De la responsabilité culturelle des bailleurs sociaux

Les bailleurs sociaux souhaiteraient remettre en cause l'obligation qui leur est désormais faite de recourir au concours d'architecture. Catherine Jacquot leur répond.
Le 27 juin 2017
logements collectifs sociaux

"L’USH et l’ESH  souhaitent que les bailleurs sociaux deviennent des promoteurs comme les autres.

Faisant cela, ils nient toute la spécificité de leur action et se placent sur un terrain qui donne des armes à ceux qui aimeraient les voir disparaitre en tant que maitre d’ouvrage.

Car être maitre d’ouvrage de l’habitat social, c’est être un acteur majeur de la qualité urbaine, architecturale du cadre de vie de nombreux citoyens et parmi eux, ceux qui sont les plus démunis.

Le concours d’architecture est la seule procédure qui permet de choisir le projet qui convient le mieux aux élus et aux maîtres d’ouvrage dans l’intérêt public.

Le concours d’architecture est obligatoire au-dessus d’un seuil d’honoraires fixé par le droit européen et ne concerne donc pas les petites opérations de 10 ou 20 logements.

Les délais d’une opération  sont souvent longs mais ce n’est pas la procédure du concours qui les rallonge,  il oblige la maitrise d’ouvrage à élaborer un programme de qualité et le projet retenu devient très rapidement un permis de construire.

Quant au surcoût, oui, il faut rémunérer les équipes non retenues mais la pertinence du choix du projet répondant aux critères d’insertion urbaine, de qualité architecturale et environnementale permettra ensuite un gain en coût global de l’opération.

Depuis 2010, les bailleurs sociaux n’étaient plus soumis à l’obligation de concours,  or que constate t- on ? Une qualité architecturale en baisse  et  une augmentation croissante des VEFA !

Les bailleurs sociaux font la différence lorsqu’ils ne se transforment pas en acheteurs mais qu’ils se démarquent par la qualité urbaine et architecturale de leurs réalisations.

Les architectes  souhaitent que les bailleurs sociaux retrouvent toutes leurs prérogatives de maitres d’ouvrage, car ils sont les seuls à pouvoir enrayer la dégradation de la qualité des logements constatée lorsque ceux-ci sont conçus en VEFA.

Il ne s’agit pas de renoncer à la qualité pour être concurrentiel,  chaque fois que l’argent public est utilisé, le concours d’architecture devrait s’imposer pour tous les maitres d’ouvrage privés et publics."
 

Catherine Jacquot,
Présidente du conseil national de l’ordre des architectes,
le 26 Juin 2017



L'UNSFA apporte son soutien à cette position de l'Ordre, dans un communiqué.

Publié le 27.06.2017
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En renonçant à des objectifs de qualité architecturale et en donnant des opérations  à des commerçants, ces couillons ne se rendent pas compte qu'ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. Les offices HLM pourront fonctionner avec 10 fois moins de personnel lorsqu'il ne s'agira que de signer des contrats de VEFA.

(© Takuji Shimmura)(source : Archicontemporaine.org)
Logements collectifs sociaux, Paris 15ème - Ameller Dubois & Associés arch.