Transition écologique

Rénovation énergétique : mieux connaître les ménages pour mieux les accompagner

L'Ademe a publié en octobre 2019 trois études coordonnées pour répondre aux questions : quels prix pour la rénovation énergétique des logements ? Qui sont les ménages qui font des travaux, et pourquoi ? Quels besoins d’accompagnement des ménages dans leur parcours de rénovation ?
Le 13 novembre 2019
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La rénovation énergétique des logements est un enjeu majeur pour lutter contre le dérèglement climatique et réussir la transition énergétique quand on sait qu’ils contribuent à 30% des consommations énergétiques finales et 14,5% des émissions de CO2 en France[1].

Pour faciliter le passage à l’acte des ménages et aider les acteurs de la rénovation énergétique dans leur travail, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a réalisé trois études, publiées fin octobre 2019, pour mieux comprendre les comportements des ménages face aux travaux de rénovation, et pour améliorer les pratiques d’accompagnement des professionnels et des collectivités auprès des ménages.
 

- Dans une première étude, l’Ademe donne des repères sur le prix moyen des gestes classiques à la rénovation. Près de 12 000 gestes de rénovation énergétique menés par des ménages français ont été recensés en 2018 par le réseau des conseillers FAIRE – acteurs de la rénovation énergétique dans les territoires en charge de l’information et du conseil en matière de rénovation de l’habitat (Espaces Info Energie, plateformes territoriales de la rénovation énergétique, dispositifs régionaux). L’Agence a publié une synthèse présentant les principaux résultats de l’analyse de ces données qui a pour objectif de fournir des fourchettes de prix observés pour les gestes classiques de la rénovation ainsi que des informations sur certains facteurs influençant ces prix.

Les principaux types de gestes de rénovation portent sur :

  • les gestes d'isolations thermiques des parois opaques sont de loin les plus réalisés (38% des types de gestes recensés)
  • les changements d'appareils de chauffage (26%)
  • les remplacements de fenêtres (25%)
  • la ventilation (8%)
  • l'eau chaude sanitaire (4%)
  • le photovoltaïque (moins de 1%)

Le prix de la rénovation d’un logement varie en fonction de nombreux paramètres. Au-delà du type d’intervention réalisée et des critères techniques associés (performance, choix de matériaux, etc.), les caractéristiques du logement (taille, typologie du bâti, âge, localisation, etc.) influencent également le prix des rénovations. Par exemple, le prix moyen de chaque opération de rénovation augmente naturellement avec la taille du logement : il se situerait entre 5000 et 7000 € HT pour les logements de moins de 80 m2, mais atteindrait 12 000€ HT pour un logement de 200 m2. La situation géographique peut également avoir un effet sur le prix de la rénovation des logements : les rénovations énergétiques des ménages situés dans des zones climatiques plus froides ont un plus grand consentement à payer un prix plus élevé pour leurs gestes (notamment les régions du Nord et de l’Est de la France).

>> A consulter :


- Dans une seconde étude, l’Agence analyse le profil des ménages ayant réalisé des travaux de rénovation. Cette étude propose, à partir de la base de données de l'enquête TREMI (Travaux de Rénovation Energétique des Maisons Individuelles) réalisée par l’ADEME en 2017, une typologie des différents profils de ménages propriétaires de maisons individuelles face à la problématique de rénovation énergétique. La typologie cherche à caractériser les travaux entrepris par les ménages en prenant en compte leur profil sociodémographique, le type de logement occupé et le type de démarche de rénovation entreprise.

Ce travail a permis d’identifier cinq grandes catégories de ménages vis-à-vis de la rénovation énergétique de leur logement, correspondant à cinq logiques d’action différentes, et donc représentant un enjeu différent pour réussir la transition énergétique :

  1. L'entretien courant : 24% des ménages vivant en maison individuelle font des travaux « par obligation », a minima pour assurer les réparations et l’entretien courant du logement. Dans la mesure où ces ménages ne sont pas dans une dynamique positive de travaux vis-à-vis de leur logement, il existe un enjeu à les amener à réinvestir leur maison comme un lieu de projet, et non plus seulement un poste de dépenses sur lequel il faut assurer les investissements minimaux pour en éviter la dépréciation.
     
  2. L'amélioration à petits pas : 42% des ménages sont bien dans une dynamique de travaux de rénovation avec peu de gestes réalisés simultanément et avec une faible prise en compte des enjeux énergétiques.
     
  3. L'effet booster des aides financières, ou quand le remplacement d’un appareil défectueux enclenche une dynamique de rénovation : l’existence d’aide financière incite les ménages (16%) à installer des équipements performants. Toutefois ils font peu de travaux, l’enjeu est de les inciter à poursuivre leurs travaux pour parfaire la rénovation énergétique.
     
  4. L'énergie au sein des arbitrages : 11% des ménages, généralement récemment installés dans des logements de grande taille, intègrent la rénovation énergétique dans leurs projets de travaux. L’enjeu est d’inciter ces ménages à aller le plus loin possible sur la performance énergétique.
     
  5. La rénovation complète : 6% des ménages s’impliquent à long terme, financièrement et sur leur temps libre, pour rénover complètement leur maison. Généralement des familles habitant des maisons anciennes situées en milieu rural.

Afin de reconnaître le profil de ménage et de communiquer sur les différents leviers à mobiliser pour favoriser le déclenchement de travaux performants, ces typologies ont fait l'objet de « fiches types ». Ces fiches présentent pour chaque catégorie de ménage les profils socio-démographique et économique, le comportement en matière de rénovation (motivations, freins) et les bonnes pratiques pour les accompagner et les repérer.

>> A consulter :


- Dans une troisième étude, l’Ademe révèle une série de bonnes pratiques pour améliorer l’accompagnement des ménages à la rénovation. L’étude s’appuie sur une analyse des dispositifs d’accompagnement existants (privés ou publics) pour formuler des recommandations aux acteurs de la rénovation (collectivités, associations, professionnels) souhaitant améliorer leurs pratiques d’accompagnement.

A travers cette étude, l’Ademe cherche ainsi à clarifier et mieux conceptualiser la notion d’accompagnement en vue d’une massification de la rénovation énergétique : Que signifie accompagner ? Quels processus psychosociaux et sociaux sont à l'œuvre dans l'accompagnement des particuliers engagés dans une démarche de rénovation de leur logement ? Qu'est-ce qui se joue dans la relation accompagné-accompagnant ? A quelles conditions les dispositifs d'accompagnement peuvent-ils favoriser l'atteinte des objectifs de rénovation de la France ?

A titre d’exemple, l’Agence préconise de recourir à la « standardisation des dispositifs d’accompagnement à l’échelon national » mais aussi « à plus de personnalisation de la relation accompagnant-accompagné à l’échelon local ». En particulier, elle précise qu’« il ne s’agit pas d’opposer ces approches mais au contraire de les articuler aux échelons territoriaux les plus pertinents ». Selon l’Ademe, il semble ainsi important de clarifier le rôle et le champ d’action des différentes échelles territoriales en matière d’accompagnement pour réussir la massification de la rénovation énergétique des logements.

>> A consulter :

 

[1] Chiffres clés Climat, Air et Energie (p.133) – Ademe, édition 2018.

Ressource -
Publiée le 13.11.2019
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(ADEME)
Observation sur les prix de la rénovation énergétique des logements