
Les étudiants en architecture de l'Ensa Paris- La Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, rejoignent la mobilisation lycéenne
Alors que les mobilisations lycéennes et étudiantes ont remis en lumière l’état des établissements scolaires, le gouvernement a annoncé de nouveaux financements pour leur rénovation. Mais comment transformer ces moyens en écoles, collèges et lycées réellement adaptés aux besoins des élèves et aux défis climatiques ? À travers le programme ÉduRénov et les projets qu’il accompagne, le Conseil national de l’Ordre des architectes rappelle l’importance d’une approche architecturale globale.

Les étudiants en architecture de l'Ensa Paris- La Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, rejoignent la mobilisation lycéenne
Les mobilisations lycéennes et étudiantes de ces dernières semaines ont fait émerger, parmi d’autres revendications, une préoccupation très concrète : l’état des bâtiments dans lesquels les jeunes étudient chaque jour. Locaux vieillissants, manque de confort, équipements inadaptés… La qualité des établissements scolaires fait partie des sujets abordés dans les échanges entre les représentants des élèves et les pouvoirs publics.
Les écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA) ne sont pas restées à l’écart du mouvement. De Paris à Nantes, en passant par Versailles, des étudiants se sont mobilisés en soutien aux lycéens, tout en dénonçant leurs propres conditions d’études : manque de moyens, précarité et locaux parfois inadaptés.
Le 26 octobre dernier, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels pour la rénovation du bâti scolaire, ainsi qu’un milliard d’euros d’investissements pour les campus universitaires. Ces annonces posent une autre question : comment faire de ces financements une véritable amélioration des conditions d’étude.
Rénover pour mieux apprendre
La France compte environ 58 000 établissements scolaires publics, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale relayés par la Banque des Territoires. 80 % de ses écoles auraient besoin d’une rénovation.
Les épisodes de fortes chaleurs ont mis en évidence les limites d’un patrimoine souvent conçu à une époque où le confort d’été n’était pas une préoccupation majeure. Mais les besoins dépassent la seule question des températures : acoustique, qualité de l’air, lumière naturelle, accessibilité, circulation et aménagement des cours participent aussi au quotidien des élèves et des personnels.
Pendant longtemps, la rénovation énergétique s’est principalement concentrée sur la réduction des besoins de chauffage. Elle doit désormais intégrer l’adaptation aux étés plus chauds, sans opposer solutions passives et dispositifs de rafraîchissement lorsque ceux-ci s’avèrent nécessaires.
L’enjeu n’est donc pas de simplement rénover des bâtiments, mais de concevoir des lieux capables d’accompagner l’évolution des usages et du climat. Cela suppose une bonne connaissance de l’existant, une réflexion sur les besoins des usagers et des choix adaptés à chaque établissement.
ÉduRénov, de l’ambition au projet
C’est l’objectif du programme ÉduRénov, porté par la Banque des Territoires et auquel le Conseil national de l’Ordre des architectes est associé. Le dispositif accompagne les collectivités dans la rénovation de leurs bâtiments scolaires, éducatifs et sportifs, en mobilisant des ressources techniques, des financements d’ingénierie et des prêts.
Les 4 milliards d’euros annoncés le 26 octobre s’inscrivent dans ce programme et doivent être mobilisables d’ici 2030. Ils visent à soutenir les investissements des collectivités dans la rénovation des écoles, collèges et lycées, avec une attention particulière au confort d’été.
Mais la disponibilité de financements ne résout pas, à elle seule, les difficultés rencontrées. Avant d’engager des travaux, il faut établir un diagnostic, définir un programme, articuler les attentes des équipes éducatives avec les contraintes budgétaires et organiser, parfois, un chantier en site occupé.
C’est là que les architectes peuvent jouer un rôle essentiel : aider les maîtres d’ouvrage à passer d’une succession d’interventions techniques à un projet cohérent, associant performance environnementale, qualité d’usage et transformation du cadre de vie.
Un enjeu pour tous les territoires
Ces questions sont également travaillées au sein des instances régionales de l’Ordre des architectes. Le 8 octobre, le CROA Île-de-France a consacré une rencontre Architectures & Territoires à « L’architecture scolaire comme outil éducatif ? », réunissant élus, architectes et acteurs du cadre de vie autour de la transformation des établissements.
Les besoins diffèrent selon les territoires, les climats et les ressources disponibles. Il n’existe pas de réponse architecturale universelle. L’enjeu est de permettre aux collectivités de s’appuyer sur des professionnels capables d’analyser les situations locales et de concevoir des réponses adaptées.
À l'heure où de nouveaux moyens sont annoncés pour le bâti scolaire, les architectes peuvent contribuer à faire de cette mobilisation financière un investissement durable dans la qualité des lieux d'enseignement. Au-delà des revendications qui ont fait émerger ce débat, l'objectif reste de garantir à tous les élèves et étudiants, quel que soit leur cursus, des espaces adaptés pour apprendre et étudier.
Les architectes souhaitant faire connaître le programme ÉduRénov auprès des collectivités peuvent se rapprocher de leur CROA et des élus locaux.
ARCHITECTE ou société d’architecture
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