L’Architecture : incontournable pour maîtriser les changements climatiques

Pour lutter contre les effets du changement climatique, les architectes demeurent indispensables. Message du Conseil des architectes d'Europe (CAE) au Parlement européen, dans le cadre d'une conférence donnée pour le 20ième anniversaire du CAE.
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Pour lutter contre les effets du changement climatique, les architectes demeurent indispensables. Message du Conseil des architectes d'Europe (CAE) au Parlement européen, dans le cadre d'une conférence donnée pour le 20ième anniversaire du CAE.


BRUXELLES, le 6 décembre 2010 : Pour lutter contre les effets du changement climatique, les architectes demeurent indispensables. En effet, étant donné l’important besoin énergétique des bâtiments, ces derniers sont reconnus comme les plus grands producteurs de gaz à effet de serre. À l’heure actuelle, de nouvelles mesures sont nécessaires pour garantir à la profession d’architecte que la crise économique n’amoindrira pas sa capacité à combattre et à surmonter ces changements climatiques. Il s’agit là du message prépondérant délivré lors de la Conférence organisée par le Conseil des Architectes d’Europe (CAE), le vendredi 3 décembre, au Parlement européen.

De par la nature même de leur travail, les architectes sont susceptibles de servir de modèle à d’autres citoyens en matière de développement durable, entraînant ainsi subtilement la société à se pencher sur l’avenir de notre planète. Cette Conférence, organisée dans le cadre des évènements célébrant le 20ième anniversaire du CAE, s’est intéressée aux futures Directives européennes qui pourraient avoir une incidence sur la profession d’architecte dans les dix prochaines années. Elle s’inscrit donc dans la lignée des travaux entrepris par le CAE pour renforcer sa collaboration avec l’UE dans l’élaboration de la législation.  

Formation et mobilité sont indispensables à la diffusion de pratiques durables

En matinée, les débats se sont concentrés sur la nécessité de permettre aux architectes indépendants et aux bureaux d’architecte de travailler au-delà de leur frontière nationale, partout en Europe. A cet effet, deux directives européennes ont été abordées : la Directive sur la reconnaissance des Qualifications Professionnelles et la Directive sur les Services du Marché Intérieur. Plusieurs participants ont insisté sur l’importance d’uniformiser la durée des stages en Europe afin d’encourager la mobilité des architectes et ainsi permettre l’échange de pratiques durables tout en sauvegardant le professionnalisme du secteur. Les architectes présents ont également fait part de leurs préoccupations quant à la réticence de l a Commi s s i o n e u r o p é e n n e à e n v i s a g e r l’allongement de la durée des études et de la formation des architectes, considérant que cela va de pair avec la modernisation de la Directive Qualifications Professionnelles.

De plus, des préoccupations ont été exprimées quant au fait que toute modification profonde de la Directive Services pourrait mener à un dérèglement du secteur qui entrainerait une diminution de la qualité des services architecturaux, notamment en affectant les conceptions qui protègent l’environnement et apporte un plus aux consommateurs.

 Protéger l’environnement malgré la crise économique

Le contexte commercial dans lequel évoluent les architectes aujourd’hui s’est trouvé au centre des débats de l’après-midi. Ceux-ci ont fait part de la nécessité d’apporter des changements quant aux méthodes d’obtention des marchés publics, et ce, afin d’assurer que les services architecturaux fassent l’objet d’une sélection basée sur la qualité. En effet, l’approche actuelle étant trop restrictive, les architectes encouragent la multiplication des concours d’architecture. De plus, les participants ont insisté sur le fait que, malgré les circonstances difficiles dans lesquelles travaillent beaucoup d’architectes, la qualité et la durabilité des projets ne pouvaient être sacrifiées au prix.

Pendant les débats sur la refonte de la Directive Performances Energétiques des Bâtiments (toutes les nouvelles constructions dans l’UE devraient être proches de zéro-énergie en 2020), il a été souligné que ce type de directive offre l’occasion de promouvoir l’architecture durable en plaçant la barre plus haut pour l’ensemble des mesures qui visent à économiser l’énergie dans les bâtiments.

Lors de cette conférence, les résultats de l’Etude de secteur menée par le CAE ont également été présentés. Une découverte intéressante de cette enquête concerne les architectes qui, convaincus de leurs habilités à produire des bâtiments durables et à prévoir l’évolution du cadre de vie bâti, sont prêts à travailler pour un salaire moins élevé, et ce, malgré de longues années d’étude.

En conclusion de cette conférence, Jos Leyssens, Vice-Président du CAE, a dit : « Les architectes jouent un rôle significatif pour relever les principaux défis de notre temps, notamment en concevant des bâtiments durables et un environnement bâti de qualité que les citoyens européens méritent. »

Publié le 06.12.2010
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