L'Union européenne appelle à une vague de rénovation et à devenir un leader de l’économie circulaire

Dans son discours sur l’état de l’Union du 16 septembre dernier, la Présidente de la Commission européenne s’est prononcée en faveur d’un nouveau « Bauhaus européen » alliant style et durabilité.
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Communiqué du Conseil des Architectes d'Europe :

Dans son discours sur l'Etat de l'Union le 16 septembre 2020, la Présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, a rappelé l'ambition de l'UE de déclencher une "vague de rénovation" en Europe et de devenir un leader dans l'économie circulaire.  

À ce sujet, elle a déclaré : "Mais il ne s'agit pas seulement d'un projet environnemental ou économique: il doit s'agir aussi d'un nouveau projet culturel pour l'Europe. Chaque mouvement a son propre cachet. Et nous devons donner à notre changement systémique sa propre esthétique – pour combiner style et durabilité.  C'est pourquoi nous allons créer un nouveau Bauhaus européen – un espace de co-création dans lequel les architectes, les artistes, les étudiants, les ingénieurs, les designers travaillent ensemble pour réaliser cet objectif ".

Le Conseil des Architectes d'Europe, qui est un ardent défenseur de la qualité de l'environnement bâti, se félicite de ces paroles et félicite la Commission pour cette initiative.

Le CAE plaide pour une approche holistique de la rénovation des bâtiments - une approche qui va au-delà des seules considérations d'efficacité énergétique et qui cherche à optimiser la valeur économique, sociale, environnementale et culturelle du parc immobilier existant. Ces dernières années, le CAE a mis l'accent sur la dimension culturelle de l'acte de bâtir, car il considère que la culture est le moteur de la qualité dans l'environnement bâti et en l'architecture. En 2018, le CAE a signé la Déclaration de Davos "Vers une culture de bâti de qualité pour l'Europe" et a encouragé son adoption depuis lors.  

Le Président du CAE, Georg Pendl, a déclaré : "Nous nous félicitons vivement de l'allégorie d'un nouveau Bauhaus européen, car elle signifie la coopération des différentes professions créatives et techniques ; elle implique également une pensée et des approches holistiques - ne pas se concentrer uniquement sur les données techniques et solutions technologiques, aussi importantes soient-elles - mais adopter fermement une approche holistique qui est une condition essentielle pour un développement en harmonie avec notre environnement, et en particulier notre environnement naturel - le cadre dans lequel l'humanité vit".

Le CAE attend avec impatience le lancement de cette initiative. Il fera de son mieux pour la soutenir et pour informer et mobiliser la communauté des architectes en Europe.  

Publié le 29.09.2020
1 commentaire

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Je suis très surpris par ces discours et ces déclarations.

D‘une part la Présidente de la commission européenne enjoint les états membres à un leadership d’une « économie circulaire ».

S’agirait-il d’une forme de business entre soi que d’aucuns appelleraient du « troc » ? 

Elle revendique d’autre part la création d’un « Bauhaus européen ».

Le Bauhaus qui a désormais 100 ans avait pour philosophie de faire table rase du passé pour élaborer de nouveaux concepts artistiques et de travail.

On sait ce que cela a donné, notamment en urbanisme, ce que nous payons très cher actuellement, tout comme les limites de notre système à avoir accepté de bâtir en zones inondables, comme on a bâti les ZUP sur des plateaux ventés que les Anciens se contentaient de cultiver.

Or le CAE approuve, rebondit et évoque une démarche systémique européenne « holistique ».

Par définition sociologique, le « holisme » est une vision du tout qui prend le pas sur la somme des initiatives et des apports individuels.

Le système l’emporterait sur les individus et les Etats membres. Au diable la diversité. Au diable l’individu. Et architecturalement, au diable le contexte, le particularisme, le génie du lieu, l’histoire des Hommes qui nous ont précédés. L’Etat d’abord et avant tout, Grand Maître de la pensée universelle.

Par excellence, cette prise de position du CAE est politique et d’inspiration particulièrement connotée. Elle va à contresens de l’histoire de l’humanité, qui s’est toujours enrichie de la diversité et des initiatives individuelles et non de celles de l’Etat.

Je ne crois pas qu’il soit du ressort d’instances professionnelles de soutenir une telle démarche.

Je suis et reste architecte en défendant l’initiative du bon sens et de la bonne orientation sous le vent, le circuit court, l’inspiration historique et locale, l’économie de matière avant tout, et pour un bilan carbone que les industriels n’offriront jamais avec des batteries, du voltaïque, du plastique, du verre et du minerai transformé. Et mon travail s'est toujours effectué en ingénierie pluridisciplinaire, inutile d'en rappeler la nécessité.

Empêcheur de tourner en rond pour cette économie circulaire d'une communauté d’Etats en manque de reconnaissance, ces discours purement politiques m’effrayent au plus haut point.

(DR / Source : CAE)
Ursula von der Leyen - Présidente de la Commission européenne,