Françoise Nyssen veut une architecture pour tous

Dans le contexte du projet de loi Elan, la ministre de la Culture a réaffirmé son soutien à la profession ainsi qu'à une architecture de l’habitat de qualité. Elle annoncé le lancement de deux groupes de travail : l'un sur le « désir d’architecture », l'autre sur l’apport des architectes à la qualité de l’habitat.
Le 17 mai 2018
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Communiqué du ministère de la Culture, Paris le 17 mai :
 

Dans le contexte du projet de loi dit « ELAN » et à l’occasion d’une rencontre avec les lauréats de la promotion 2018 des Albums des jeunes architectes et paysagistes (AJAP), la ministre de la Culture a réaffirmé son action pour le renforcement du désir d’architecture chez tous les citoyens, son soutien à la profession d’architecte et son engagement pour la promotion d’une architecture de l’habitat de qualité.

Françoise Nyssen a ainsi annoncé le lancement de deux chantiers :

  • Un travail sur le « désir d’architecture », dont l’objectif est de consolider le rayonnement de la profession et sa reconnaissance comme levier de développement culturel, économique, social et environnemental.

    Un groupe de travail mis en place rapidement réunira :
    - Christine LECONTE, présidente du Conseil Régional de l'Ordre des architectes d'Ile-de-France, lauréate du Palmarès des Jeunes Urbanistes 2010 ;
    - Guy TAPIE, professeur et auteur d’un ouvrage récent sur « la culture architecturale des Français » ;
    - Simon TEYSSOU, maître de conférence et président du conseil d’administration de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand ;
    - Et seront associés, des Grands Prix Nationaux de l’Architecture et des Albums des jeunes architectes et paysagistes de la promotion 2018, ainsi que des représentants du monde de la construction et de l’aménagement et des élus nationaux et territoriaux.

    Marie-Christine LABOURDETTE, présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine, sera le rapporteur des travaux de ce cercle de travail auprès du ministère de la Culture, qui en assurera le suivi en lien étroit avec le Conseil National de l’Ordre des Architectes.
     
  • Un travail sur l’apport des architectes à la qualité de l’habitat
    Un groupe de travail composé d’acteurs de la production des logements de demain sera animé par la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques, sous le pilotage de son président M. Roland Peylet avec les services des ministères concernés.

    Il sera chargé de formuler des propositions pour valoriser le rôle de l’architecte dans le processus de production de logement de qualité, et pour équilibrer la relation entre maître d’ouvrage et maître d’oeuvre, de l’émergence du projet à la réalisation.

La ministre de la Culture recevra les propositions de ces deux groupes de réflexion à l’occasion de la prochaine édition des Journées nationales de l’architecture les 19, 20 et 21 octobre prochain.


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Publié le 17.05.2018
1 commentaire

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Malgré la mobilisation des architectes du 17 mai, la délégation des architectes ce jour-là n’a pas été reçue par la Ministre elle-même. Le symbole est fort, il nous rappelle le peu d’importance que les Pouvoirs Publics nous accordent.

Nous parlons de « susciter un désir d’architecture » chez les français. C’est un malentendu, une fausse piste. Aussi séduisante soit-elle (qui refuserait de « susciter un désir » ?), cette notion nous porte tort, pour deux raisons :

  • Elle révèle que le désir, actuellement, n’y est pas ; elle enfonce le clou de la marginalisation des architectes. Rien de mieux pour détourner les consommateurs (d’architecture) que mettre l’accent sur leur peu de popularité : qui voudraient d’un « produit » que personne n’achète ? (j’emploie des termes de marketing à dessein).
  • Elle nous marginalise en peu plus, en présentant notre action, notre métier, comme un « plus » optionnel ; plus cher, certes, mais de qualité supérieure. Une option luxueuse, en quelque sorte. Le réflexe immédiat chez le consommateur est alors de dire : « Peut-être, mais je ne vais pas mettre une part importante de mon budget dans cette valeur ajoutée, je préfère avoir un bâtiment plus grand, ou mieux équipé, ou plus à mon goût, etc. ». Comme si, pour des vacances, on disait aux gens : « Passez un séjour dans un hôtel 4 *, c’est tellement mieux. » Leur réaction serait de dire « Peut-être, mais je préfère ne pas écourter mon séjour en dépensant trop vite mon budget « hôtel » et profiter de mes vacances à 100% dans un hôtel moins cher et tout aussi sympa ».

Que nous faut-il faire, alors ?

Nous devons nous repositionner sur la valeur exacte de l’architecte : la maîtrise d’œuvre est la seule façon intelligente et efficace de réaliser une construction. L’aventure du déroulement d’un projet nécessite (ce n’est pas une option, c’est une nécessité) que le client (maître d’ouvrage) ait un guide professionnel, pour le mener à bon port en optimisant : la conception du bâtiment, la réalisation des travaux, le meilleur coût. Les architectes, qui sont les professionnels de la maîtrise d’œuvre, sont à même de mener à bien cette mission grâce à leur formation, leur statut et leur indépendance des entreprises. La vérité est là.

Et aussi, je rappelle que personne ne naît Directeur des HLM, Maire ou Ministre de la Culture. En se détournant de la clientèle des Particuliers, les architectes se détournent ipso facto des futurs Directeurs des HLM, Maires et Ministres, bref de la « société ». Il ne faut pas nous étonner alors qu’une fois en poste, ces gens de pouvoir n’aient pas une vision lucide et positive de notre métier.

(© MC / Didier Plowy)
Françoise Nyssen, ministre de la Culture