"Augmenter la constructibilité de tous les espaces bâtis ou non, constitue un défi formidable pour les architectes"

Lionel Carli, président du Conseil national de l'Ordre des architectes, répond aux questions de l'agence de presse AULH sur l'augmentation des droits à construire, annoncée par le Président de la République, et sur le Droit à l'architecture.
Lionel Carli, président du Conseil national de l'Ordre des architectes, répond aux questions de l'agence de presse AULH sur l'augmentation des droits à construire, annoncée par le Président de la République, et sur le Droit à l'architecture.

 

« Imaginer [d'augmenter la constructibilité] de tous les lieux, tous les espaces qu'ils soient bâtis ou non, constitue un défi formidable pour les architectes », déclare Lionel Carli, président du Conseil national de l'ordre des architectes. Il réagit auprès d'AULH, jeudi 2 février 2012, aux annonces de Nicolas Sarkozy permettant pour « tout terrain, toute maison, tout immeuble [de voir] ses possibilités de construction augmenter de 30 % » (AULH n°7015). « Ce travail en terme de densité doit conduire à un véritable diagnostic urbain et paysager associant élus, citoyens, architectes et urbanistes pour se saisir des enjeux de demain : à savoir, entre autres, la création de logements pour tous, de mixité sociale et générationnelle, et d'habitat évolutif », précise Lionel Carli. Et d'ajouter : « nous avons eu un plan construction [à travers le Puca, créé en 1998]. Pourquoi ne pas reprendre ce modèle pour lancer un grand plan sur le logement ? », suggère-t-il.

Toutefois, augmenter de 30 % les droits à construire laisse « perplexe » le président du Conseil national de l'ordre des architectes qui juge que la mesure n'est pas « raisonnable » : « pourquoi pas 50 % ou 10 % de plus ? ».

En revanche, il voit dans cette future norme un « encouragement aux élus » à revoir leur document d'urbanisme pour aller vers « plus de densité, là où c'est possible » tout en réfléchissant à une meilleure implantation des constructions de logement qui prenne en compte la proximité des transports et des services publics. Il rappelle que c'est l'élu responsable de sa commune qui doit prendre les mesures sur son territoire. Cependant, il s'interroge : « faut-il cantonner cette réflexion à l'échelle de la commune ou l'étendre à l'intercommunalité, à travers le Scot, notamment ? »

En outre, « il faut trouver le moyen de rendre les collectivités locales acteurs de la régulation du foncier, grâce à des outils souples ». Aussi, avant de mettre à disposition des collectivités locales le foncier des entreprises publiques pour y construire du logement, « il est nécessaire d'étudier l'intérêt patrimonial de ces bâtiments et leur implantation », prévient-il. Et de préciser quelle sera la contrepartie de cette mise à disposition comme par exemple, la construction de logements sociaux.

ARCHITECTURE POUR TOUS
En tout état de cause, le Conseil national de l'ordre des architectes entend remettre des préconisations, fin mars ou début mai, aux candidats à l'élection présidentielle, qui constitueront « une feuille de route » pour ces derniers. Il s'agira d'aboutir à l'élaboration de « 15 propositions fortes pour une architecture partagée, pour tous, à toutes les échelles ». Le Conseil de l'ordre s'est fondé sur sa convention de décembre 2011 qui avait pour thème le « Droit à l'architecture », pour réaliser une première séquence de travail avec des « think tank » (laboratoires d'idées autour de courants politiques).


AULH - 03 février 2012 - Dépêche n°7070 -
www.aulh.info
 
Publié le 06.02.2012
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Lionel Carli (photo C. Demonfaucon)