
CROA HDF
À l’occasion des 50 ans de la loi sur l’architecture de 1977, le Conseil régional de l’Ordre des architectes des Hauts-de-France a réuni près de 180 architectes aux Archives nationales du monde du travail, à Roubaix, le 30 octobre dernier. Une journée d’échanges consacrée à la réhabilitation du patrimoine du XXe siècle. Voici ce qu’il fallait en retenir !

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1/ Une ambition : ouvrir le dialogue sur le patrimoine récent
« À travers cette journée, le Conseil régional de l’Ordre des Architectes des Hauts-de-France souhaitait ouvrir un espace de dialogue sur un patrimoine encore récent, mais déjà confronté à des choix déterminants. Le croisement entre architectes, historiens, acteurs du patrimoine et élus a permis notamment de déplacer notre regard : avant d’être un problème technique, la réhabilitation est aussi une question de récit et de choix collectifs », a souligné d’emblée Jean-Charles Huet, président du Conseil régional de l’Ordre des architectes Hauts-de-France. Cet évènement « Architecture et territoires » a permis de rappeler les enjeux auxquels la profession est confrontée. Logements sociaux, bureaux, bâtiments industriels et friches composent une part majeure de nos villes. Alors que l’urgence climatique pousse à limiter les démolitions et l’artificialisation des sols, une question s’impose. En effet, comment adapter ces bâtiments aux usages d’aujourd’hui sans effacer leur identité ? C’était le fil rouge des échanges, entre valeur patrimoniale, contraintes techniques et nouveaux usages.
2/ Pléthore d’intervenants
Onze regards sur un même sujet. Sur le plan historique et patrimonial, Richard Klein, architecte et historien, a retracé l’évolution du regard porté sur les grands ensembles. Isabel Concheiro-Guisan a questionné la valeur du patrimoine récent et les choix de démolition, tandis que Marie-Pierre Sampson a évoqué sa reconnaissance à travers le label « Architecture contemporaine remarquable ». Plusieurs projets ont illustré les possibilités de transformation du bâti, notamment celui d’Antoine Béal, de Béal & Blanckaert architectes, avec la reconversion d’une friche commerciale à Nœux-les-Mines en laboratoire de la transition énergétique, projet de réhabilitation primé par le concours D’a. Stéphane Damsin, d’Ouest Architecture, a partagé son expérience autour de l’exposition Urban Legend et du Théâtre Jean Vilar, entre autres. Jérôme Marin a abordé les enjeux de la réhabilitation thermique car les questions environnementales et constructives ont également nourri les échanges. Jérémy Renaut, directeur opérationnel de Vilogia, a évoqué la réhabilitation du logement social, tout comme Richard Klein a apporté de la hauteur en revenant sur l’histoire de ces ensembles. Grichka Martinetti a, quant à lui évoqué la déconstruction et le réemploi, et Patrick Rubin, la transformation de bureaux en logements. Tandis que David Guiraud, maire de Roubaix, a porté la dimension politique et collective du sujet. Les échanges ont rappelé que réhabiliter engage architectes, bailleurs, collectivités, maîtres d’ouvrage et habitants.
3/ Le deuxième Palmarès réHAB XXᵉannoncé
Delphine Droussent, de la DRAC Hauts-de-France, a présenté la deuxième édition du Palmarès réHAB XXᵉ, qui distingue des opérations exemplaires de réhabilitation du patrimoine bâti du XXᵉ siècle, porté par le ministère de la Culture. Après une première édition consacrée aux édifices antérieurs à 1948, ce nouveau volet entend valoriser des opérations qui font de la transformation de l’existant un véritable acte de création architecturale, au croisement de la qualité du projet et de la sobriété environnementale. Un moyen de donner de la visibilité aux réalisations exemplaires et d’encourager leur diffusion. La date butoir pour candidater est le 30 novembre !
4/ Un engagement politique avec la signature du Manifeste
C’était aussi le temps fort de la journée ! David Guiraud, maire de Roubaix, a signé le Manifeste de la réhabilitation, coécrit par six Conseils régionaux de l’Ordre des architectes, dont les Hauts-de-France. C'est d'ailleurs le CROA de Nouvelle-Aquitaine qui en est à l'origine. Le texte défend la transformation du bâti existant et invite à repenser collectivement le renouvellement urbain en limitant les démolitions. Un signe engagement… manifeste !
5/Échanger entre pairs
Au-delà des échanges autour du patrimoine du XXᵉ siècle, cette journée a aussi été l’occasion pour les 180 architectes présents de partager leurs expériences. C’est aussi l’un des rôles de l’Ordre : offrir des espaces de rencontre et de dialogue entre confrères. La visite des Archives nationales du monde du travail a aussi rythmé la journée dans un cadre propice à la découverte et à la convivialité.
ARCHITECTE ou société d’architecture
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