Transition écologique

ODD : Rapport sur la mise en oeuvre des 17 Objectifs de développement durable

Le rapport global sur le développement durable (GSDR) intitulé « Le futur, c’est maintenant : la science au service du développement durable » commandité par les Nations Unies, et remis le 11 septembre 2019 à António Guterres, constitue la première évaluation quadriennale de la mise en œuvre des 17 Objectifs de développement durable (ODD) adoptés en septembre 2015.
Le 14 novembre 2019

« Nous sommes sur une trajectoire alarmante » préviennent les auteurs du Rapport global sur le développement durable (GSDR). Intitulé « Le futur c’est maintenant : la science au service du développement durable », il a été rendu public à l’occasion du 4ème anniversaire de la mise en œuvre de l’agenda des 17 Objectifs de Développement Durable.

Quatre ans après leur adoption, les Objectifs de Développement Durable (ODD) ont fait l’objet d’un premier sommet mondial à l’ONU, les 24 et 25 septembre 2019. Alors que très peu d’objectifs sont en voie d’être atteints d’ici 2030, il s’agissait de remobiliser les acteurs publics et privés et de les encourager à aller plus loin pour lutter contre le changement climatique. 

En 2016, l’ensemble des États membres des Nations-Unies ont décidé la création d’un groupe d’experts interdisciplinaire (sciences naturelles et environnementales, sciences de la vie, sciences humaines et sociales) devant réfléchir à la cohérence des  Objectifs de Développement Durable et proposer de nouvelles pistes pour renforcer le rôle de la Science.  Composé d’une quinzaine de scientifiques indépendants parmi lesquels le professeur Jean-Paul Moatti, PDG de l’Institut de Recherche pour le Développement en France (IRD), le groupe a rédigé un rapport intitulé « Le futur, c’est maintenant : la science au service du développement durable ». Il constitue la première évaluation quadriennale de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des 17 ODD adoptés en septembre 2015.

Le rapport souligne d’abord la persistance d’une pauvreté extrême et  l’accroissement historique des inégalités socioéconomiques dans le monde.  Entre 2000 et 2017, si un milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté, le nombre de personnes vivant avec 2 ou 3 dollars par jour a lui augmenté d’autant – et ces populations demeurent davantage vulnérables aux crises (économiques, écologiques, géopolitiques, etc.). De même, une minorité de personne absorbe la grande majorité des richesses produites dans le monde. Si les 1% les plus riches détenaient déjà près de 30% de cette richesse mondiale en 1980, c’est 40% en 2016.[1]

Les auteurs s’inquiètent aussi des conséquences de la mondialisation, irréversibles et irréparables, pour le climat, l’environnement et la biodiversité.

Selon Jean-Paul Moatti, rapporteur pour l’ONU : « Nous allons dans le mauvais sens dans plusieurs domaines clés : les émissions de gaz à effet de serre, l’empreinte écologique de nos modes de production, la chute de la biodiversité qui s’est accélérée entre 2015 et 2019. C’est très préoccupant car si on ne tient pas ces objectifs-là, les autres seront vains. Si certaines régions deviennent totalement inhabitables à cause du réchauffement climatique, envoyer les filles à l’école ou garantir à tous l’accès à Internet à un coût abordable ne seront plus des sujets ! Tant que l’on poursuivra avec un modèle qui ne tient pas compte de son coût environnemental on ira dans la mauvaise direction…». [2]

Pour améliorer la mise en œuvre des 17 ODD d’ici 2030 et faire en sorte de suivre des trajectoires de développement durable, les experts préconisent des transformations radicales dans plusieurs domaines clés liés à l’activité humaine : les systèmes alimentaires et énergétiques, les modes de production et de consommation ainsi que le développement urbain. Pour ce faire, les experts rappellent d’une part la nécessité d’un engagement de tous les acteurs en expliquant que « ces transformations ne pourront advenir qu’au travers de nouvelles formes de partenariat et d’actions coordonnées entre les gouvernements, les secteurs public et privé, la société civile, ses organisations et ses communautés, ainsi que de l’engagement actif de tous les citoyens ». Ils insistent également sur la nécessité d’un fort engagement politique en faveur de trajectoires de développement durable représentatives : « chaque pays, région, territoire doit ainsi identifier ses propres priorités et synergies »  

Les experts appellent l’ensemble des acteurs à agir face à l’urgence climatique et sociale. En terminant par un « Appel à actions », ce rapport délivre également une série d’interventions possibles pour accélérer la réalisation des 169 cibles déclinées au sein des 17 ODD d’ici 2030.

Les experts soutiennent en particulier que « le succès de l’Agenda 2030 ne passera que par des villes plus durables ». Ils précisent en particulier que cela devra se traduire par une réorientation des moyens « vers des industries et des services à fort contenu technologique et vers des solutions fondées sur la nature ».

Enfin, ils insistent sur la préservation de l’environnement et des ressources naturelles. Au-delà de la mise en œuvre d’actions spécifiques, cela se concrétisera aussi par l’adoption d’une approche globale et cohérente pour élaborer des solutions pour et avec tous les acteurs : « Les gouvernements, mais aussi les communautés et autorités locales, le secteur privé et les organisations multilatérales doivent converger pour préserver ou restaurer les capacités durables des écosystèmes naturels ».

Selon ce groupe de scientifiques, la clé pour tendre vers un monde durable réside dans le « rôle primordial que doit jouer la science ». Jean-Paul Moatti nous explique alors le rôle de la science au service du développement durable :  « La science de la durabilité, est montée en puissance au tournant des années 2000, au moment où la globalisation s’est heurtée au problème des limites des ressources planétaires. On pourrait la définir comme la science des interactions entre environnement et société qui recherche les moyens de créer un équilibre durable entre santé planétaire et bien-être humain. »


>> Pour aller plus loin :


« Agissons pour un monde plus durable et solidaire »

La France a publié fin Septembre une nouvelle feuille de route qui propose les bases des trajectoires de progrès à suivre et les moyens d’action à mobiliser pour améliorer la mise en œuvre des 17 ODD.

Par cette feuille de route, les acteurs français s’engagent et font des propositions autour de six enjeux prioritaires :

  • Enjeu 1 : Agir pour une société juste en éradiquant la pauvreté, en luttant contre toutes les discriminations et inégalités et en garantissant les mêmes droits, opportunités et libertés à toutes et à tous
  • Enjeu 2 : Transformer les modèles de sociétés par la sobriété carbone et l’économie des ressources naturelles, pour agir en faveur du climat et de la planète et de sa biodiversité
  • Enjeu 3 : S’appuyer sur l’éducation et la formation tout au long de la vie pour permettre une évolution des comportements et modes de vie adaptés au monde à construire et aux défis du développement durable
  • Enjeu 4 : Agir pour la santé et le bien-être de toutes et tous, notamment via une alimentation et une agriculture saine et durable
  • Enjeu 5 : Rendre effective la participation citoyenne à l’atteinte des ODD, et concrétiser la transformation des pratiques à travers le renforcement de l’expérimentation et de l’innovation territoriale
  • Enjeu 6 : Œuvrer au plan européen et international en faveur de la transformation durable des sociétés, de la paix et de la solidarité

>> Consulter la feuille de route de la France pour l’Agenda 2030 « Agissons pour un monde plus durable et solidaire »

 



 

 

[1] Rapport d’Oxfam  "Services publics ou fortunes privées ? "  publié en Janvier 2019.

[2]Interview  de Jean-Paul Moatti, cahier spécial publié dans la revue Pour la Science en Septembre 2019 - La science doit jouer son role pour garantir un monde durable

Contribution -
Publiée le 05.11.2019
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