Le monde aime-t-il nos architectes ?

L’AFEX, Association des architectes français à l’export, a organisé à Paris le 18 juin dernier une conférence intitulée «Le monde aime-t-il nos architectes ?», en partenariat avec la Cité de l’architecture et du patrimoine, afin de poursuivre à la Cité de l’architecture le débat initié par l’article du Monde « La France aime-t-elle ses architectes ? ». Synthèse des discussions.

L’AFEX, Association des architectes français à l’export, a organisé à Paris le 18 juin dernier une conférence intitulée «Le monde aime-t-il nos architectes ?», en partenariat avec la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Les organisateurs voulaient poursuivre à la Cité de l’architecture le débat initié par l’article du Monde « La France aime-t-elle ses architectes ? », dont les grandes lignes disaient : « Les concours d'architecture, pensés pour démocratiser l'accès aux commandes publiques, ont fait de la France un eldorado pour les cabinets étrangers. La création hexagonale s'en trouve pénalisée sur son propre terrain, alors même qu'elle peine à s'exporter ».

Animée par Madeleine Houbart, Secrétaire générale de l’AFEX et Guy Amsellem, Président de la Cité, la table-ronde réunissait Odile Decq, Roueida Ayache, Thomas Coldefy, Ian Horst et Jean Robert Mazaud, et ainsi que Guillaume Hebert d’Une Fabrique de la Ville, représentant de la maîtrise d’ouvrage. Jacques Ferrier, Jean-Paul Viguier et Réda Amalou participaient au débat à travers la diffusion d’interviews préalablement enregistrées.

Si quelques-uns ont regretté que l’attribution en France de projets complexes à des agences étrangères prive les cabinets hexagonaux de références qui leur manquent à l’international, d’autres ont vu dans ces propos un combat d’arrière-garde, considérant l’arrivée d’agences étrangères comme un excellent moyen de se « frotter aux meilleurs ». Et comme un juste retour des choses, pour des architectes qui construisent ailleurs. Pour eux, la crainte d’un « déclassement » des architectes français à l’international est infondée car les maîtres d’ouvrage étrangers font avant tout appel à eux pour leur capacité créative et leur aptitude à développer des projets contextuels ancrés sur le territoire.

Certains participants ont exprimé leur crainte d’un « effet Bilbao », devant la propension d’élus locaux français à choisir des projets non plus à partir de considérations architecturales et urbaines mais plutôt selon leur capacité à produire une « image » valorisante pour leur ville. Il semblerait que devant leur multiplication, ces bâtiments iconiques soient moins « porteurs ». La question est plutôt celle de la disparition d’une grande commande publique d’Etat, très encadrée et très favorable à la qualité dont les architectes sont les garants. Aujourd’hui, ce sont les collectivités territoriales, décentralisation oblige, qui ont pris le pas.

Devant la crise économique, la maîtrise d’ouvrage française dispose d’un choix très ouvert. Mais l’exercice à l’étranger prouve que les conditions y sont encore plus difficiles (concours non rémunérés, compétitions plus ouvertes, taux d’honoraires plus bas, etc…)

Pour autant, les réalisations de nos architectes à l’étranger, comme les deux derniers Palmarès du Grand Prix AFEX de l’Architecture française dans le monde (2010 et 2012) le prouvent, sont remarquables tant par la qualité que par la diversité des thèmes et des pays concernés. Nos professionnels tiennent leur rang.

Source : AFEX

Publié le 01.07.2013
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