Groupe scolaire Lucie Aubrac, Toulouse, Laurens et Lousteau arch. (© S Chalmeau)
© S Chalmeau
Groupe scolaire Lucie Aubrac, Toulouse, Laurens et Lousteau arch. (© S Chalmeau)

L'essentiel des chiffres de la profession

Démographie des architectes, modes d'exercices, activités et revenus
Publié le 19.10.2015

La population ordinale

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Archigraphie 2018
Archigraphie 2018 - Meeting challenges through collaboration

La France compte 29 900 architectes et agréés en architecture inscrits au tableau de l’Ordre au 1er janvier 2018. 1200 diplômés HMONP sortent environ chaque année des écoles d’architecture et environ 18 000 étudiants y sont inscrits.

1100 nouveaux architectes se sont inscrits à l'Ordre en 2017. Les nombres des entrées et des sorties sont à peu près équivalents depuis 2010.

La population professionnelle est principalement concentrée sur quelques régions : l’Ile de France (33 % des inscrits), Auvergne-Rhône-Alpes (12 %), Occitanie (10%), PACA (9%), Nouvelle-Aquitaine (8%), Grand-Est (6 %), Hauts-de-France (4%) Pays de la Loire (4%).

La population demeure majoritairement masculine, malgré une population féminine en croissance régulière : début 2018, il y avait 29 % de femmes inscrites à l’Ordre, mais elles sont 46,2 % parmi les architectes de moins de 34 ans et représentent la moitié des nouveaux inscrits à l'Ordre.

L’âge moyen des architectes est de 50,4 ans. En 2018, 20,5% des inscrits ont moins de 40 ans, 27,5% entre 40 et 50, 24,22% se situent dans la tranche des 50-60 ans, 21,24% dans les 60-70 ans et 6,55 % ont plus de 70 ans. Les femmes sont en moyenne nettement plus jeunes puisque 31% ont moins de 40 ans, 65% moins de 50 et seulement 12,1% plus de 60 ans.

La France compte 44,4 architectes inscrits à l’Ordre pour 100 000 habitants en 2018, contre environ 82 en moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne.
 

Les modes d'exercices

Si l’exercice individuel, à titre libéral, correspond au cœur de la profession, il est en net tassement :  46% des architectes inscrits en 2017 contre 83% en 1983. A l'inverse, sur la même période, la part des architectes associés passe de 5 % (en 1983) à 44 % (en 2017). On compte aussi (toujours en 2017) 3% de fonctionnaires et 3% de salariés.

On compte, en 2017, 10882 sociétés d’architecture contre 8445 en 2011, 7500 en 2009, 5890 en 2007 et 700 en 1983. Il s'agit en grande majorité de SARL (43%) ou de SARL à associé unique (19%) et d'EURL (14%). Parmi les autres types de sociétés, les SAS représentent 9%, les SASU 8% et les SELARL 3% des sociétés, en 2017.
 

L’activité des architectes

Pour  2017 (chiffres déclarés en 2018 à la MAF), le montant global des travaux déclarés par les architectes à la MAF s’élève à 55,3 Mds d’euros (en baisse de 5,8% par rapport en 2016). Ce montant correspond à une part de marché de 41,1% de l’ensemble du marché de la construction (en très léger repli de 0,4%).

Le neuf représente 72,2% (+2,3) et l’entretien-réhabilitation 27,8% (-2,3). 

La maîtrise d’ouvrage des architectes est privée à 72,1% (+0,3 par rapport à 2016) et publique à 27,9% (-0,3).

31,4% des travaux concernent des logements collectifs (-0,7) et 13,4% des logements individuels (en baisse de 0,2). Les bureaux et commerces pèsent 16,5% des montants de travaux (+0,3), l’enseignement et la santé 13,7% (-0,1) et la culture et le tourisme 8,4% (-0,8).

L'Île-de-France concentre 26% du total des travaux (15,1 milliards €). Suivent, dans l’ordre décroissant de montants déclarés, les régions Auvergne-Rhône-Alpes (7,8 milliards €), PACA (5,1 milliards €), Occitanie (4,7 milliards €), Nouvelle-Aquitaine (4,3 milliards €), Hauts-de-France (3,1 milliards €), Grand-Est (2,8 milliards €),Pays de la Loire  (2,7 milliards €), Bretagne (2,1 milliards €), Normandie (1,8 milliards €), Centre-val-de-Loire (1,4 milliards €), Bourgogne-Franche-Comté (1,3 milliards €), Corse (0,4 milliards €), et les DOM (1,9 milliards € cumulés).

