Notre-Dame : unir nos forces pour reconstruire

Notre-Dame, monument très emblématique de la culture, du patrimoine français et mondial, a été touchée lundi 15 avril en plein cœur. Au-delà de l'émotion que provoque la perte d'une partie de notre mémoire collective et populaire, il nous faut maintenant unir nos forces pour rebâtir. L'Ordre des architectes propose de faire de cette reconstruction un chantier de retentissement international en l'utilisant comme support pédagogique.
Le 16 avril 2019

Alors que nous recevons des messages de soutien des architectes du monde entier, l’Ordre des architectes propose de faire de la reconstruction de Notre Dame un chantier de retentissement international en l’utilisant comme support pédagogique à l’enseignement de l’histoire de l’architecture, des arts et des techniques constitutifs d’une civilisation.

L’architecture est un merveilleux support d’enseignement fondamental, des mathématiques, de l’histoire, d’économie etc. Cela permettrait de donner à voir et à comprendre ce qu’est un chantier, le travail de tous les métiers, architectes, ingénieurs, sculpteurs, vitraillistes, artisans, entreprises qui vont intervenir sur cette opération exceptionnelle et de valoriser le labeur de milliers d’ouvriers qui ont construit la cathédrale au XIIème siècle et de ceux qui vont la faire revivre au XXIème siècle.

Le patrimoine, ancien ou contemporain, est un élément révélateur et structurant de notre culture, et nous devons apporter le même soin à garder vivants ces marqueurs de notre histoire qu’à construire aujourd’hui les futurs témoins de notre époque. 

Depuis Pierre de Montreuil, Notre Dame a été imaginée par des architectes de grand talent. Devons-nous aujourd’hui rebâtir la version décrite par Victor Hugo ? Celle, néogothique, que nous connaissons de Viollet-le-Duc ? Ou devons-nous imaginer une cathédrale du XXIème siècle ?

Les 30 000 architectes qui se battent au quotidien pour faire vivre notre patrimoine, sont prêts à apporter leur pierre à l’édifice. Il sera là encore pendant des siècles, phare et observatoire du monde autour de lui.

30 000 architectes, 30 000 pierres pour rebâtir Notre Dame…

Publié le 16.04.2019
17 commentaires

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Bonjour. Évidemment que l'incendie de Notre Dame est dramatique, c'est un magnifique patrimoine, qui a marqué et continuera à marquer les esprits de ceux et celles qui y pénètrent. Toutefois, je voudrais simplement rappeler ici - comme cela a déjà été fait par quelques citoyens - que cette mobilisation de fonds soudaine pour la reconstruction si elle est heureuse invite à se questionner sans démagogie ; quel est l'enjeu alors que le Président devait annoncer les conclusions du grand débat !? Il me semble que Notre Dame devient malgré elle un symbole (de transition) : accepter de réduire certaines dépenses (au profit d'une répartition effective des richesses afin de réinstaurer de vrais services publics ?) ou dépenser dans le prestige patrimonial ? Comment faut-il restaurer / sauver cet édifice sous les yeux des français ? dépenser des millions dans une reconstruction à l'identique (alors que dans notre pays certains vivent au-dessous du seuil de pauvreté) ou rester raisonnable, c'est à dire protéger/sécuriser ce monument et ces trésors de façon simple, pérenne et écoresponsable ?

 

Bonjour,

En tant qu'architecteje souhaite donner de mon temps pour la participation de la  reconstruction de notre Dame.

 

Cordialement,

Isabelle marchal

06 03 48 12 03

superbe idée

Mot de passe : Rebâtir Notre Dame, au-delà du drame et du traumatisme, doit être une incroyable opportunité créatrice. Il faut plaider pour une reconstruction, non pas en quête d'un identique impossible à retrouver et qui n'a pas de sens historique, mais en faisant preuve d'autant d'audace artistique, architecturale et technique que ce ne fut le cas à l'origine. La "Nouvelle Notre Dame" doit devenir l'expression de l'excellence architecturale française du XXIeme siècle, poursuivant ainsi l'histoire, et sans chercher à masquer une tragédie que de toute façon, nous ne pourrons oublier. Elle doit devenir un nouveau marqueur du temps, tourné vers l'avenir !

Bien sûr que toute la profession doit se sentir concernée et que chaque architecte doit participer aux débats de toutes espèces qui vont naitre un peu partout.

