Les architectes n’accepteront pas une reprise « à risque » des chantiers

Communiqué - Suite à l'annonce de l'accord entre le Gouvernement, la FFB, la FNTP et la CAPEB pour la continuité de l'activité des entreprises du BTP, le Conseil national de l'Ordre considère que les conditions ne sont pas remplies pour une reprise rapide des chantiers.
Le 23 mars 2020
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Communiqué de presse du 22 mars 2020 :

Nous venons de prendre connaissance de l’accord du gouvernement avec les représentants des artisans et entreprises du BTP sur la reprise des chantiers.

C’est oublier qu’il ne peut y avoir de reprise de chantier sans la maîtrise d’œuvre et la décision de la maîtrise d’ouvrage. Ce sont les architectes, et leurs vingt mille entreprises réparties sur l’ensemble du territoire, qui gèrent les chantiers, coordonnent l’intervention des entreprises et conseillent les maîtres d’ouvrage. 

Les architectes ont organisé en urgence la sécurisation et les arrêts de chantier ce début de semaine avec les entreprises du BTP. Ils l’ont fait en concertation avec la maîtrise d’ouvrage, et en cohérence avec les déclarations du Président de la République et du Premier Ministre le week-end dernier.

Ils ne pourront s’occuper de leur réouverture et de la reprise des travaux que si les conditions le permettent, conditions et garanties qu’ils évalueront avec les coordonnateurs SPS, les entreprises et la maîtrise d’ouvrage. Ils sont prêts bien évidemment à apporter leur expertise pour cela, auprès du conseil scientifique ou de toute autre instance.

Le Conseil National de l’Ordre des Architectes rappelle néanmoins que les chantiers sont arrêtés en Italie, et que pendant deux mois toute activité économique a été suspendue en Chine à l’exception de l’industrie médicale et de l’alimentation. Aujourd’hui les timides reprises des chantiers en Chine se font avec des mesures drastiques qui nécessitent des moyens et du matériel qui manquent cruellement en France.

Avant de faire prendre des risques aux ouvriers, alors que le discours officiel est un confinement renforcé de la population, le gouvernement doit donc peser l’impact d’une décision qui risque d’être éphémère.

Nous considérons que les conditions ne sont pas remplies pour une reprise rapide des chantiers, et nous ne le permettrons pas si nous estimons qu’un seul acteur, maître d’ouvrage, entreprise ou maîtrise d’œuvre prend des risques inconsidérés pour des motifs macroéconomiques. Il faut par contre mettre en place ce que nous réclamons depuis plusieurs jours, à savoir le service minimum d’intérêt général qui s’impose, pour répondre aux besoins d’urgence chez les particuliers et dans les bâtiments de service public. Il ne faut pas aller au delà aujourd’hui.

Rappelons que les chantiers de bâtiment ne pourront reprendre sans l’accord des architectes. Remettre en marche la filière nécessite une vision globale. Les entreprises de travaux constituent un maillon de la chaîne qui comprend la conception, la prescription, la disponibilité et la livraison des matériaux et matériels, le suivi des travaux, et la maîtrise d’ouvrage qui a la responsabilité de l’ouverture et de la fermeture des chantiers.

Il est donc indispensable d’associer la maîtrise d’œuvre, et les architectes qui interviennent tout le long du processus et engagent leur responsabilité sur la construction, aux discussions concernant ce secteur essentiel à la bonne marche de notre économie. Nous l’avons indiqué hier par courrier au premier Ministre.

Denis Dessus
Président du Conseil national de l’Ordre des Architectes

 

Publié le 23.03.2020
5 commentaires

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Merci pour cette position courageuse face aux instances privilégiant economie et politiquement correct. En effet, il s'agit d'une position qui se situe dans le pragmatisme qui se nurrit de l'expérience chinoise : Wuhan est sortie de la pandémie avec des mésures sanitaires claires,  sans concessions ni ambiguités. le choix occidental - dit "démochratique" - est de nature à allonger la durée pandémique et engendrer des déces supplémentaires indus. Cela, parait une offrande  sacrificielle au "Marché", mais peut-être est tout simplement le fruit d'une constatation étatique d'impuissance à "protéger et guérir" qui se risout à la fatalité d'être en mesure seulement de préparer la "socièté après COVID19", celle de ceux qui restent.

 

 

Rappelons nous aussi que le temps du batiment n'est pas le même que le temps de la fabrication du pain  et des produits alimentaires !!!!!!

Nous avons malheureusement trop l'habitude d'enregistrer des retards sur nos chantiers , nous ne sommes pas à deux ou trois mois près pour livrer des batiments au risque d'aggraver une situation dèjà bien peu rassurante !!!!!

Bien sur il peut y avoir des cas d'urgence pour certains batiments ou travaux public, mais sachons raison garder. Certes le batiment est l'un des plus gros employeur de france et l'addition va être lourde dans le "quoiqu'il en coute".

Portez vous bien ,protégez vous et protégez les votres et votre entourage  .

Gerard Gautier

 

 

Bien parlé.

Cher Confrère,

Je suis heureux de lire l'Ordre s'exprimer sur ce sujet qui nous engage tous. Merci

Bonjour,

Les entreprises du BTP fotn l'objet d'un affreux chantage : ou vous travaillez ou vous n'aurez pas droit au chômage technique

Quel choix ont-elles

 Anne CARCELEN

architecte paris12

(CC0 Public domain / Pixabay)
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