"L'histoire vraie de l'habitant : de la performance thermique à l'architecture responsable"

Le CNOA organisait le 5 novembre dernier à Batimat une table ronde intitulée "L'histoire vraie de l'habitant : de la performance thermique à l'architecture responsable". Dans une salle pleine, la discussion a questionné la manière dont est abordée la performance énergétique aujourd’hui.

Le Conseil national de l’Ordre organisait le 5 novembre dernier à Batimat une table ronde intitulée "L'histoire vraie de l'habitant : de la performance thermique à l'architecture responsable".

Autour de Frédéric DENISART, vice-président du CNOA, sont intervenus :
- Pascal LENORMAND, Ingénieur, Bureau d’étude Incub’
- André POUGET, Ingénieur, André Pouget Consultant  
- Gaëtan BRISEPIERRE, Sociologue

Dans une salle pleine, qui accueillait une soixantaine d’auditeurs (architectes, étudiants, bureau d’études, enseignants, etc.),  la discussion a questionné la manière dont est abordée la performance énergétique aujourd’hui.

D’entrée, Frédéric Denisart a soulevé une question critique : est-ce que cette manière d’aborder la performance énergétique répond aux attentes des citoyens ? Est-ce qu’une approche quantitative et hyper-technique, basée sur l’unité Kwh/an/m², est la bonne pour le bâtiment ?

Pour répondre à cette question, Pascal Lenormand, qui a collaboré avec le Conseil national de l’Ordre afin de concevoir et développer le logiciel OSCAR, est revenu sur les enjeux et les présupposés présents à la base de ce travail : le contexte professionnel est marqué par un dialogue difficile entre architectes et ingénieurs, qu’il faut donc aider. Le bâtiment en devenant plus performant est devenu aussi plus intolérant aux usages « déviants » ou non-conventionnels. Une logique du bâtiment « hi-tech », basée sur une technicité embarquée toujours plus sophistiquée, prévaut sur une logique « low-tech », basée sur la qualité de l’enveloppe et l’adaptation aux usages : « or, bien sûr, dans la seconde option, on a plus besoin de l’architecte… »

André Pouget a complété ce point de vue d’une tirade humoristique rappelant que la fenêtre  reste le meilleur « capteur solaire passif », le plus durable, celui qui permet de voir à travers et d’être ouvert au besoin… Plus généralement, si l’on construit des bâtiments « durables », on sait que les systèmes, eux, ne dureront pas très longtemps. Pour lui, la RT – même critiquable dans sa forme actuelle – a obligé, en fixant des niveaux de performance élevés, les architectes et les ingénieurs à se parler et à travailler ensemble. Il prône le « bon sens » pour atteindre cette performance et le bien-être des usagers. En cela, des outils simples, dès le début du projet, à l’image du logiciel OSCAR sont nécessaires aujourd’hui.

Gaëtan Brisepierre est revenu sur les enquêtes sociologiques qu’il a menées auprès des utilisateurs (habitants, sociétés de maintenance, etc.) de bâtiments passifs et notamment sur les écarts constatés entre les performances attendues et les performances réelles et dûs aux comportements de ces usagers. Réduire ces écarts ne revient pas pour lui simplement à une question « d’éducation au savoir-vivre BBC » des usagers. Il faut au contraire accompagner et même impliquer les usagers. Cela implique selon lui un besoin plus important d’architectes dans un rôle de « traducteurs ». Aujourd’hui il y a un vrai « mur de Berlin » après la livraison du bâti, qui coupe les concepteurs des utilisateurs.

En conclusion, Frédéric Denisart a souligné la convergence de ces points de vue professionnels et disciplinaires différents : « au centre de toutes ces questions, il y a d’abord l’humain ». Pour les participants, l’objectif à poursuivre est donc de travailler sur cette dimension humaine : donner aux professionnels des outils pour dialoguer, échanger les savoirs, entre eux et avec les usagers ; mieux définir la notion de confort ; et moins segmenter la chaine de production entre la formulation de la commande et les usages. 

C’est dans cet esprit que le CNOA continue de développer OSCAR.
Les architectes présents ont d’ailleurs pu prolonger la conférence par un test de la prochaine version d’OSCAR qui proposera à tous les architectes, d’ici fin novembre, un module adapté aux projets de rénovation.

 

Publié le 13.11.2013
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