Comme tout le monde je suis touché par l'élan de solidarité naissant, l'éducation catholique qui m'a nourri fait que je me sens impliqué peut être encore plus.

Cependant une question pas encore évoquée deux jours après l'incendie me gêne : Notre Dame était en travaux et il semble que l'incendie ait été provoqué par une faute sur le chantier, or ces travaux étaient réalisés par des entreprises toutes bien assurées, conduites par des Maîtres d'Œuvre tous bien assurés, au service d'une Maîtrise d'Ouvrage probablement bien assurée également.

Tous ces assureurs vont-ils payer ?

R. Duchamp, architecte.

On a entendu beaucoup d´inepties dans la bouche de ceux qui voulaient se montrer brillants sur les ondes, à chaud. Pressés de montrer qu´ils étaient bien à la hauteur de l´évènement et que rien jamais ne les abat, assimilant la réflexion à une activité réflexe (comme quoi l´éthymologie est parfois mauvaise conseillère), les castors de tous poils ont bien failli embarquer l´opinion comme un seul homme (Il suffit de reprendre les premières interviews aux matinales de mardi), dans la volonté de reconstruire “à l´identique”. Empressés d´entendre cette ânerie de la bouche de leurs invités, certains journalistes ont même interrogé si l´on serait capable de faire aussi bien qu´au moyen-âge?.. Dans l´empressement et sans doute ne font-ils pas grand cas du climat, certains sont même allés jusqu´à envisager de sacrifier une forêt à la structure de la nouvelle couverture...

Au contraire donc de ces opinions médiatiques empressées, je voudrais juste renvoyer à nos chères études dont j´ai d´ailleurs été surpris qu´interrogé sur France Inter, De Portzamparc lui-même les ait apparemment oubliées? Mais peut-être n´était-ce le geste d´élégance en ces heures de grande émotion, de qui ne voulait pas s´inscrire à la liste des prétendants à ce projet miraculeusement tombé du ciel. 24 heures plus tard, Wilmotte s´est montré plus pertinent me semble-t-il, soufflant (par le miracle de la chronologie) au conseil des ministres réuni juste après son intervention, une attitude enfin qui me paraît louable.

À tout seigneur tout honneur, c´est bien Notre Dame après tout, qui a inauguré la réflexion contemporaine en matière de restauration patrimoniale. Retour donc à Viollet-le-Duc, Ruskin et Françoise Choay,.. Retour aux nombreuses chartes (d´Athènes, de Venise, de New Delhi,.. de Paris) qui l´ont construite depuis près de deux siècles. Et prenant cette simple peine d´y revenir, la remise en cause d´une flèche sans laquelle le monument a passé le plus clair de son temps, apparaît bien comme une évidence. Il serait un contre-sens en effet et même une attitude presque “révisionniste” niant que cet incendie fait désormais partie de l´histoire, que de reconstruire “à l´identique”. Wilmotte aurait été bien inspiré de faire référence à cette éthique patrimoniale, lorsqu´il a justement suggéré qu´il faudrait bien souligner d´une manière ou d´une autre dans la future restauration, la marque de cette catastrophe.

Bref, prenant véritablement la mesure de l´éthique patrimoniale, je crois qu´on ne peut que saluer la décision du gouvernement d´ouvrir un concours international d´architecture, seul de nature à garantir le choix du geste architectural le plus pertinent. En même temps, qu´il ne fera que renforcer l´aura (internationale justement) du monument.

Toujours très étonnant de lire ou entendre des discours agressifs et pensant détenir la vérité plus que les autres.

"Reconstruire à l'identique ... est une ânerie", l'insulte affaibli le discours.

une autre ânerie peut-être, serait de comparer la vision de l'histoire de l'architecture jusqu'au 19ème et après.

accepter des avis différents, ça c'est moderne.

 

Quel est votre (notre) plan ? il identifier rapidement ce que nous pouvons apporter, comment nous intégrer dans l'action globale, et s'organiser très rapidement.

Je me tiens à disposition en tant que :

- confrère inscrit et exerçant depuis 1983

- ayant eu la chance de construire des églises (voir mon site : www.lesarchis.com)

- ...et prêtre (curé à Marseille, Eglise orthodoxe russe, patriarchat de Moscou)

Confraternellement.

françois Gautier

Au delà des avis plus ou moins pertinents émanant d'illustres "historiens", on regrettera tout d'abord que les architectes et plus particulièrement ceux des MH n'aient pas eu droit à la parole ou alors trop confidentiellement, dans les médias.

