La limitation des effets du certificat d’urbanisme au profit du PLU

Selon un arrêt du Conseil d'Etat daté du 18 décembre 2017, le certificat d'urbanisme est privé d'effet à l'entrée en vigueur d'un nouveau PLU lorsque les conditions d'un sursis à statuer sont réunies mais qu'il n'est plus temps de l'opposer.
Le 01 février 2018
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L’une des utilités notoires de l’obtention d’un certificat d’urbanisme est de cristalliser les règles d’urbanisme qui pourront être opposées ultérieurement à son titulaire.

En effet, selon l’article L. 410-1 du Code de l’urbanisme : « Lorsqu’une demande d’autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d’un certificat d’urbanisme, les dispositions d’urbanisme, le régime des taxes et participations d’urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu’ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l’exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. »

Dans une décision rendue publique le 18 décembre 2017, le Conseil d’Etat a précisé que cet effet s’appliquait à tous les certificats d’urbanisme, et ce y compris aux certificats négatifs, c’est-à-dire ceux qui indiquent à l’administré que son projet est susceptible de ne pas être autorisé ou de faire l’objet d’un sursis à statuer en cas de demande d’autorisation d’urbanisme :

« Considérant que les dispositions de l’article L. 410-1 du Code de l’urbanisme ont pour effet de garantir à la personne à laquelle a été délivré un certificat d’urbanisme, quel que soit son contenu, un droit à voir sa demande de permis de construire déposée durant les dix-huit mois qui suivent, examinée au regard des dispositions d’urbanisme applicables à la date de ce certificat, à la seule exception de celles qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique ; que, par suite, en jugeant que  "es certificats d’urbanisme négatifs ne confèrent aucun droit à leur titulaire ", la cour a entaché son arrêt d’erreur de droit.»

Mais surtout, le Conseil d’Etat, dans cet arrêt, estime que dès lors qu'à la date du certificat les conditions requises pour qu'un sursis à statuer sur la demande sont réunies, l'entrée en vigueur du PLU pendant le délai de validité du certificat a pour effet de soumettre la demande aux dispositions issues du nouveau plan.

Par conséquent, quand le sursis à statuer n'est plus opposable, il reste possible de s'opposer au projet malgré le CU en cours de validité et délivré sous l'empire du régime antérieur !

Commentaires de l’arrêt à consulter sur le site de VLG conseil en cliquant sur le lien suivant

http:// https://www.vlgconseil.fr/2017/12/21/le-conseil-d-etat-pr%C3%A9cise-le-statut-du-certificat-d-urbanisme/

 

 

Publié le 01.02.2018
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Schéma explicatif sur la remise en cause des effets du certificat d'urbanisme à l'entrée en vigueur du PLU