Transition écologique

"Une architecture de qualité" pour faire face au changement climatique

En marge de la COP26 qui se déroule du 1er au 12 novembre à Glasgow, le Conseil des Architectes d’Europe a publié le 28 octobre une Déclaration appelant de toute urgence à modifier la manière de concevoir et de construire notre environnement bâti, en privilégiant une "architecture de qualité", afin de limiter le réchauffement climatique planétaire et adapter la société à ses effets.
Centre de nature (Finlande)

Afin de devenir le premier continent neutre en carbone d’ici à 2055, l’Union Européenne s’est donnée comme objectif intermédiaire de réduire ses émissions de GES d’au moins 55% d’ici à 2030 (par rapport à 1990). Atteindre cet objectif ne sera possible que si des « mesures urgentes » sont prises en particulier dans le secteur de la construction et des bâtiments, a rappelé le Conseil des Architectes d’Europe à l’occasion d’une conférence publique sur le « Changement climatique et le patrimoine bâti » le 28 octobre 2021, à Bruxelles.

L’environnement bâti est responsable de plus du tiers des émissions de GES et de 40% des consommations énergétiques de l’UE. Le CAE s’inquiète tant des « énormes quantités » de ressources consommées et de déchets produits que des conséquences de l’urbanisation croissante et de l’augmentation de la population : « au cours des 40 prochaines années, 230 milliards de m² seront construits dans le monde, ajoutant à la planète chaque semaine l’équivalent de la superficie de la ville de Paris », estime le CAE.

Pourtant, le CAE assure qu’« une architecture de qualité » peut apporter, à court et moyen terme, des solutions pour répondre aux défis majeurs du changement climatique et de la perte de biodiversité.

Dans une Déclaration présentée à l’occasion de cette conférence, le CAE promeut avant tout une « approche holistique de l’environnement bâti » axée sur la qualité, cherchant à créer, outre des gains énergétiques, de « la valeur économique, sociale, environnementale et culturelle ». Par cette Déclaration, il exprime différentes recommandations pour agir sur la qualité architecturale et urbaine, et axées sur la préservation et la valorisation de l’existant. Il appelle enfin les gouvernements à mettre en œuvre les réglementations à même de soutenir les actions exemplaires, en s’inspirant des « solutions innovantes » déjà éprouvées en Europe.

Extrait de la Déclaration du CAE présentée le 28 octobre 2021 à Bruxelles 

« Face à la crise du climat et de la biodiversité, le coût de l'inaction dépassera largement celui de l'action. Des mesures urgentes doivent être prises dans les secteurs de la construction et des bâtiments si nous voulons limiter le changement climatique.

Il s'agit essentiellement de faire un meilleur usage de nos bâtiments existants, de réduire les nouvelles constructions, d'appliquer les principes de l'économie circulaire, de mieux évaluer les impacts environnementaux tout au long du cycle de vie et de s'adapter aux effets du changement climatique. Ce que nous construisons et rénovons aujourd'hui devrait aspirer à devenir le patrimoine culturel de demain.

Les décisions prises lors de la phase de conception d'un projet ont des conséquences durables. Plus les bonnes décisions sont prises tôt, plus les impacts sur les résultats sont forts. Il est donc essentiel que la phase de conception soit axée sur la qualité et s'appuie sur les avis de différents experts. Si une architecture de qualité peut créer une valeur importante, à l'inverse, des bâtiments mal conçus peuvent causer des dommages considérables, tant à court terme que pour les générations futures.

Les récents projets lauréats des prix Pritzker et Mies van der Rohe montrent que les projets de rénovation peuvent représenter des actes architecturaux forts et emblématiques, et les lauréats des prix du Nouveau Bauhaus Européen 2021 démontrent que des solutions innovantes existent pour concevoir et construire un cadre de vie équitable, durable et beau.

 Le défi consiste à déployer ces solutions à la vitesse et à l'échelle nécessaires. Les pouvoirs publics, à tous les niveaux de gouvernance, ont un rôle essentiel à jouer. En faisant preuve de leadership et grâce à une meilleure réglementation, ils peuvent fournir un cadre réglementaire à même de soutenir des actions collectives au sein du secteur, pour la réalisation d'objectifs sociaux, économiques, environnementaux et culturels plus larges, dans l'intérêt de tous. »

>> Lire la Déclaration sur le site internet du CAE

>> Voir la vidéo de la conférence sur le 'Changement Climatique & le Patrimoine Bâti' du 28 octobre 2021

Publié le 09.11.2021 - Modifié le 10.11.2021
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Exhorter à une "architecture de qualité" ne sert à rien, nous le savons tous. Ce ne restera toujours que des mots, vides de sens pour les néophytes et un voeux pieux illusoire pour les architectes.

Des progrès en la matière ne se feront que par une évolution de notre façon de bâtir. Et nous n'obtiendrons une telle possibilité d'évoluer qu'en supprimant les contraintes qui nous entravent : la censure des autorisations d'urbanisme appliquée par des incompétents en architecture, et la censure des "règles de l'art traditionnelles", imposée notamment par nos assurances.

Quand nous pourrons réellement créer, sans entrave comme cela s'est toujours fait dans les siècles passés, nous pourrons changer et donc améliorer, progresser.

(Source : ACE / ©Mika Huisman)
Centre de la nature finlandaise, à Espoo. Architectes: Lahdelma & Mahlamäki ARCHITECTS