Cela aurait évité des débats plus liés à l'émotion qu'au véritable problème. Ce n'est pas une catastrophe loin de là. Les derniers exemples sont ceux de la cathédrale de Nantes (1972) et de l'église St Donatien dans la même ville en 2015.

Après huit ans de travaux,  la cathédrale en est ressortie plus belle qu'avant l'incendie....

Alors, il faut profiter de cet énorme chantier à venir, complexe mais passionnant, pour montrer tout le savoir faire des architectes et expliquer les techniques  à mettre au service de l'édifice comme pour Chartres et Reims.


Pourquoi ne pas proposer un vaste hall sur le parvis de la cathédrale où, sur de grands écrans, on montrerait, en direct, les travaux en cours en s'appuyant sur des conférences et exposés sur les techniques employées et le savoir faire des entreprises intervenantes?

Nul doute que le public apprécierait.

L'ORDRE DES ARCHITECTES y gagnerait et la profession aussi.

 

Xavier MENARD, architecte

 

 

 

Chers confrères,

Notre gouvernement va lancer un concours international avec 1 000 000 000€  récoltés en 2 jours.

Dans 1 semaine nous seront probablement a 2 000 000 000€.

Cet événement m'as donné les larmes aux yeux, comme à nous tous.

Mais la question est pourquoi nous avons 337 000 000€ par année pour l'ensemble de nos monuments.

Et que vont t'ils faire de tous cet argent pour un seul monument, autant symbolique soit-il.

Que cette situation soit transformée en positif et en pédagogie comme l'Ordre nous le propose est une évidence, mais cela va t'il faire qu'un architecte rural comme moi ou urbain comme mes ami(e)s vivent mieux. C'est une autre question.

Cet événement aussi tragique et triste qu'il soit ne doit pas vampiriser le peu de ressource de l'architecture "banale" que nous vivons au quotidien.

Cordialement

Sébastien Souan Architecte

 

Salut les confrères,

"Pourquoi ne pas proposer un vaste hall sur le parvis de la cathédrale où, sur de grands écrans, on montrerait, en direct, les travaux en cours en s'appuyant sur des conférences et exposés sur les techniques employées et le savoir faire des entreprises intervenantes?"

me paraît une excellente et très opportune idée, incontournable par les grands médias, de détox à propos de notre profession autant que pour la valorisation des riches savoir faire (vrai patrimoine) des métiers de la construction et en particulier ceux qui ont été capables d'édifier les cathédarles, et qui le sont toujours -même s'ils s'interogent aujourd'hui sur la pertinence de le faire pour une société devenue aussi superficielle-. Ce sera l'occasion, incontournable également, de rappeler et d'expliquer toutes les données d'ordre spirituel qui sont la composante principale et essentielle, sine qua non, du cahier des charges de tout projet de ce type, et à fortiori précisément celui-là que le monde entier vient de proclamer publiquement comme la quintessence.

incidemment : la même méthode, puisqu'elle nous paraît bonne, pourrait aussi s'appliquer au suivi des délibérations des commissions et ju jury de la consultation internationale annoncée, et en amont à l'élaboration de cahier des charges...

Confraternellement.

François Gautier

LESARCHITECTES FG www.lesarchiscom

 

Bonjour,

Nous sommes un des rares pays au monde à former des spécialistes du patrimoine avec un tel niveau de connaissance.

Après le drame, chacun ira facilement de son point de vue, de son commentaire, sachant ou non mais selon moi, sans grande pertinence.

Nos Architectes en Chef des Monuments Historiques sont de loin les meilleurs du monde en terme patrimonial.

Celui en charge de Notre Dame sera je pense plus que qualifié et passionné pour relever le défi qui s'annonce. Donnons lui la parole, écoutons le. Lui et ses confrères sont plus que sachant dans le domaine et ont voué leur carrière au patrimoine qui est le notre aujourd'hui.

Architecte en activité, je pourrais vous proposer une solution... Rasons tout, mettons en place le plan Voisin (je connais quelques promots qui seraient ravi de l'emplacement...) Mais, même si mon propos caricatural, je ne donnerais pas à mon Dermatho le soin de m'opérer du coeur.

DONNONS LA PAROLE AUX ACMH en charge.

Bonjour,

Nous sommes un des rares pays au monde à former des spécialistes du patrimoine avec un tel niveau de connaissance.

Après le drame, chacun ira facilement de son point de vue, de son commentaire, sachant ou non mais selon moi, sans grande pertinence.

