyenne pour l'écologie"

 

 

Cyril Hanappe : "Revenir à la dimension sociale de l'architecture"

Cyril HANAPPE, architecte de l'agence Air Architecture.

"La transition écologique, c'est aussi le social. Si on ne prend pas en compte le social, les gens vont trouver des solutions moins chères pour eux mais défavorables à l'écologie. La question du sociale est corrélée à la question des risques environnementaux."



Le Comité scientifique de la plateforme Transition écologique réunit
les membres suivants :

- Alain BORNAREL, Ingénieur Tribu
- Dominique GAUZIN-MULLER, Architecte et universitaire, enseignante à l’ENSA Strasbourg
- Isabelle DELANNOY, Environnementaliste, agence Do Green-économie symbiotique
- Nicola DELON, Architecte Encore Heureux
- Frédéric GILLI, Directeur associé de l'agence Grand Public, professeur associé à l'Ecole Urbaine de Sciences Po
- Pascal GONTIER, Architecte, Atelier Pascal Gontier
- Cyril HANAPPE, Architecte Air Architectures
- Frédéric LENNE, Journaliste, directeur d’Esprits urbains
- François de MAZIERES, Maire de Versailles, ancien président de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine
- Isabelle MOULIN, Secrétaire générale de l’association EUROPAN
- Hélène PESKINE, Secrétaire permanente du PUCA
- Michèle RIVASI, Députée européenne
- Sylvie ROBERT, Sénatrice d’Ille et Vilaine, membre de la commission Culture

Jean JOUZEL, climatologue, parraine la Plateforme Transition écologique

Contribution -
Publiée le 09.04.2019
2 commentaires

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Restaurer l'architecture  historiques des temps où l'on construisait 100% écologique est déjà un acte 100% écologique, même si on utilise un peu d'électricité et de pétrole pour faciliter l'extraction la taille de pierre ou tailler une charpente, et un peu de chimie pour des résines parfois, conserver évite plus de 95% de production de matières premières, de coltinage, ou d'assemblage pour créer des volumes habitables. 

Reste la question du confort thermique et respiratoire pour les habitants des MH qui le souhaitent. Quelle recherche scientifique référente donne une certitude sur "isoler un mur de donjon d'1m,20". Le CSTB est payé par les fabricants sur des produits rapportés, les VMC, les chauffagistes, ce qui exclut toute vérité sur le sujet de la vraie performance du bâti massif ancien. Le calcul est théoriquement erroné avec 5 inconnus donc équations non résolvables (lambda non linéaire en mesure réelle). Donc s'agiter juridiquement et médiatiquement n'est pas suffisant pour acquérir de certitudes efficaces, si ce n'est faire comme pour l'archi moderne de faible épaisseur et échouer à réhabiliter, en créant des désordres identiques au ciment d'étanchéité, détruisant les murs. 

Quand les ministres divers financeront ce type de vraie étude scientifique ?

Je suis convaincue que chaque secteur d'activité peut effectivement tenir compte de l'écologie. L'architecte doit convaincre le maître d'ouvrage, faire évoluer les pratiques, c'est tous ensemble qu'une dynamique peut s'instorer. Il faut être passionné par l'architecture, les innovations, les cultures quelques soient (culture arabe, culture viking)

(CNOA)
6 interviews sur la transition écologique