La condition internationale des architectes

Une thèse intitulée "La condition internationale des architectes : le monde en référence : représentations, pratiques et parcours" a été soutenue à l'Université de Bordeaux et a profité notamment d'un questionnaire diffusé par l'Ordre auprès des architectes.
Le 21 juillet 2017
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Laura Rosenbaum, docteur en sociologie, a soutenu sa thèse "La condition internationale des architectes : le monde en référence : représentations, pratiques et parcours" début juin. La thèse a pu s'appuyer sur une enquête diffusée grâce à l'Ordre à l'ensemble des architecte, ainsi que de l'accompagnement bienveillant du CNOA.

Voici le résumé de la thèse :
"Les architectes forment en France une profession originale et à forte identité professionnelle. De nombreux travaux de recherches ont rendu compte d’évolutions, de mutations, d’adaptations à des contextes d’action régulièrement renouvelés. Au-delà de la révolution environnementale ou numérique, de processus de conception qui associent les populations, de conditions économiques et réglementaires plus contraignantes, l’un des phénomènes majeurs de ces deux dernières décennies est une internationalisation des cursus de formation et des pratiques professionnelles. Bien qu’historiquement en France une majorité d’architectes exerce là où ils ont été formés, un nombre croissant d’entre eux s’affaire, depuis les années 1980, hors des frontières (expatriation, export, partenariats). Alors que la profession a été pensée dans le cadre de l’État-Nation, la condition internationale devient plus fréquente. La thèse montre qu’un « nationalisme méthodologique » necorrespond pas à la réalité des pratiques et des représentations qui dépassent les territoires nationaux. La sociologie des professions, articulée à des travaux de sociologie de l’international, offre de nouvelles grilles de lecture aux pratiques des architectes. Elles montrent que la condition internationale s’impose dès la formation et a des effets sur les carrières : plus les étudiants vivent d’expériences à l’étranger, plus ils y exercent. Une segmentation professionnelle en est le support : alter-architectes, humanitaires, institutionnels, entrepreneurs et icônes organisent leurs pratiques etcultivent des valeurs d’exercice dans le monde. De même, l’analyse de profils, sous forme deportraits, montre les socialisations en œuvre : les initiés acquis à la cause internationale ; les universalistes dont les valeurs s’expriment à cette échelle ; les stratégiques qui organisent leur biographie professionnelle à l’étranger ; les bivalents qui alternent travail local et hors des frontières. L’internationalisation d’une partie des diplômés ne transforme pas en profondeur l’identité collective du groupe, mais exprime un véritable renouvellement, trop souvent minoré, des dispositifs d’actionset des cultures professionnelles. La recherche combine approches qualitatives et quantitatives, etplusieurs sources : un questionnaire (1698 réponses), des entretiens semi-directifs (77), des observations in situ, des études de cas, et une analyse documentaire. Les résultats montrent lepassage d’un modèle professionnel traditionnel à un modèle professionnel international. Finalement,plus que dans une mondialisation des échanges, les pratiques des architectes se structurent entre leséchelles d’action nationales et internationales. Une ouverture au monde qui a des chances de s’accentuer."

La thèse est à télécharger en intégralité ici 

Publié le 21.07.2017
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https://asialyst.com (Crédit : JOHANNES EISELE / AFP)
Tianducheng, dans la banlieue de Hangzhou