Nos Architectes en Chef des Monuments Historiques sont de loin les meilleurs du monde en terme patrimonial.

Celui en charge de Notre Dame sera je pense plus que qualifié et passionné pour relever le défi qui s'annonce. Donnons lui la parole, écoutons le. Lui et ses confrères sont plus que sachant dans le domaine et ont voué leur carrière au patrimoine qui est le notre aujourd'hui.

Architecte en activité, je pourrais vous proposer une solution... Rasons tout, mettons en place le plan Voisin (je connais quelques promots qui seraient ravi de l'emplacement...) Mais, même si mon propos caricatural, je ne donnerais pas à mon Dermatho le soin de m'opérer du coeur.

DONNONS LA PAROLE AUX ACMH en charge.

Bonjour,

J’ai moi-même travaillé sept années pour une agence d’architectes du patrimoine, et j’ai collaboré à plusieurs projets de restauration après sinistre incendie. Sept ans plus tard, certains de ces édifices sont toujours sous parapluie provisoire ! Alors pourquoi annoncer précipitamment un délai de 5 années ?

Passé l’émotion et l’effroi de voir ce que l’on croyait permanent disparaître en direct sous nos yeux, commence déjà le débat sur la méthode, sur les délais, sur la vision que chacun a de l’histoire et du patrimoine. Or, on a bien vite entendu les uns et les autres émettre des propositions hâtives sur la reconstruction.

Après un tel sinistre, et sur un tel monument, il faut du temps :

  • Du temps (le moins possible) pour sécuriser, stabiliser les désordres et éviter des dégradations supplémentaires dues aux intempéries. Pour sauver les œuvres d’art, le mobilier, collecter et trier les restes.
  • Du temps pour constater l’état après sinistre, pour inventorier, diagnostiquer, surveiller…
  • Du temps pour penser, évaluer, formuler des hypothèses. Et ce temps de la pensée, collective, pluridisciplinaire, est essentiel. On ne pourra le raccourcir sans appauvrir le projet.
  • Le temps de choisir le parti de restauration, et on imagine bien que ce choix, pour une fois, intéressera et sera débattu bien au-delà des commissions ad-hoc. (Et sur ce choix, il est bien trop tôt pour avancer la moindre certitude aujourd’hui, alors que les débris jonchent encore le sol et l’extrados de voûtes de la cathédrale)
  • Du temps pour concevoir, dessiner, calculer et chiffrer le projet qui sera retenu.
  • Puis viendra le temps très attendu du chantier, celui des artisans, des compagnons et des restaurateurs d’art ; et j’aimerais beaucoup que ce temps du chantier soit aussi le temps du public. Que l’effort fourni par tant d’Hommes ne soit pas caché derrière des palissades. D’une façon ou d’une autre (les modalités restent à penser) le temps de la reconstruction devrait être un temps partagé, tout comme les quelques heures de la destruction par les flammes ont été suivies en direct par des millions de personnes.
  • Et enfin, un jour, l’orgue, le mobilier, les œuvres d’art sauvées et peut-être aussi des créations nouvelles retrouveront une place dans l’édifice. C’est seulement ce jour-là que Notre-Dame de Paris sera vraiment reconstruite.

 

Alors, au-devant de ces nombreuses étapes, et au pied d’un tel chantier qui rassemblera symboliquement toute la France, quel est le sens d’une date butoir annoncée au lendemain du sinistre ? N’est-ce pas raisonner à l’envers que de définir en premier le délai ?

Et quelle sera la valeur, la charge symbolique commune d’un édifice réparé trop vite, alors que c’est bien le temps long de l’histoire qui nous fascine tous, dans chaque monument médiéval. Ici, au cœur de Paris, entre les bras de la Seine qui a vu naître Lutèce, on vient admirer la patience des Hommes, la rationalité et la permanence de leurs œuvres. La valeur de Notre-Dame de Paris n’a pas du tout les mêmes fondements que celle du château de Versailles, de la tour Eiffel, ou de la gare du Nord. Il y a bien une  performance et une modernité gothique, mais on est encore loin de l’idée de rapidité qui s’exprime en d’autres lieux. On est encore dans le temps long.

 

Je ne me prononce pas sur la nature du projet à réaliser. A l’identique ou non ? Avec quels matériaux ? Etc… Qui peut prétendre, au lendemain d’un tel sinistre, détenir la vérité sur ce point ? Comment trancher ces questions avant d’avoir établi le diagnostic ? Si l’idée d’un délai très court et imposé m’effraie, je ne me prétends pas pour autant compétent sur le parti de restauration à suivre.

