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Plus d’architecture à l’Institut de la Transition foncière !

Fabien Gantois, vice-président du Conseil national de l’Ordre des architectes, est intervenu mardi 14 avril en introduction de l’assemblée générale de l’Institut de la Transition foncière, dont le CNOA est adhérant. Jérôme Berranger, conseiller national, a été élu membre du conseil d’administration de l’Institut.

Publié le
, mis à jour le
15 avril 2026
Intervention de Fabien Gantois, vice-président, à l'Institut de la Transition foncière

De gauche à droite : Céline Bonhomme, sous-directrice de l'aménagement durable au ministère Écologie et Territoire, Fabien Gantois, vice-président du Conseil national de l'Ordre des architectes, Nicolas Bellego, directeur de l’innovation d’Icade, Jean Guiony, président de l'Institut de la Transition foncière

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La transition foncière est en cours. Mais la réussir implique encore du travail et de nouvelles façons de faire. C’est ce qu’ont rappelé les intervenants de la table ronde d’introduction de l’assemblée générale de l’Institut de la transition foncière, le 14 avril 2026.   

Pour Fabien Gantois, le XXe siècle est une « parenthèse dans l’aménagement », où l’on a pensé que l’on pouvait tout faire. Une logique qui a conduit à artificialiser des dizaines de milliers d’hectares chaque année, pendant des décennies. Désormais, les architectes font de plus en plus avec l’existant, ils « regardent ce qu’on a dans le frigidaire avant de faire à manger ». L’architecture ne fait donc pas table rase du passé, elle acte le fait que l’avenir est conditionné par le présent, par l’existant.   

Cette logique du déjà-là, qui a existé avant la parenthèse du XXe siècle et qui est à nouveau d’actualité, impose davantage de réflexion. Les équipes de maîtrise d’œuvre sont plus larges et doivent intégrer davantage de paramètres, comme la biodiversité, le démontage ou la réversibilité, mais aussi les risques associés au travail sur l’existant. Autant de raisons qui invitent à investir dans l’ingénierie territoriale, pour des territoires qui préservent les sols et la qualité architecturale.   

Aujourd’hui, c’est toute la filière qui prend le chemin de la transition foncière. Céline Bonhomme, sous-directrice de l’aménagement durable au ministère de la Transition écologique, a par exemple rappelé que la très large majorité des SRADDET et des SCoT étaient déjà conformes à la trajectoire qui vise l’objectif de Zéro Artificialisation Nette en 2050. Alors qu’il y a 15 ans la France consommait près de 30 000ha de foncier par an, en 2023 seulement 19 000ha ont été artificialisés.   

Du côté des collectivités, Thibaut Guigue, président de Métropole Savoie et vice-président de la communauté d’agglomération Grand Lac, voit la sobriété foncière comme une invitation à l’optimisation. Une réflexion en emploi/m² artificialisé peut aider les collectivités dans leurs choix de développement économique. Tout en gardant à l’esprit le besoin de mutualiser les ressources et équipements entre collectivités.   

Par ailleurs, si la mise en œuvre de la sobriété foncière devient plus facile aujourd’hui selon Thibaut Guigue, c’est aussi parce qu’elle est de plus en plus acceptée voire demandée par les habitants. De nouvelles zones d’activité peuvent être moins attrayantes que des équipements de proximité.   

Enfin, le directeur de l’innovation d’Icade, Nicolas Bellego, et Guillaume Mizon, président de Terre Utile, ont parlé d’investissement dans des techniques opérationnelles, efficaces et rentables pour la transition foncière. Terre Utile, par exemple, recycle 80 000 mètres cube des 220 millions de tonnes de terres excavées chaque année, destinées à la déchetterie, pour en faire de la terre végétale valorisable.   

Ces échanges ont démontré un engagement partagé par de nombreux acteurs de la filière pour la préservation des sols. Les architectes sont au premier plan de ces efforts, en tant que concepteurs d’un cadre bâti de qualité. C’est au titre de cette expertise que Jérôme Berranger, conseiller national, a candidaté pour intégrer le conseil d’administration de l’Institut de la Transition foncière. Il a été élu à l’unanimité par les adhérents.  

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