La part des montants de travaux déclarés par des architectes exerçant en société continue d'augmenter au détriment de celle des architectes exerçant en libéral : 76,3% contre 23,7%.


Les revenus des architectes :
En 2016, le revenu moyen des architectes était de 43 349 euros selon la CIPAV. Le revenu moyen des femmes (28 734 euros) reste bien inférieur à celui des hommes (48745 euros). 
Le revenu médian n'est quant à lui que de 28 426 euros.

Selon l'ARAPL, les architectes exerçant en libéral ont un chiffre d'affaire moyen de 124 100 euros en 2016 (en baisse continue depuis 2008 où ce CA moyen s'élevait à 155 900 euros)

Les structures du secteur demeurent très atomisées : 80% des entreprises employeuses du secteur ont un effectif inférieur à 5 ETP (équivalent temps plein).

  
   

Synthèse de l'Archigraphie 2018

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Archigraphie 2018

Archigraphie se divise en quatre parties:

  • La première partie est consacrée à l’évolution sociodémographique de cette population (à partir des données du CNOA et de Pôle emploi), de leurs revenus (à partir des données CIPAV, ARAPL, UNASA) ainsi que des données sur les agences d’architecture et leurs effectifs (données Actalians et OMPL) ;
  • La seconde partie porte sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, à partir des données de l’enquête du ministère de la Culture;
  • La troisième partie analyse les grandes tendances sur le marché de la construction et leurs impacts sur l’activité des architectes à travers des données globales sur le marché du bâtiment (FFB, INSEE), des données concernant l’activité des architectes (MAF) et des données concernant les caractéristiques de la clientèle des architectes sur le marché spécifique de la maison individuelle (enquête EPTB du ministère de la Transition écologique et solidaire) ;
  • Enfin, la quatrième partie met en lumière les transformations du métier et les nouveaux modes de collaboration des architectes, à travers une enquête menée par le CREDOC pour le CNOA.

Nous reprenons ci-dessous les principaux traits marquants de la profession d’architecte et soulignons les évolutions récentes qui la caractérisent.

Principales données sociodémographiques de la profession d’architecte aujourd’hui

  • Les effectifs des nouveaux diplômés en architecture et le nombre d’architectes inscrits à l’Ordre se sont stabilisés depuis 2010. On comptait ainsi 3728 diplômés en architecture en 2016-2017 et 29 700 inscrits à l’Ordre en 2017;
  • Le vieillissement de la population des architectes s’effectue à un rythme comparable à celui de la population française. Entre 2016 et 2017, l’âge moyen des architectes inscrits à l’Ordre est passé de 50,5 ans à 51 ans. 52 % des architectes inscrits à l’Ordre ont aujourd’hui entre 45 et 64 ans. Les moins de 44 ans représentent environ un tiers des architectes tandis que les plus de 65 ans représentent environ 14 % de ces effectifs;
  • L’étude de la répartition géographique des architectes inscrits à l’Ordre sur le territoire national met en lumière la concentration des effectifs d’architectes en Île-de-France et dans le sud de la France. Les jeunes s’installent dans les régions très urbanisées, leurs aînés exerçant surtout dans le quart nord-est et dans le sud de la France;
  • La féminisation de la profession se poursuit. En 2017, les femmes représentaient 29 % des inscrits à l’Ordre, soit une progression de 12 points depuis 2000. Cette féminisation de la profession des architectes est encore plus visible au sein des jeunes générations. Ainsi, près de la moitié des architectes âgés de moins de 35 ans sont aujourd’hui des femmes. Les femmes restent toutefois sous-représentées parmi les architectes libéraux et associés;
  • En lien avec la féminisation progressive de la profession, on compte désormais autant d’hommes que de femmes parmi les architectes inscrits à Pôle emploi en tant que demandeurs d’emploi de catégorie A;
  • Environ 9 architectes sur 10 travaillent comme associés ou en libéral. Entre 2008 et 2017, le nombre d’architectes libéraux a diminué de 1 % par an en moyenne et celui des architectes associés a augmenté de 4 % par an en moyenne, de sorte que le nombre d’associés égale presque celui des libéraux;
  • L’âge moyen des entrants à l’Ordre a progressé de 2015 à 2017, ce qui peut traduire le fait que les architectes commencent leur carrière comme salariés en agence, sans être forcément inscrits à l’Ordre;
  • En 2016, le revenu moyen des architectes est toujours inférieur à son niveau le plus haut atteint en 2007. Les disparités de revenus restent très fortes au sein de la profession, ce qui s’explique notamment par le niveau d’expérience et le type d’activité exercée. Les écarts de salaires entre hommes et femmes demeurent importants mais continuent de se réduire, en particulier au sein des plus jeunes générations d’architectes;
  • Le salaire brut annuel en ETP (équivalent temps plein) d’un salarié travaillant en agence d’architecture est comparable à celui des activités juridiques et des activités comptables pour l’année 2015;
  • Le nombre d’entreprises employeuses est orienté à la baisse depuis 2008. Au 1er janvier 2016, le nombre d’entreprises employeuses a connu une diminution de 12 % par rapport à 2008.
     

