Les architectes d’Auvergne rendent hommage à Michel Renaud

Victime le 7 janvier du massacre perpétré au journal Charlie Hebdo, Michel Renaud était aussi journaliste au sein de la revue Auvergne Architectures.

Victime le 7 janvier du massacre perpétré au journal Charlie Hebdo, Michel Renaud était aussi journaliste au sein de la revue Auvergne Architectures.

Fondateur en 2000 de la Biennale, devenue Rendez-vous du carnet de voyage de Clermont-Ferrand, Michel Renaud était un ardent arpenteur du monde, un dialogueur assidu et un passionné de toutes les cultures qu’il pouvait rencontrer. Il en est mort, rapportant ce 7 janvier à Cabu, à Charlie Hebdo, les dessins de l’invité d’honneur des derniers Rendez-vous.

L’architecture en Auvergne était l’un de ces territoires culturels où Michel aimait aussi, beaucoup, voyager. Rédacteur de la revue Auvergne Architectures dès ses prémices, en 1990, il y retrouvait avec bonheur le métier de journaliste exercé notamment au Figaro et à Europe 1, avant ses fonctions à la mairie de Clermont-Ferrand (direction de la communication et cabinet du maire).

Michel n’avait jamais quitté la rédaction de la revue éditée par l’Ordre régional des architectes, dans laquelle il a publié ses derniers articles en décembre 2014. Ses touffes rebelles, son stylo plume griffant le papier pelure et surtout sa voix, conteuse emballante que ne freinaient que ses éclats de rire, tout cela manquera longtemps à ses amis du comité de rédaction.

L’architecture, le graphisme, le voyage : chez lui, ces passions s’entrecroisaient et se nourrissaient l’une l’autre, suscitant son enthousiasme contagieux au cours de longues discussions passionnées. Pendant vingt-cinq ans, Michel a ainsi œuvré pour la connaissance et l’écho de la création architecturale et de ses professionnels.
Dans la prochaine édition d’Auvergne Architectures, le comité de rédaction reviendra plus longuement sur son engagement pour l’architecture au sein de la revue.

 Aujourd’hui, l’équipe de la revue adresse son affection émue à sa famille et à ses proches, et souhaite lui donner une dernière fois la parole :

« Certains nous demandent encore ce que l'on attend du voyage (…). On ne quitte pas un endroit pour un an sur un coup de tête. Qu'on le veuille ou non, en dérive à travers le monde, on ne peut que se lancer pleinement, avec ses risques et ses excès, ses rudesses et ses saveurs. Et là, alors, on a l'impression de détenir les clés de son destin et d'offrir ses peines et ses joies pour quelque chose de différent. Cela en vaut-il la peine ? N'est-ce pas une grande illusion que de penser cela ? Peut-être. Mais cela présente au moins le mérite de laisser croire qu'il existe encore des idées plus fortes que tout et qui valent qu'on s'y accroche. »

Michel Renaud, Bichkek (Kirghizistan), le 22 janvier 2011

Publié le 12.01.2015
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