« Bâtiments responsables, usages et confort : quelles lignes directrices pour demain ? »

Le Plan Bâtiment Durable publie une note qui remet en question les 19 degrés de la RT. Elle appelle à plus de souplesse dans la conception des bâtiments pour prendre en compte une diversité de scénarios d'usages et le confort des usagers.
Le 21 novembre 2017

Voici la présentation de la note par le Plan Bâtiment durable :

Prise en compte des usages : quels enseignements des réglementations en vigueur ?

Alors qu’une expérimentation est en cours pour préfigurer la future réglementation en matière de construction, il convient de s’interroger sur les retours d’expérience des précédentes réglementations afin d’en tirer les leçons nécessaires. Cette note explore ces retours d’expériences sous l’angle de la prise en compte des usages et du confort des occupants en replaçant leurs préoccupations au centre de l’analyse.
Si les sources de surconsommations constatées dans certains bâtiments BBC sont multiples, elles ne proviennent pas nécessairement d’aspects purement techniques. En effet, le rôle des occupants et l’usage qu’ils feront du bâtiment sont tout aussi importants qu’une bonne conception/réalisation/maintenance pour assurer un bon niveau de performance du bâtiment.

L’usage effectif peut ne pas correspondre au mode d’occupation prévu par le concepteur et rendre ainsi un bâtiment moins performant que prévu. De plus, il apparaît qu’une « prise en main » du logement est nécessaire avec un bâtiment très performant, et cela afin que l’utilisation et la maintenance des équipements soient la plus efficace possible : les enjeux de pédagogie auprès des occupants sont réels.
De ces retours d’expériences, la note dégage deux aspects à prendre en compte en vue des futures réglementations : la multiplicité des modes de vie et des usages qui peuvent être faits d’un même bâtiment par différents occupants et la nécessaire pédagogie vis-à-vis de ces mêmes occupants afin de favoriser une utilisation performante du bâtiment.

Le confort dans un bâtiment, une notion complexe à appréhender : vers une remise en cause “du” 19 °C

Au-delà de la prise en compte des différentes possibilités d’usages, la note s’interroge sur la manière dont le bâtiment peut devenir un espace confortable et source de bien-être pour son occupant. Cela suppose de s’intéresser aux différentes dimensions du confort : thermique, acoustique, qualité de l’air, lumière, biophilie. Même en ayant une approche spécifique à chaque dimension, il apparaît encore difficile d’intégrer le confort dans la réglementation tant il est personnel et lié à ses propres culture, histoire, ressenti.

Les auteurs constatent par exemple le lien étroit entre l’absence de contrainte ressentie par l’habitant et le sentiment de bien-être et confort. Si ce constat est appliqué à la dimension thermique du confort, cela revient à interroger la consigne du 19 °C fixée par la RT 2012. Le degré de satisfaction des occupants dépend de la liberté qu’il leur est laissé de régler le chauffage, de pouvoir ouvrir les fenêtres, etc. ; cette liberté semble peu compatible avec les 19 °C. Cette idée ouvre la porte à une évolution réglementaire de taille pour les bâtiments neufs : la possibilité pour l’usager de disposer d’une certaine liberté dans la fixation de sa température de confort hivernal. En tenant compte du niveau élevé de performance atteint par les bâtiments sur les cinq usages réglementaires, le coût environnemental de l’abandon de la température de référence de 19 °C serait limité. Cet abandon, ou tout du moins, la variabilité de cette température de consigne, serait un facteur important de satisfaction et donc de confort pour l’occupant.

Des scénarios de confort et d’usages à prendre en compte dans le processus de conception

Aujourd’hui, la réglementation fixe un unique scénario conventionnel, souvent éloigné de la réalité d’usage du bâtiment. Cet unique scénario, bien que compréhensible, peut pousser à concevoir des habitats n’offrant aucune souplesse d’utilisation et pour lesquels un usage non conforme pourra avoir des conséquences négatives importantes, tant en termes de performance du bâtiment que de confort pour son occupant.

Pour construire des bâtiments qui soient source de confort et de bien-être pour chacun de leurs occupants, il serait souhaitable de pouvoir apprécier la « souplesse » de chaque projet dès sa conception, c’est-à-dire sa capacité à s’adapter à des usages variés tout en atteignant les niveaux de performance souhaités. Ces aspects peuvent être explorés via l’utilisation de scénarios en phase conception. Ces scénarios peuvent intégrer différents usages mais également venir tester la « souplesse » de chaque paramètre vis-à-vis d’un objectif de performance fixé, par exemple la possibilité de faire varier la température de quelques degrés tout en restant à un niveau BBC.
Cette démarche de scénarisation des usages nécessite d’être appréhendée très en amont et impacte assurément le temps d’études. Mais c’est certainement indispensable pour construire des logements non seulement sobres et robustes, mais également désirables pour ceux qui y résident.


>> Télécharger la note en cliquant ici

 

 

Publié le 21.11.2017
0 commentaire

Donnez votre avis

500_42999_vignette_b-c-bureaux-clichy-2.jpg
(© photo : M.Denancé)(source : Archicontemporaine.org)
Immeuble de bureaux « Les horizons » à Clichy (92) - B+C architectes