L’insertion professionnelle des jeunes diplômés

 Archigraphie 2018 permet de mettre en lumière l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en architecture. Au cours de l’année scolaire 2016-2017, on comptait 1417 diplômés titulaires de l’habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre (HMONP), ce qui représente son plus haut niveau depuis la mise en place de ce titre en 2005. Le nombre croissant de diplômés suivant la formation pour obtenir cette habilitation s’explique par les meilleurs taux d’insertion sur le marché du travail dont bénéficient les architectes titulaires de la HMONP par rapport aux diplômés ADE.

L’enquête du ministère de la Culture concernant les diplômés des écoles supérieures d’architecture révèle qu’en moyenne, tous parcours confondus, 73 % des jeunes diplômés en architecture accèdent à leur premier emploi en moins de 6 mois. Ce délai d’accès au premier emploi après l’obtention du diplôme tend, cependant, à s’allonger si on le compare avec celui des diplômés en architecture de 2010, 2011 et 2012. Les principaux résultats de cette deuxième partie d’Archigraphie, élaborée à partir de l’enquête du ministère de la Culture sur les diplômés en architecture de 2013, peuvent se résumer ainsi :

  • plus d’un diplômé en architecture sur 10 est en situation de pluriactivité. Cette part a progressé de 3 points depuis 2010, même si l’on observe un recul du taux de pluriactivité chez les architectes de 0,6 point entre 2015 et 2016;
  • 84 % des jeunes diplômés en architecture en 2013 déclarent exercer une activité au sein des domaines professionnels de l’architecture, de l’urbanisme et du patrimoine bâti ;
  • plus de 8 jeunes diplômés en architecture sur 10 déclarent exercer dans le domaine de la conception architecturale;
  • 71 % des jeunes diplômés insérés dans le domaine de l’architecture et interrogés dans le cadre de cette enquête déclarent exercer leur activité principale en tant que salariés;
  • 83 % des titulaires d’une habilitation à l’exercice de la maîtrise d’œuvre en leur nom propre, qui exercent une activité en tant que salariés, déclarent disposer d’un contrat à durée indéterminée;
  • plus d’un tiers des diplômés sont installés en Île-de-France;
  • près de 8 diplômés sur 10 exercent leur activité en agence d’architecture.

La place de l’architecte sur le marché de la construction

Après plusieurs années de repli, l’activité du bâtiment s’est redressée en 2016 à +1,9 % en volume, avant de nettement accélérer en 2017, à +5 % en lien avec le fort dynamisme du marché du logement neuf. L’activité des architectes représente 42 % de l’activité du bâtiment, cette part étant stable depuis 2012. Les travaux déclarés par les architectes à la Mutuelle des Architectes Français, toutes missions confondues, font état d’une baisse des montants des travaux de 3 % entre 2014 et 2015, suivie par une augmentation de 1 % entre 2015 et 2016. Les principales conclusions de cette troisième partie d’Archigraphie 2018 se résument ainsi :

