Manifeste pour une architecture responsable dans les métropoles et les territoires

Le Conseil national de l’Ordre des architectes a présenté le 26 janvier au Sénat, son « Manifeste pour une architecture responsable dans les métropoles et les territoires ».

Au moment où le projet de loi réformant les collectivités territoriales est en discussion au Parlement et s’apprête à créer métropoles et pôles métropolitains, l’Ordre des architectes ouvre le débat sur le phénomène métropolitain et le rôle des architectes. Avec son manifeste l’Ordre se prononce pour une vision durable et globale de la métropole comme levier d’aménagement, solidaire de l’ensemble du territoire.

La métropolisation est un fait urbain ambivalent. Il se caractérise par la concentration démographique dans les villes mais aussi par l’étalement et la dilution de celles-ci. On y observe la mise en réseaux grandissante des lieux, des personnes et des activités, mais aussi l’accroissement des inégalités et des relégations sur le territoire.

« Si la métropolisation est un fait, nous avons la responsabilité collective que ces organisations territoriales ne deviennent pas des mondes invivables », affirme le manifeste des architectes, « il faut donc à la fois maîtriser et structurer ce phénomène, et mettre en place des politiques et des projets à la hauteur des enjeux. »

Pour les architectes, la question de la gouvernance des métropoles est assurément essentielle. Elle doit aller dans le sens d’une plus forte intégration des outils et des compétences territoriales, et donner des réponses adaptées aux spécificités locales.

Mais elle doit être avant tout pensée comme un moyen au service d’un projet urbain, prioritaire et visant le bien-être des habitants et des usagers. Le manifeste dessine ainsi les contours d’un projet de métropoles « solidaires, respectueuses des territoires, de l’environnement et des générations futures » :
- Faire accepter la densité et la mixité par des innovations architecturales qui privilégient le plaisir des habitants.
- Sanctuariser des espaces naturels et agricoles
- Donner des limites aux villes et un statut aux territoires interstitiels.

Reconnaitre le rôle prépondérant de l’architecture dans la conception ce projet urbain permettrait
- d’intégrer les ressources urbaines existantes : bâti, activités, espaces publics, réseaux de transports et de communication virtuelle,
- de développer une poétique de la ville à l’échelle métropolitaine considérant le tissu urbain comme un environnement naturel et culturel,
- d’articulation de toutes les échelles, depuis l’architecture domestique, jusqu’à la place des aéroports,
- de ménager le territoire dans une approche paysagère pertinente et respectueuse de la diversité du vivant.

Les architectes, entourés de compétences pluridisciplinaires, sont les partenaires naturels des élus locaux pour définir le projet métropolitain. Impliqués aux côtés des élus, ils peuvent les aider dans un travail d’analyse de l’existant et de « haute couture ». « Pour ce faire, propose le manifeste, des outils tels que des plans de recomposition territoriale et leur élaboration en ateliers participatifs sont à promouvoir. »

Cela appelle un double courage politique : celui de s’assurer une maitrise de ses ressources foncières, et celui de porter une pensée collective en partageant le projet, et ses outils, sur l’ensemble du territoire.

« C’est dans cette voie, » conclut le Manifeste, « que les métropoles prendront leur véritable dimension : celle du partage des richesses, de l’équilibre des territoires, du respect des diversités culturelles, piliers d’une citoyenneté européenne qui fait notre histoire. »


>> Téléchargez le manifeste : Manifeste-Architecture-Metroples-et-Territoires.pdf