Retour sur le décret « travaux embarqués » : une avancée en demi-teinte

Si la nouvelle mouture du décret a été saluée comme un pas dans la bonne direction par le Conseil national et les associations de défense du patrimoine, elle ne lève pas pour autant toutes les inquiétudes déjà exprimées par la profession.
Le 06 décembre 2016
Halle Secrétan, Paris

Comme annoncé la semaine dernière dans les colonnes du Bloc-Net, le décret du 30 mai 2016 relatif aux travaux embarqués sur les bâtiments existants a été réécrit afin d’exclure de l’obligation d’isolation, en cas de ravalement, les façades qui ne sont pas constituées de matériaux « industriels ». Les bâtiments relevant du label « Patrimoine du XXème siècle » seraient également exclus de l’obligation.

Si la nouvelle mouture du décret a été saluée comme un pas dans la bonne direction par le Conseil national et les associations de défense du patrimoine, elle ne lève pas pour autant toutes les inquiétudes déjà exprimées par la profession.

Certes, le maitre d’ouvrage « éclairé » qui ne souhaite pas appliquer sur son bâtiment une isolation thermique par l’extérieur (ITE) en invoquant des raisons patrimoniales pourra plus facilement déroger à l’obligation de travaux embarqués avec le nouveau décret. La crainte reste malheureusement entière concernant le maitre d’ouvrage qui commandera la pose d’une ITE, peu importe la valeur patrimoniale du bâti et le type de matériaux, industriels ou pas, utilisés.

La réalisation systématique, comme le préconise le Conseil national, d’un diagnostic global par un maître d’œuvre avant la réalisation de travaux d’isolation embarqués permettrait d’éviter cet écueil mais aussi de réduire les risques de générer des pathologies du bâti avec des préconisations de rénovation inadaptées.

Publié le 06.12.2016
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(© photo architecte - source : Archicontemporaine.org)
Rénovation de la Halle Secrétan, Paris - Architecture Patrick Mauger