A l’heure où les responsables politiques formulent chaque matin leur proposition hasardeuse dans les studios de Radio-France, il est certain que les personnes réellement compétentes, architectes, services du patrimoine, ingénieurs, conservateurs… planchent plutôt sur la consolidation, les mesures d’urgence, et le sauvetage des œuvres encore piégés dans l’édifice. Car dans l’immédiat, la situation ne semble pas stabilisée, et le chantier des mesures conservatoires (provisoires) s’annonce extrêmement périlleux, complexe, et coûtera l’équivalent de la restauration de plusieurs églises de campagne…

Quant au coût, il est à la mesure de l’importance symbolique de Notre-Dame de Paris. Mais comment l’Etat peut-il prétendre entretenir tous ses monuments avec  1/3 de cathédrale chaque année ? On comprend mieux pourquoi les réparations urgentes deviennent un mode de gestion des bâtiments et monuments publics, dont certains remplissent par ailleurs des fonctions sociales, éducatives… Sur ce point, il est certain qu’une réflexion doit s’ouvrir, et je souhaiterai qu’elle s’étende à l’ensemble des bâtiments et infrastructures de l’état et des collectivités. Par exemple, le réseau ferroviaire, cathédrale du XIXème siècle, est à la peine et maque cruellement d’entretien et d’investissements. Mais on s’éloigne un peu du sujet initial…

Pour conclure simplement, je crois qu'il faut d'abord apporter notre soutien aux architectes des monuments historiques en charge du dossier, et je dirai : soyons patients, et ambitieux.

Bonsoir

de toute évidence les architectes auront des avis différents pour la reconstruction.

nous serons probablement d'accord sur l'opportunité de cette reconstruction (pour autant malheureuse) mais pour le comment, je suis personnellement partisan d'une reconstruction à l'identique, comme pourrait l'être un chantier école. le débat sur la superposition des différentes époques me semble parallèle et historico-philosophique (passionnant); la reconstruire telle que l'histoire nous l'a menée jusqu'au 15 avril 2019 me semble une action respectueuse de ses constructeurs. une cathédrale est un livre d'histoire architecturale, la transformer comme l'ont fait les anciens dans les siècles précédents n'est pas un palimpseste mais un effacement du passé. d'autres chantiers permettent de nous mesurer à l'histoire sans toucher à une (cette) cathédrale, lieu sacré symbolique et d'une richesse sur le savoir faire extraordinaire du passé que le temps ne devrait pas menacer.

LB

 

Il y a rien d'extraordinaire dans ce sinistre. Il faut laisser la procédure se faire dans le cas de cet incendie: Activer les assurences des différents intervenants, soit: L'ABF, responsable des travaux (MOE), les autres intervenants en MOE, les entreprises attributaires des marchés de tavaux, etc...celà conduit au taitement des réfections de gros-oeuvre, charpente, couverture, et seconds-oeuvre qui en dépendent. Je ne vois pas la nécessité de faire intervenir des architectes extérieurs dans cette opération (d'autant plus que l'on veut que tous ces travaux de reprise soient conduits dans les les meilleurs délais, environ 5 ans !)

La production architecturale contemporaine montre qu'aucun architecte n'a aujourd'hui le talent et la culture historique pour prétendre modifier la cathédrale Notre-Dame. Il faut avoir l'humilité de la reconstruire à l'identique, en intégrant les apports de Viollet-le-Duc.

Nous avons beaucoup à y apprendre. Ayons la sagesse des japonais qui protègent et reconstruisent à l'identique (temple d'Isse) leurs plus beaux éléments de patrimoine. Ils font ainsi vivre les corporations d'artisans dont ils maintiennent le savoir-faire et la connaissance. A nous de faire (enfin) la même chose.

Requestionnons les destructions dramatiques opérées autour de la cathédrale depuis Haussmann. Recréons le parvis à son échelle initiale (plan de Delagrive de 1754) et reconstruisons à l'identique l'ancien Hôtel Dieu et l'hôpital des Enfants trouvés; nous en avons les documents, et même des photographies du 19ème siècle.

Voilà l'oeuvre utile que pourraient faire les architectes.

notre_dame_on_fire_15042019-1_cropped2.jpg
(Millepied / CC BY-SA 4.0)
Notre Dame