Transition écologique

Faire de la transition numérique un accélérateur de la transition écologique

26 propositions d’actions aux acteurs publics formulé par ce Livre Blanc Numérique et Environnement publié par l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), la Fondation Internet Nouvelle Génération (Fing), le WWF France et GreenIT.fr, avec le concours du Conseil National du Numérique (CNNum).
Livre Blanc Numérique et Environnement
(Iddri, Fing, WWF France, GreenIT.fr, CNNum)
Livre Blanc Numérique et Environnement

Le Livre Blanc numérique et environnement, présente 26 propositions d’actions aux acteurs publics pour mettre le potentiel de transformation du numérique au service de la transition écologique. Il a vocation à lancer le débat sur les mesures les plus appropriées, à susciter des contre-propositions et des propositions complémentaires, à nourrir la réflexion des pouvoirs publics. Il a vocation à ouvrir un nouvel agenda politique : celui de la convergence des transitions numérique et écologique.

Parmi les 26 mesures proposées par ce Livre Blanc, les auteurs mettent notamment en avant :

Généraliser l’affichage « durabilité » sur les équipements numériques (chantier 1, mesure 2) « Le numérique n’est pas une industrie immatérielle », rappelle Pascal Canfin, directeur du WWF France. « Un téléphone portable par exemple consomme soixante métaux différents, dont une vingtaine seulement sont actuellement recyclables. Or, la durée de vie de nos équipements numériques ne cesse de baisser. L’une des mesures à prendre de toute urgence pour inverser cette tendance est de mieux informer les consommateurs, en généralisant l’étiquetage des produits en fonction de leur durée de vie, leur réparabilité, la disponibilité de pièces détachées et leur empreinte écologique ».

Rendre obligatoire l’éco-conception des services numériques publics et des grandes entreprises (chantier 1, mesure 6) Pour Frédéric Bordage, fondateur de GreenIT.fr, « les services numériques – c’est-à-dire l’ensemble des logiciels et matériels informatiques qui supportent nos usages connectés courants comme réserver un billet de train, prendre rendez-vous chez un médecin ou bien encore envoyer un e-mail – doivent être conçus de façon plus responsable ». L’éco-conception d’un site web permet par exemple de diviser par trois ses impacts écologiques tout en améliorant l’expérience des utilisateurs. « Une mesure simple serait de rendre obligatoire l’éco-conception des sites web et services en ligne des pouvoirs publics et des grandes entreprises, en complétant l’obligation légale en matière d’accessibilité numérique à laquelle ils sont déjà soumis. »

Réserver une place, dans les programmes d’innovation numérique, à des projets innovants focalisés sur la production d’impacts écologiques « radicaux » (chantier 3, mesure 3) « L’État et les collectivités locales françaises ont développé de nombreux dispositifs pour soutenir l’innovation numérique, que ce soit d’importants programmes sur les véhicules autonome, l’industrie du futur ou la ville intelligente, des appels à projets et des prix pour récompenser les innovateurs, ou encore des incubateurs de start-up », rappelle Jacques-François Marchandise, Délégué général de la FING. « Mais ces dispositifs demeurent trop souvent aveugles aux enjeux écologiques ou s’y intéressent de façon superficielle. Il est nécessaire d’y réserver une place à des projets innovants focalisés sur la production d’impacts écologiques radicaux, du type zéro émissions ou zéro déchets, et qui soient capables de passer à l’échelle et robustes aux effets rebonds ». Une exigence serait que ces projets s’engagent à mesurer leurs impacts réels et à publier les résultats.

Créer des territoires d’expérimentations numérique et écologique pour accueillir les innovateurs qui veulent collaborer avec les pouvoirs publics (chantier 3, mesure 4) Soutenir l’innovation passe aussi par une coopération plus poussée entre innovateurs et acteurs publics. « Si dans la mobilité les pouvoirs publics commencent à intégrer des innovations telles que le covoiturage, l’autopartage ou le véhicule autonome, ils restent en retard dans bien d’autres domaines », remarque Mathieu Saujot de l’Iddri. « Les plateformes d’échange de biens entre particuliers, pour donner ses objets par exemple, peuvent réduire jusqu’à 20% les déchets des ménages. Mais aujourd’hui ces innovateurs peinent à travailler avec les pouvoirs publics, ne serait-ce que pour proposer leurs solutions sur les sites de gestion des encombrants des villes ». L’une des propositions du Livre Blanc pour palier à ce problème consiste à créer – aussi bien en zones urbaines que rurales – des territoires d’expérimentation numérique et écologique pour accueillir les innovateurs qui veulent tester leurs solutions et collaborer étroitement avec les pouvoirs publics, et assurer un partage d’expérience entre ces territoires.


>> Téléchargez le Livre blanc "Faire de la transition numérique un accélérateur de la transition écologique"


Le livre blanc a été réalisé par un groupe de travail réunissant :

  • Damien Demailly, Mathieu Saujot (Iddri),
  • Renaud Francou, Daniel Kaplan, Jacques François Marchandise (FING),
  • Marine Braud, Aurélie Pontal (WWF France),
  • Frédéric Bordage (GreenIT.fr),
  • François Levin et Jan Krewer (CNNum).
Contribution -
Publiée le 25.03.2019 - Modifié le 25.03.2019