Architectes de l'Urgence en Haïti : vidéo et premières informations

Le Conseil national de l'Ordre diffuse sur sa WebTV une interview d'Olivier Brière, conseiller national et membre fondateur de la fondation Architectes de l'urgence, qui présente l'activité d'Architectes de l'urgence et parle de son intervention en Haïti. Le CNOA publie également le premier rapport d'intervention d'Architectes de l'urgence sur place.

Quelques jours après le séisme qui a frappé Haïti, Olivier Brière, architecte, conseiller national de l'Ordre et membre fondateur de la fondation Architectes de l'urgence, présente sur la webTV de l’Ordre  l'activité d'Architectes de l'urgence et parle de son intervention en Haïti.

Il s'adresse aussi aux architectes qui souhaiteraient aider l'action des urgentistes. Architectes de l’urgence a reçu environ 150 propositions de bénévoles pour renforcer les équipes déjà sur place. Architectes de l’urgence les sollicitera dès que les conditions matérielles (circulation, électricité, etc.) en Haïti le permettront.

Voir la vidéo : cliquez ici


Patrick Coulombel a adressé, le 19 janvier, depuis Port-au-Prince, un premier rapport d’intervention, que nous publions.

Depuis vendredi 15 janvier, une équipe d’Architectes de l’urgence est à pied d’œuvre en Haïti pour une mission d’assistance aux populations affectées par le séisme du 12 janvier 2010.

L’équipe sur place est composée de :
-    2 architectes Français (Patrick Coulombel et Serge Gunot), arrivés le vendredi 15/01 à Port au Prince.
-    2 supports logistiques et administration, arrivés le lundi 18 janvier 2010 à Port au Prince
-    2 architectes de Emergency Architects Canada, arrivés le lundi 18 janvier 2010 à port au Prince


photo : Architectes de l'urgence

Les Actions menées :
 
Depuis le séisme, les Haïtiens vivent dans la peur permanente de nouvelles répliques et que de nouveaux bâtiments s’écroulent.

La plupart des habitants de Port au Prince ne fait plus confiance à la résistance des bâtiments, ce qui se traduit par l’installation de camps improvisés sur les places publiques par des habitants effrayés, le refus de ré-ouvrir les bureaux et ateliers de production, la grande difficulté des soins médicaux qui doivent être faits à l’extérieur,...

La première mission des Architectes de l’Urgence s’oriente donc vers l’analyse technique des bâtiments stratégiques affectés par le séisme pour déterminer leur état structurel et permettre leur réoccupation ou ordonner leur fermeture.
 
Depuis son arrivée, l’équipe technique a mené l’évaluation de 12 sites stratégiques :
 
5 hôpitaux :
Tous les hôpitaux ont été évacués suite au séisme. Les patients sont donc dans les cours, à l’extérieur, car les équipes de santé craignent que les bâtiments ne tombent à la prochaine secousse.
Le travail des Architectes de l’Urgence est donc primordial car il permet de savoir si les soins de santé vitaux peuvent reprendre dans les salles d’opération.

•    Hôpital CDTI :
Considéré comme le plus moderne d’Haïti, cet hôpital présente des faiblesses structurelles sur une partie du bâtiment, imagerie et radiologie. Les architectes de l’urgence ont dû condamner une aile de l’édifice mais ont permis la réouverture des blocs opératoires, ce qui a provoqué un grand soulagement de la part du personnel soignant.

•    Hôpital Daquiri :
Cet hôpital se trouve dans le quartier de Carrefour, très durement touché par le séisme. Alors que tous les patients avaient été évacués dans la cour, l’équipe des Architectes de l’Urgence a annoncé que les bâtiments étaient suffisamment sûrs pour être réintégrés.

•    Hôpital Saint François de Salle :
L’hôpital se situe dans le bas de la ville de Port au Prince, dans une zone critique.
Des chirurgiens et pompiers belges étaient à l’œuvre pour soigner les blessés. L’analyse des bâtiments était essentielle pour organiser la suite des opérations.
Les Architectes de l’Urgence ont procédé à la sécurisation d’un périmètre autour d’un bâtiment menaçant de s’effondrer, conseillé d’abattre un mur dangereux et permis l’utilisation partielle des salles d’opération.

•    Hôpital Français.
Une partie de salles de l’édifice sont endommagées, autour desquelles une barrière de sécurité a été dressée. L’analyse structurelle a permis la réouverture de la salle d’opération

•    Hôpital Geskio.
Cet hôpital récemment inauguré (octobre 2009) a bien résisté. Des conseils ont été fait au directeur pour un renforcement d’une partie de la structure, grâce auquel l’ensemble du bâtiment pourrait redevenir opérationnel très rapidement. La partie accueil est endommagée mais l’ensemble sera opérationnel rapidement.


photo : Architectes de l'urgence

 Des services de base

    La centrale électrique de Port au Prince.
L’électricité est coupée dans la ville depuis de séisme en raison des dommages sur le système de production et sur le réseau.
Il était essentiel de vérifier si les bâtiments de la centrale étaient sûrs pour permettre un rétablissement de service, car les employés refusaient de ré-entrer dans l’édifice.
L’analyse a déterminé que la centrale ne présente pas de risques majeur, et que le travail peut reprendre.

•    Le siège de l’entreprise Total.
L’approvisionnement de la capitale en fuel devient chaque jour plus problématique. Le siège de Total a été durement touché, mais quelques travaux de renforcement permettraient de réhabiliter les parties dangereuses tout en reprenant le travail dans la partie moins touchée. La proposition a été faite de poser des bureaux provisoires type modulaires dans la cour pour pouvoir continuer l’approvisionnement des stations de la ville.
 

photo : Architectes de l'urgence

Des bâtiments français :

•    L’ambassade de France : fermeture du bâtiment principal de l’ambassade et mise en place d’un périmètre de sécurité. Les autres bâtiments sont utilisés par le centre de crise du MAE et n’ont pas de problème particulier.

•    La résidence de l’ambassadeur : Cet endroit s’est converti en lieu d’accueil des ressortissants français et des forces humanitaires et de sécurité civile (800 personnes au total). Un périmètre de sécurité a été établi autour de la résidence complètement détruite. Les autres bâtiments n’ont pas souffert.

•    Le lycée français : Il s’est plutôt bien comporté, seule la salle des professeurs du primaire est endommagée et ne doit pas être accessible. Un mur de soutènement côté voisin est pourtant dangereux et doit être sécurisé, il menace de tomber sur des salles de classe.

•    Les 3 antennes de l’institut culturel français : L’institut Culturel a souffert mais peut être sauvé. La structure du bâtiment principal a partiellement été endommagée. Les autres bâtiments sont très peu endommagés et les dégâts sont mineurs !



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Publié le 20.01.2010
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