La reconstruction en Haïti prend un retard considérable

« Nous attendons depuis avril le guide de réglementation pour la reconstruction et le renforcement des bâtiments sans lequel nous ne pouvons pas avancer. Nous attendons aussi d'ailleurs la réglementation pour le neuf ».


Patrick Coulombel, le Président de la Fondation Architectes de l'Urgence, ne décolère pas : « Nous attendons depuis avril le guide de réglementation pour la reconstruction et le renforcement des bâtiments sans lequel nous ne pouvons pas avancer. Nous attendons aussi d'ailleurs la réglementation pour le neuf ».

Lassée de s'entasser dans des camps, la population d'Haïti commence à édifier de bric et de broc des constructions qui ne répondent à aucune norme et surtout pas aux normes sismiques. Tout ce qu'il fallait éviter.

Pour tenter d'alerter l'opinion, le Président de la FAU a emmené sur le terrain le parrain de la fondation, le journaliste-animateur Denis Brogniart et un photographe, Alain Issock, qui se sont mis à sa disposition dans un esprit humanitaire. "On a l'impression que le séisme vient d'arriver" dit Denis Brogniart . " La population vit dans la rue, dans une pauvreté sans nom; elle mange des galettes faites de terre et de farine. C'est insensé de voir cela neuf mois après la catastrophe". " Les gravats sont encore partout dans les rues, et on y découvre toujours des cadavres ", ajoute Alain Issock, photos à l'appui.

Face à cette misère, une forte équipe d'Architectes de l'urgence se démène pour sécuriser certains habitats précaires néanmoins occupés. Et puis, avec le soutien de l'Office d'Aide Humanitaire de la communauté Européenne (ECHO), la fondation Architectes de l'urgence installe également des abris provisoire solides, car ces architectes et ingénieurs ont bien compris que le provisoire aurait, ici, besoin de durer. Leurs abris ont donc une base en dur, en parpaings fabriqués sur place sous leur contrôle, pour former un muret qui évite les ruissellements tout en étant sans danger en cas de cyclone ou de nouveau séisme. La toile mise au point pour les recouvrir a été fabriquée par un réseau de professionnels des Textiles Techniques du Nord : la toile 3 i (imperméable, ignifugée, imputrescible).

La tâche essentielle de la Fondation Architectes de l'Urgence demeure cependant la reconstruction pérenne. Un programme de renforcement d'habitat, également financé par ECHO, n'attend plus que la publication du fameux « guideline ». Il s'agit de projets adaptés à la situation mais aussi aux habitudes de vie des haïtiens.

En accord avec U.N. Habitat, les Architectes de l'urgence on donc mis au point un plan de structuration des quartiers informels, c'est-à-dire de quartiers défavorisés, près de là ou vivent sous des bâches plastiques une grande partie du million de sans-abris victime de la destruction par le séisme de 400.000 maisons et bâtiments. Ceux-là ont refusé de quitter leur quartier qui n'est pas encore sécurisé.

Ce plan est une promesse de vie meilleure, selon les souhaits des haïtiens et avec leur participation effective. Cependant, Les Architectes de l'urgence cherchent toujours les fonds pour leur réalisation, même avec le soutien d'UN Habitat.

Consulter le reportage photo effectué par Alain Issock pour La fondation Architectes de l'urgence et les plans présentant ce que devrait être, dans les prochaines années, Haïti et, en particulier, Port-au-Prince.


>>> http://www.archi-urgent.com/

Publié le 19.10.2010
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