2019 : les vœux optimistes du président de l’Ordre

Denis Dessus, président du Conseil national de l’Ordre, a présenté des vœux optimistes et fixé des objectifs : construire l’après-Loi Elan, faire de la transition écologique l’axe de l’action ordinale, répondre à l’enjeu de la rénovation des logements, redessiner une stratégie pour l’architecture
Le 21 janvier 2019
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Mercredi 17 janvier, Denis Dessus, président de l’Ordre des architectes présentait ses voeux pour l’année à venir.

Soyons optimistes malgré la loi Elan
Des vœux optimistes au regard d’une prise de conscience à l’International, particulièrement en Europe, du rôle essentiel des architectes et de la culture architecturale, dont témoigne notamment la déclaration de Davos sur la « Culture du bâti » (BauKultur) signée en 2018 par presque tous les ministres de la culture européens.

Des vœux optimistes malgré une année 2018 marquée par l’adoption de la loi Elan, qui « fait régresser France, tandis que l’Europe avance ».

Pour Denis Dessus, les agences d’architecture sont « 20 000 start-ups agiles » réparties sur tout le territoire. Evoquant l’opposition résolue de la profession à la loi Elan, il rappelle que « les architectes ne sont pas des empêcheurs de bétonner tranquilles mais des poids lourds économiques qui conçoivent et prescrivent 60 milliards de travaux chaque année. »
Ainsi, « concernant la problématique logement, il nous faut maintenant inventer ce que la loi ne dit plus, et imaginer, dans un nouveau cadre législatif, comment bien concevoir et construire un habitat adapté aux besoins… Nous devons gérer l’après Elan et éviter que le démantèlement de la MOP et d’autres règles favorables à un aménagement raisonné ne se traduisent par la production du mal logement de demain. » Il a informé qu’un travail sur la refonte du contrat de maîtrise d’œuvre et les nouvelles missions des architectes est engagé par le Conseil national.

La transition écologique : un axe d’action pour les années qui viennent
Un premier vœu qui sera aussi « le premier axe d’action pour les années qui viennent » : « Quels que soient les programmes et même si on ne nous le demande pas, engageons-nous pour que nos projets amènent de la richesse écologique, impactent positivement l’environnement. Fixons-nous les plus hauts critères sociaux et environnementaux dans nos projets. Soyons des militants d’un monde meilleur ! »

Pour ce faire, le Conseil national va créer une « plate-forme de l’expérimentation et de l’innovation qui va permettre de sensibiliser, informer et former tous les acteurs sur une approche écologique et sociale de la construction et de la rénovation ». Elle aura pour but de « mettre en avant les expérimentations reproductibles et les initiatives vertueuses, et de permettre à ceux qui veulent s’exprimer de participer à la réflexion collective ».

La rénovation, enjeu social et économique majeur
La président de l’Ordre a poursuivi en faisant le vœu « d’une vraie politique stable, intelligible, cohérente et bien ciblée en faveur de la rénovation des logements. Si c’est le cas, nous nous engageons à entraîner la profession dans cette action en lui donnant les moyens de répondre à cet énorme enjeu. »

« Nous avons, a-t-il rappelé, des millions de m2 de logements construits il y a des décennies qu’il faut impérativement repenser, avec une analyse globale qui ne doit pas être uniquement énergétique mais holistique, intégrant des améliorations fonctionnelles, produisant un environnement sain et confortable, améliorant la valeur patrimoniale, densifiant le foncier disponible et adaptant l’aménagement urbain. »

Une stratégie pour l’architecture
Denis Dessus a évoqué la nécessité de « relancer la Stratégie nationale pour l’Architecture », impulsée par le ministère de la Culture sous le mandat présidentiel précédent ; et a proposé une action symbolique et collective forte en collaboration avec le ministère : « l’organisation d’Assises ou d’Etats généreux de l’architecture et du cadre de vie, une fête de la ville et des campagnes, du vivre ensemble, un moment pour se poser et réfléchir avec tous les acteurs des mondes politiques, associatifs et professionnels sur les modes de production de notre cadre de vie et la place donnée au citoyen ».

Il a enfin souhaité que la profession, et l’Ordre en particulier, s’investisse dans les actions lancées par le gouvernement comme le programme Action Cœur de Ville et le Grand débat national qui vient de s’ouvrir.
Ce travail permettrait à la profession « d’arriver lors des élections municipales de 2020 comme porteuse de propositions, afin de participer aux réflexions des électeurs ».

Publié le 21.01.2019
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( © CNOA 17 janvier 2019)
Les vœux optimistes du président de l’Ordre pour 2019