  • en 2016, les commandes publiques accusent un repli de 7,7 % par rapport à 2015 alors que les commandes privées enregistrent une hausse de 5 % entre 2015 et 2016;
  • 70 % des travaux réalisés par les architectes concernent la conception de bâtiments neufs;
  • plus de la moitié des ouvrages confiés aux architectes concernent le logement (en montant de travaux) ;
  • alors que l’activité était orientée à la baisse depuis 2012, elle connaît une amorce de reprise depuis 2015 aussi bien en valeur qu’en volume;
  • l’activité des architectes se maintient dans le marché du logement collectif mais continue de reculer sur le marché du logement individuel ;
  • le marché de la maison individuelle a fortement souffert de la crise économique depuis 2009 et de la contraction du marché de la construction. Même si l'activité des architectes sur la maison individuelle reste faible, on note néanmoins, depuis 2014, une reprise avec un montant de maisons individuelles réalisées par les architectes de 3026 millions d’euros;
  • concernant les caractéristiques de la clientèle des architectes sur ce marché, on note une part plus importante de cadres et de professions intellectuelles supérieures que pour la clientèle des autres types de maîtres d’œuvre. Les moins de 30 ans font également peu appel aux architectes lorsqu’ils font construire une maison individuelle. Enfin, les particuliers ayant recours à un architecte sont de plus en plus nombreux à opter pour une maison individuelle livrée « totalement terminée ».

Transformation du métier et nouveaux modes de collaboration

Afin de mettre en évidence les nouveaux enjeux du métier des architectes, une enquête quantitative a été réalisée et conduite en ligne par le CREDOC. Durant une première période allant du 17 avril au 30 mai 2018, 26400 architectes ont reçu un questionnaire de 24 questions auquel 2105 ont répondu.

La profession d’architecte est aujourd’hui en pleine transformation et doit faire face à de nombreux défis. 77 % des architectes interrogés ont cité l’évolution de la place de l’architecte dans la maîtrise d’œuvre dans les défis à relever pour l’avenir de la profession. En effet, la montée en puissance des impératifs techniques et économiques dans le secteur de la construction se traduit par une diversification et une spécialisation accrue des métiers de la maîtrise d’œuvre. La contraction de la commande publique dans un contexte économique plus tendu depuis 2008 a poussé les architectes à s’investir davantage sur la commande privée (y compris celle du particulier). Ces différents défis ont un impact sur la profession d’architecte qui doit trouver sa place dans cet environnement changeant.

L’impact du numérique sur la profession et l’adaptation à de nouvelles clientèles face à un repli de la commande publique sont cités respectivement par 63 % et 37 % des architectes. Les chantiers de rénovation et de réhabilitation sont encore assez peu investis par les architectes, alors qu’ils pourraient constituer une réponse aux mutations de la profession. Par ailleurs, les architectes sont conscients des défis environnementaux à relever pour limiter l’impact considérable des villes sur l’environnement. 50 % citent les enjeux climatiques comme un des défis à relever pour l’avenir des architectes.

Afin de relever ces défis, de nouveaux modes de collaboration se développent au sein de la profession. Cette coopération peut aller d’une simple collaboration en ligne au regroupement interprofessionnel au sein de collectifs de travail, jugés plus à même de résoudre les défis contemporains. 45 % des architectes exerçant en libéral, comme associés ou salariés du secteur privé travaillent dans une entreprise collaborant avec d’autres professions en dehors du champ de la maîtrise d’œuvre. Le partage de l’espace de travail avec d’autres professionnels reste peu répandu dans la profession (il concerne seulement 21 % des personnes ayant répondu à cette question). Les plateformes d’échange et le coworking sont les principaux outils de collaboration utilisés par les architectes (utilisés par respectivement 35 % et 22 % des répondants). L’utilisation du BIM se développe également dans la profession et la demande de formation à cet outil se fait ressentir chez les architectes.

L’utilisation de ces nouveaux modes de collaboration est contrastée selon les modes et le lieu d’exercice. La collaboration avec d’autres professionnels en dehors de la maîtrise d’œuvre concerne ainsi majoritairement les architectes salariés du secteur privé et est plus répandue dans les grandes villes. Ainsi, même si ces nouveaux modes de collaboration ne sont pas encore diffusés à l’ensemble de la profession, ils marquent une prise de conscience de la nécessité de coopérer davantage avec d’autres professionnels.