Réaction du président du Conseil national aux propos de Jean-Louis Borloo sur le recours aux architectes en-deçà des 170m²

Lionel Dunet écrit à Jean-Louis Borloo pour réagir à la réponse donnée par le ministre à la question d'un député au sujet du recours aux architectes en-deçà du seuil des 170m².

Le président du Conseil national de l'Ordre, Lionel Dunet, réagit à une récente réponse donnée par Jean-Louis Borloo à une question écrite d'un député à propos du recours aux architectes en-deçà du seuil des 170m². Voici la lettre adressée le 26 mai 2010 au Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer :

 

"Monsieur le Ministre d’Etat,

Nous avons été très surpris de la réponse écrite (publiée dans le JO du Sénat du 13 mai 2010, page 1223) que votre ministère a apportée à Monsieur le Sénateur Bruno Gilles au sujet du recours à un architecte dans le cas de construction de maisons individuelles, qui révèle une réelle méconnaissance ou incompréhension du métier d’architecte,  particulièrement dans le cadre des valeurs du développement durable.

Dans leur rapport sur « la performance énergétique des bâtiments : comment moduler la règle pour mieux atteindre les objectifs », Messieurs les députés Christian Bataille et Claude Birraux, envisagent d’abaisser le seuil d’intervention de l’architecte car « l’implication des architectes constituerait plutôt un atout pour la réussite du déploiement de la construction à basse consommation. »

Vos services répondent en s’interrogeant sur « la capacité des architectes à faire face aux travaux supplémentaires qu’entraînerait la baisse de ce seuil ainsi que sur les conséquences en matière de coût ou de délais pour les particuliers concernés ».

Doit-on leur rappeler que les architectes n’ont jamais eu la prétention de monopoliser le marché de la maison individuelle, loin s’en faut, mais de pouvoir y apporter leur savoir faire et leur capacité à mener de façon indépendante la démarche globale qui est la base du développement durable.

D’ailleurs, chacun reconnaît le rôle irremplaçable de l’architecte en matière de développement durable pour :
-    Veiller à limiter l’impact des constructions sur l’environnement existant en évitant le gaspillage des ressources foncières agricoles naturelles ;
-    Assurer le respect des règles de sécurité et la prise en compte de l’ensemble des exigences écologiques et sanitaires ;
-    Garantir la réduction des consommations énergétiques et la bonne performance thermique du bâtiment ;
-    Intégrer les préoccupations liées à la mixité sociale et à la cohabitation des générations ;
-    Et bien sûr, en évitant le pastiche de formes traditionnelles, permettre l’épanouissement d’une création architecturale contemporaine.

Un seul point nous rassure dans cette réponse : vos services reconnaissent qu’ils n’ont pu (faute de temps ? de moyens ?) faire qu’une première analyse de la question !

C’est pourquoi, à l’heure où, semble-t-il, vous vous apprêtez à signer une charte avec un syndicat d’architectes,  je me propose en tant que président du conseil national de l’ordre de poursuivre de vive voix cette discussion et solliciter une nouvelle fois d’urgence un rendez-vous sur ce sujet.
Les trente mille architectes inscrits à l’ordre seraient fiers de collaborer avec vous et de vous présenter leurs efforts en faveur du développement durable."

Publié le 27.05.2010
0 commentaire

Donnez votre avis