Transition écologique

Quel est le poids carbone des logements, avec ou sans rénovation ?

Dans le cadre d’un projet étudiant mené avec CentraleSupélec, l’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID) a analysé le poids carbone des logements, avec ou sans rénovation. A travers deux infographies, cette étude met en lumière surtout les facteurs clés à prendre en compte pour optimiser les gains carbones de la rénovation énergétique : importance du mode de chauffage de départ et d’arrivée, impacts de l’effet rebond, etc.

Alors que le changement climatique s’accélère selon le dernier rapport du GIEC, la baisse des émissions carbone passera nécessairement par la décarbonation du secteur du bâtiment.

Pour mémoire, le secteur du bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie, en représentant près de 45% de l’énergie consommée en France[1]. Au total, il émet chaque année plus de 120 millions de tonnes de CO2, soit environ le quart des émissions directes nationales (voire un tiers en considérant ses émissions indirectes liées aux matériaux, aux déplacements des personnes et à la conduite des travaux).

Dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), le gouvernement vise une réduction par deux des émissions du bâtiment d’ici à 2030 par rapport à 2015, en portant l’effort à la fois sur les constructions neuves et les bâtiments existants. En particulier, l’objectif est de porter le nombre de rénovations complètes et performantes dans le logement à 700 000 par an sur 2030-2050, en visant en priorité les passoires énergétiques (classes F et G), qui représentent près de 17% du parc.  

Toutefois, l’Observatoire de l’immobilier durable (OID) pointe un retard des rénovations, en estimant à 30 000 le nombre de rénovations engagées chaque année en France. Elle souligne en outre un « faible retour sur investissement », avec un coût de la rénovation estimé à 1000€/an pour une réduction de la facture énergétique de 8€/an.

Quel est le poids carbone des logements, avec ou sans rénovation ?

Fruit d’un travail étudiant mené en partenariat avec Centrale Supélec, cette étude de l’OID analyse le « Poids carbone des logements ».  Dans la continuité des travaux menés en 2020 sur le poids carbone des immeubles de bureaux , l’OID a analysé en 2021 le cycle de vie des bâtiments de logements, notamment collectifs (logements sociaux exclus). Après avoir formulé une série d’hypothèses sur ces logements (surface moyenne, température de confort, isolation standard, etc.), l’OID a estimé les émissions moyennes de GES tout au long de leur cycle de vie (50 ans).

L’objectif de cette étude est de déterminer quelles actions de rénovation sont les plus efficaces pour réduire l’empreinte carbone d’un bâtiment de logements. Elle est complétée de deux infographies sur le cycle de vie du bâtiment, intégrant ou non une rénovation énergétique.

Sans rénovation énergétique, le poids carbone d’un bâtiment de logements s’élève à 3,6 tCO2/m²sur l’ensemble de son cycle de vie (50 ans).

Lorsqu’une rénovation est menée, le bilan carbone s’améliore, puisque le poids carbone total diminue à 3 tonnes CO2eq/m² sur 50 ans, soit une baisse des émissions de 17%. « Les émissions liées aux matériaux et à la conduite des travaux sont en effet compensées par une baisse significative des émissions liées au chauffage notamment », explique l’OID. La rénovation constitue un outil de diminution de l'impact carbone du bâtiment (sur 50 ans), dès lors que la hausse des émissions générées par les travaux (+18%) est neutralisée par la baisse des émissions liées au chauffage (-19%). 

Comment optimiser les bénéfices de la rénovation ? 

Si la rénovation énergétique apparaît comme un levier majeur pour réduire le poids carbone des logements, plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour optimiser les bénéfices de la rénovation.

Selon l’OID, plusieurs actions seraient à mener en priorité pour obtenir un meilleur retour sur investissement et un plus grand gain carbone de la rénovation, notamment :

  • Orienter le changement de mode de chauffage, considéré comme le geste de rénovation le plus efficace. Le changement de mode chauffage est surtout rentable en termes d’impact carbone dans les cas extrêmes, à savoir : du charbon ou fioul vers une PAC (-60% d’émissions de GES), du chauffage électrique ou de la biomasse. Dans ce cas, il permet d’avoir un « temps de retour carbone » jusqu’à 3 fois plus rapide que des travaux d’isolation, 4 ans contre 17 ans. »
  • Prendre en compte le mode de chauffage préexistant : par exemple, passer de l’électrique vers une PAC ne générerait pas de gain carbone compte tenu des émissions du au changement d’équipement. A noter : Pour le moment, les subventions publiques ne sont pas modulées en fonction du mode de chauffage préexistant.
  • Intégrer l’effet rebond, en sensibilisant et engageant les occupants avant et après les travaux : la rénovation ne conduit pas toujours aux économies escomptées, et peut même, paradoxalement, conduire à une « surconsommation » d’énergie si le ménage augmente sa consommation, privilégie son confort thermique. Selon l’OID, les gains carbone d’un remplacement d’un chauffage au fioul vers un chauffage au gaz naturel s’annulent dès lors que la température est augmentée de 5°C.

>> Pour en savoir plus :

 

[1] Source : Ministère de la transition écologique et solidaire

Etude de cas -
Publiée le 06.09.2021 - Modifié le 06.09.2021
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Observatoire de l'immobilier durable, juin 2021.
Infographie : Analyse du cycle de vie d'un bâtiment de logements, avec rénovation.