Transition écologique

Identification et réhabilitation des friches : l’outil « Cartofriches » est en ligne

A la demande du ministère de la transition écologique, le Cerema a développé Cartofriches, un portail national qui vise à identifier et recenser les friches sur le territoire. L’objectif : faciliter leurs réutilisations par les collectivités territoriales pour lutter contre l’artificialisation. Proposée en version test à expérimenter, l’application recense déjà plus de 1300 friches et évoluera en fonction des retours utilisateurs.
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Etat des lieux de l’artificialisation

Après une baisse régulière de l’artificialisation en France, passant de 32 000 hectares en 2011 à 22 000 hectares en 2015, ce sont près de 24 000 hectares qui ont été artificialisés en 2018, selon un rapport publié par le Cerema[1], qui s’appuie sur les chiffres de la période 2009-2018. 

Au niveau national, l’artificialisation est majoritairement destinée à l’habitat (70%), puis à l’activité (25%). Peu d’espaces sont dédiés à des opérations mixtes (2%), et les autres restant à usage inconnu (3%).  Au niveau local, le phénomène est très concentré, avec une dynamique d’artificialisation qui s’observe surtout dans l’aire urbaine des métropoles et sur le littoral. En outre, si tous les territoires sont concernés par la problématique, 5% des communes sont responsables de 40% de la consommation nouvelle d’espaces.

Pour mieux rendre compte de la dynamique de l’artificialisation des sols, le Cerema introduit la notion « d’efficacité de l’artificialisation », qui permet de mesurer, pour chaque hectare artificialisé, le rapport entre la surface consommée et la surface construite. Sur la période 2016-2018, si la construction a beaucoup augmenté (+20%), l’augmentation de l’artificialisation a été relativement plus faible (+7%). « En d’autres termes, on construit plus, mais de manière plus efficace », explique le Cerema. Cela pourrait marquer le début de la décorrélation entre construction et artificialisation, avec une tendance portée avant tout par l’activité, moins par l’habitat.

Cependant, l’efficacité de l’artificialisation est très variable selon les territoires :

  • Les communes ayant artificialisé avec le plus d’efficacité ont accueilli plus de 20 ménages et emplois par hectare, soit quatre fois plus que celle ayant une urbanisation moins efficace (entre 0 et 5 ménages accueillis par ha) ;
  • Globalement plus on s’éloigne du centre, plus l’urbanisation est destinée à l’habitat et moins elle est efficace, car la surface artificialisée moyenne pour accueillir un nouveau ménage est plus élevée. Cela souligne l’enjeu de la localisation des nouvelles constructions et de leur accès (notamment par les transports en commun et modes doux) aux services et emplois : « à artificialisation équivalente, la localisation de nouveaux ménages dans des espaces dépendants de l’automobile aura un impact écologique bien plus important. » rappelle le Cerema.

En outre, à ce rythme d’évolution, il faudrait attendre au moins 2070 pour atteindre l’objectif « zéro artificialisation nette » (ZAN).

Sans compter sur une baisse de la construction, incompatible avec les besoins des populations, il est nécessaire d’aller plus loin pour limiter l’artificialisation des sols et tenter de parvenir à l’objectif que s’est fixé la France dans son Plan National Biodiversité, qui vise à atteindre le ZAN à l’horizon 2050.

Dans cette perspective, il est possible d’agir sur l’efficacité de l’artificialisation, en jouant notamment sur deux leviers : augmenter le taux de renouvellement urbain, en favorisant la réhabilitation des friches et délaissés urbains, et augmenter la densité des opérations, tout en préservant et renforçant la qualité de vie locale.  

Cartofriches : un portail national pour recenser les friches

Désormais enjeu essentiel, la lutte contre l’artificialisation des sols passe de plus en plus par la réhabilitation des friches. Solution concrète pour les collectivités qui, dans les zones denses ou péri-urbaines, font face à des espaces délaissés, sources de gaspillage foncier et dont le potentiel est à exploiter.   

A la demande du ministère de la transition écologique, le Cerema a lancé « Cartofriches », qui permet de visualiser sur une carte, via un portail internet accessible à tous, les sites en friches à l’échelle nationale (industrielles, commerciales, d’habitat, etc.).

L’objectif de Carto friches est d’aider à identifier les friches pour les qualifier et faciliter leur réutilisation par les collectivités et les porteurs de projets.

Proposée dans un premier temps en version test à expérimenter, l’application met à disposition des données issues notamment des bases nationales sur les sites et sols pollués (BASOL et BASIAS), complétées de connaissances locales (observatoires locaux, études terrain, etc.)

La version test comprend plus de 1300 friches, avec des renseignements sur la localisation, le bâti, les propriétaires, les caractéristiques du sol, et sur le secteur urbanistique dans lequel elles se trouvent.  Il est également possible de faire une recherche par filtres en fonction de certains paramètres, comme le contexte urbain, la surface ou le type d’activité.

>> Tester Cartofriches

 

Contribuer au développement de Cartofriches

Le Cerema sollicite les retours utilisateurs pour « signaler les défauts de la base de données, intégrer des données locales complémentaires et améliorer l’outil ».

>> Les utilisateurs souhaitant contribuer au développement de l’outil sont invités à faire part de leur retour d’expérience via ce formulaire

A terme, l’objectif de Cartofriches est de permettre des contributions en temps réel, afin de garantir une plus grande fiabilité des données. Il constituerait ainsi un outil d’aide pour faciliter la prise de décision des collectivités et porteurs de projets dans leurs démarches de réhabilitation.

La nouvelle version, enrichie de nouvelles fonctionnalités et de retours utilisateurs, devrait être lancée en septembre 2020.

 

Pour en savoir plus :

>> Voir le communiqué du Cerema

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Publiée le 26.08.2020 - Modifié le 02.09.2020
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(source : cerema.fr)
Cartofriches, application développée par le Cerema pour recenser les friches sur le territoire national (Juillet 2020).