Architectes n°39.

Téléchargez le numéro 39 de la revue ordinale de la Champagne-Ardenne.

Ce numéro de votre revue de l’Architecture en Champagne-Ardenne est publié alors que nous ne connaissons pas les conclusions de la mise en application de la directive service européenne en droit français.

Les dernières informations laissent espérer que le ministère de la culture et de la communication foncièrement opposé aux objectifs de Bercy pourrait être entendu. Les représentants de la profession restent mobilisés mais cet espoir se concrétisera t’il ?

 L’aube d’une nouvelle année est face à nous. Se prépare t’il une profonde mutation de la profession ?

En tout état de cause, l’institution œuvre afin de préserver les intérêts de l’architecture  en laissant la capacité aux architectes d’exercer dans de bonnes conditions leur art face à ceux qui ne voient en eux que le prestataire obligatoire pour le dépôt de permis de construire.

Mais les architectes eux-mêmes s’en donnent-ils les moyens ?

Les MAPA, avec leur mise en concurrence basée sur le coût de la prestation de la maîtrise d’œuvre, ont engendré une chute vertigineuse des moyens financiers des équipes au regard des obligations techniques et réglementaires accrues. Mais, quelques francs-tireurs, y ont vu l’opportunité d’obtenir des marchés plus facilement en offrant des prestations au rabais. Cette dérive est nationale. Maintenant, il faut assurer la commande, répondre aux obligations, et rester indépendants au côté du maître d’ouvrage dans le cadre du bon déroulement du projet. Il est impossible de réaliser la même mission avec des taux d’honoraires diminués de 30 à 40% basés sur des coûts travaux ayant eux aussi baissés sans réduire le temps investi pour le projet et sur le chantier.

Cette réflexion est actuellement menée au sein du conseil régional de l’Ordre des architectes. Les premières informations échangées ne sont pas valorisantes. Il semble que les bailleurs champardennais souffrent du même mal, l’incompétence de la maîtrise d’œuvre en phase chantier. La faute à qui, à quoi ? Certainement pas au client, mais certainement à celui qui rédige l’offre. Par ces actes volontaires, que je qualifie de sabotage, tous les efforts menés par le conseil depuis plusieurs mois pour valoriser l’architecture en Champagne Ardenne, par nos actions et échanges, par l’évolution de cette revue, par la préfiguration de la future maison de l’architecture à Châlons-en-Champagne et ses antennes départementales, par notre implication au salon Sabine de février prochain, tous ces efforts risquent d’être mis à plat.

 Cette réflexion sur l ‘évolution de la profession n’est pas menée qu’au sein de  notre conseil, elle l’est dans de multiples régions, et le conseil national vient de se doter d’une commission où les régions sont invitées à apporter leurs expériences.

 Attendons, mais cette année qui se présente sera celle, espérons le, d’un redressement et d’une réaction intelligente et maitrisée des professionnels de l’architecture face aux attentes des maîtres d’ouvrage. Nous rappelons que nos obligations de maîtrise d’œuvre sont avant tout l’architecture et sa qualité, notre indépendance face aux tricheurs et industriels afin de garantir une meilleure qualité des constructions à nos clients et aux usagers des espaces que nous concevons.

 Sans cela, d’autres structures sont mieux organisées que nous, pour répondre à la demande de production de plans et documents de permis de construire. Mais là, je laisse à la directive service le soin de saborder l’ensemble de la profession et aux groupes financiers la maîtrise des agences « immobilières d’architecture ».

Le Président,

Frédéric DENISART

 Edito.

 

Publié le 22.02.2010
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