Transition écologique

Un rapport de l’ONU appelle à réduire les émissions mondiales de CO2 de 7,6% par an

A l’ouverture de la COP25, un nouveau rapport de l’ONU alerte les Etats sur la nécessité d’agir plus rapidement pour lutter contre le réchauffement climatique, c’est-à-dire atteindre l’objectif de limiter la hausse des températures à 1,5°C, fixé par l’Accord de Paris.
Le 03 décembre 2019

A l’ouverture de la 25ème Conférence mondiale sur le climat à Madrid, où 196 pays se réunissent du 2 au 13 décembre 2019 pour la COP 25 , un nouveau rapport de l’ONU alerte les Etats sur la nécessité d’agir plus rapidement pour lutter contre le réchauffement climatique, c’est-à-dire atteindre l’objectif de limiter la hausse des températures à 1,5°C, fixé par l’Accord de Paris.

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a publié le 26 novembre 2019 son rapport annuel permettant d’évaluer les progrès accomplis en matière de réduction des émissions. Ce rapport évalue, chaque année depuis dix ans, « L’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions (Emissions Gap Report) », en comparant les émissions de gaz à effet de serre actuelles et estimées pour les années à venir avec les niveaux d’émissions « acceptables » permettant d’obtenir une réduction des émissions, en vue de réaliser les objectifs fixés par l’Accord de Paris.

« Depuis dix ans, le rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions tire la sonnette d’alarme, et depuis dix ans, le monde n'a fait qu’augmenter le volume de ses émissions », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres.

Le rapport révèle qu’il n’y a aucun signe de ralentissement, encore moins de réduction, de la concentration de gaz à effet de serre et que l’année 2020 pourrait être « une année critique pour l’action sur le climat ». Il appelle à des réductions d’émissions mondiales de carbone « plus importantes et plus rapides » pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C : selon l’ONU, il faudrait ainsi réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an, chaque année entre 2020 et 2030, ce qui correspondrait à un total de 55% de baisse des émissions entre 2018 et 2030.

Le présent rapport, élaboré par une équipe internationale de scientifiques sur la base des données disponibles, y compris celles publiées dans les récents rapports spéciaux du GIEC, présente plusieurs conclusions préliminaires relatives à la réduction des émissions :  

- Les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter malgré les avertissements de la communauté scientifique et les engagements des gouvernements 
Les émissions de GES ont augmenté de 1,5 % par an au cours de la dernière décennie. Elles ont atteint un nouveau record en 2018[1], provenant notamment de changements d’affectation des sols comme le déboisement. Et, pour l’heure, aucun signe n’indique que ces émissions plafonneront dans les années à venir.

- Les pays membres du G20 sont responsables de 78 % des émissions mondiales de GES
Si de plus en de pays se sont fixés l’objectif à long terme d’atteindre zéro émission nette de GES à l’échelle nationale, cela concerne seulement cinq des pays membres du G20. 
Plus de 65 pays (le Bhoutan, l’Ethiopie, le Costa Rica, le Chili, la France, le Royaume-Uni, le Maroc, les pays scandinaves, la Nouvelle-Zélande, … .) et certains Etats comme la Californie, ainsi que des métropoles mondiales  (Copenhague, Paris, Montréal, San Francisco, Oslo, … .)  se sont engagés à devenir neutres en carbone d’ici à 2050.

- L’écart à combler entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions est important 
Même si les engagements pris par les Etats dans le cadre de l’Accord de Paris sont intégralement mis en œuvre, les prévisions indiquent que la température pourrait augmenter de 3,2°C d’ici la fin du siècle. Le Groupe d’Experts Internationaux sur le Climat (GIEC) a déjà lancé un avertissement : dépasser une augmentation des températures de 1,5°C aurait des conséquences désastreuses, en augmentant l’intensité et la fréquence des évènements climatiques extrêmes. Selon ces experts, pour limiter le réchauffement climatique, il faut réduire les émissions de CO2 d’au moins 45 % par rapport à leur niveau de 2010 et atteindre la neutralité carbone vers 2050.

- Les pays doivent renforcer leurs engagements pour résorber l’écart qui s’est creusé en matière de réduction des émissions d’ici à 2030
Les efforts collectifs devront être triplés pour atteindre l’objectif fixé d’une hausse de la température en deçà de 2°C, et ils doivent être au moins multipliés par cinq pour atteindre l’objectif de 1,5°C.

- L’année 2020 sera décisive pour l’action des membres du G20 : la COP 26 qui se tiendra à Glasgow fin 2020 prévoit une révision à la hausse des engagements des Etats pour réduire les émissions
Chaque pays devra élaborer ses propres politiques et interventions en vue de relever ses ambitions conformément aux mesures et objectifs fixés pour lutter contre le changement climatique.
Parmi les pistes actuellement suivies par les membres de l’Union Européenne et qui seront prioritairement poursuivies, on peut noter les actions suivantes :

  1. « S’orienter davantage vers une utilisation accrue des transports publics, conformément aux mesures prévues par les États membres les plus ambitieux »
  2. « Augmenter le taux de rénovation dans une optique de réhabilitation de grande envergure des bâtiments existants »

​- La « décarbonisation » de l’économie mondiale exigera des transformations structurelles profondes qui devraient contribuer à la réalisation des 17 objectifs de développement durable (ODD) du Programme 2030 des Nations Unies.
Pour réduire l’écart en matière de réduction des émissions, le rapport évoque les transformations nécessaires dans plusieurs domaines « dans l’optique de rendre les villes plus vivables ».
Il s’agira, en particulier, de viser les objectifs suivants : réduction de la pollution atmosphérique, amélioration de la qualité de l’air et de la santé, mise en place de systèmes énergétiques à plus faible consommation, utilisation de matériaux en vue d’améliorer leur durabilité et réduction de la perte de biodiversité. « Il est possible d’apporter de multiples avantages connexes à l’humanité et aux écosystèmes planétaires grâce aux transformations profondes destinées à combler l’écart en matière de réduction des émissions entre les tendances établies à partir des profils d’évolution actuels et la réalisation de l’Accord de Paris ».

- La mutation du secteur mondial de l’énergie, via le développement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, est indispensable pour atteindre l’objectif de 1,5°C. 
Chaque année, le rapport présente des moyens qui permettraient d’atteindre les objectifs fixés. L’édition 2019 met l’accent sur le potentiel de la transition énergétique, en particulier dans les secteurs de l’électricité, des transports et du bâtiment, dont l’efficacité dans l’utilisation de certains matériaux, pour obtenir les réductions d’émissions carbone requises.


>> Pour en savoir plus : 

 

 

[1] 55,3 gigatonnes de CO2 selon le rapport du PNUE (p.4)

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Publiée le 03.12.2019
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(PNUE)
« L’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions (Emissions Gap Report) »