Disparition de Paul Virilio

A la fois urbaniste, architecte et théoricien aux côtés de Claude Parent, ancien directeur de l'Ecole Spéciale d'Architecture, essayiste prolifique et visionnaire d'une société de la vitesse au risque de l'accident, Paul Virilio est mort à l'âge de 86 ans.
Le 19 septembre 2018
Église Sainte-Bernadette à Nevers

La famille de l’urbaniste, architecte et philosophe a annoncé le décès de Paul Virilio le 10 septembre dernier, à l’âge de 86 ans.

Né en 1932 à Paris, il est marqué à onze ans, par le bombardement de Nantes, lors de la seconde guerre mondiale, manifestation de ce qu’il nommera l’"esthétique de la disparition". La guerre, l’architecture des bunkers, la fragilité et la décomposition des territoires, la réversibilité du progrès et de la catastrophe seront des thèmes centraux d’une pratique architecturale et d’une théorie à la tonalité volontiers visionnaire.

Se destinant dans sa jeunesse à devenir maître verrier, il suit en parallèle les cours de Vladimir Jankélévitch et Raymond Aron à la Sorbonne.

Son nom est associé à celui de Claude Parent, avec lequel il fonde en 1963 le groupe Architecture principe, qui sera aussi le nom d’une revue et le creuset où se développe le concept de la « fonction oblique », à l’influence très importante sur l’architecture contemporaine. Il succède à Claude Parent à la tête de l’Ecole spéciale d’architecture qu’il dirige de 1972 à 1975.

Il a notamment réalisé l’Église Sainte-Bernadette à Nevers avec Claude Parent, en 1966, et le Centre de recherche aérospatiale de la Thomson-Houston à Vélizy-Villacoublay, en 1969.

Depuis les années 70, il a développé une pensée critique de la vitesse, de l’accélération et du devenir virtuel de nos société, de la synchronisation des évènements et des affects collectifs. Il pointe avec le développement de l’urbanisme contemporain l’effacement entre sédentarité et nomadisme. Penseur de l’accident et de l’insécurité des territoires, il dénonce la « propagande du progrès ».

A côté d’une œuvre éditoriale abondante, aux éditions  Galillée notamment, où il dirige la collection « L'espace critique » , et d’une participation à de nombreuses revues (Esprit, Cause commune, Critique, Traverses et Urbanisme), il a aussi réalisé des expositions, notamment à la Fondation Cartier («  Ce qui arrive » en 2002 et « Terre Natale, Ailleurs débute ici » avec Raymond Depardon,en 2008). Il avait également reçu le Grand Prix national de la Critique d’Architecture en 1987.

Les obsèques ont eu lieu le 17 septembre.

Publié le 19.09.2018
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(Photo: Joanne Roberts) (CC BY-NC-SA 2.0)
Église Sainte-Bernadette à Nevers - Paul Virilio et Claude Parent arch.