Groupe scolaire Lucie Aubrac, Toulouse, Laurens et Lousteau arch. (© S Chalmeau)
© S Chalmeau
Groupe scolaire Lucie Aubrac, Toulouse, Laurens et Lousteau arch. (© S Chalmeau)

L'essentiel des chiffres de la profession

Démographie des architectes, modes d'exercices, activités et revenus
Publié le 19.10.2015

La population ordinale

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Observatoire de la profession d'architecte.

La France compte 29 689 architectes et agréés en architecture inscrits au tableau de l’Ordre fin 2015. 1200 diplômés HMONP sortent environ chaque année des écoles d’architecture et environ 18 000 étudiants y sont inscrits.

1243 nouveaux architectes se sont inscrits à l'Ordre en 2015. Les nombres des entrées et des sorties sont à peu près équivalents depuis 2010.

La population professionnelle est principalement concentrée sur quelques régions : l’Ile de France (32.6 % des inscrits), Auvergne-Rhône-Alpes (12,5%), Occitanie (9,8%), PACA (9,22%), Nouvelle-Aquitaine (7,9%), Grand-Est (6,1%), Hauts-de-France (4,4%) Pays de la Loire (4,2%).

La population demeure majoritairement masculine, malgré une population féminine en croissance régulière : en 2015, il y avait 27 % de femmes inscrites à l’Ordre, mais elles sont 46,2 % parmi les architectes de moins de 34 ans..

L’âge moyen des architectes est de 50,4 ans. 22% des inscrits ont moins de 40 ans, 26% entre 40 et 50, 29% se situent dans la tranche des 50-60 ans, 19% dans les 60-70 ans et 4 % ont plus de 70 ans. Les femmes sont en moyenne nettement plus jeunes puisque 34% ont moins de 40 ans, 67% moins de 50 et seulement 7,3% plus de 60 ans.

La France compte 44,9 architectes inscrits à l’Ordre pour 100 000 habitants, contre 82 en moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne.
 

Les modes d'exercices

Si l’exercice individuel, à titre libéral, correspond au cœur de la profession, il est en net tassement :  49% des architectes inscrits en 2015 contre 83% en 1983. A l'inverse, sur la même période, la part des architectes associés passe de 5 % (en 1983) à 41 % (en 2015). On compte aussi (toujours en 2015) 3% de fonctionnaires et 3% de salariés.

On compte, en 2016, 10200 sociétés d’architecture contre 8445 en 2011, 7500 en 2009, 5890 en 2007 et 700 en 1983. Il s'agit en grande majorité de SARL (52%) ou de SARL à associé unique (16%) et d'EURL (18%) - la part des secondes marque toutefois le pas sur celle des premières. Parmi les autres types de sociétés, les SELARL représentent 4% des sociétés en 2013.
 
 

L’activité des architectes

Le montant de travaux déclarés par les architectes à la MAF est de 53,3 milliards d'euros en 2014 (en baisse de 2, milliards par rapport à l'année 2013). Selon la MAF, le taux de pénétration des architectes (adhérents à la MAF) dans l’ensemble de l’activité bâtiment était de 42% en 2014, stable par rapport à l'année précédente. 

Les régions dans lesquels sont déclarés par les architectes les montants de travaux les plus importants sont  l'Ile de France (33,8%), Rhône-Alpes (12,1 %), PACA (7,4%), l'Aquitaine (5,1%).

La part des montants de travaux déclarés par des architectes exerçant en société continue d'augmenter au détriment de celle des architectes exerçant en libéral : 70,5% contre 29,5%.

Le neuf devance la réhabilitation : en 2014, la construction neuve (y compris travaux d'extension) représente 73,3% des travaux des architectes pour seulement 26,7% à la réhabilitation. Les architectes sont donc sur-représentés dans le neuf et sous-représentés dans l'existant (qui, dans le chiffre d'affaire global du bâtiment, représentent respectivement 43,6% (neuf) et 56,4% (entretien)).

Le secteur privé devant le secteur public : Le secteur privé représente 65,2% des montants de travaux déclarés par les architectes, contre 34,8% au secteur public en 2013. Selon la FFB, dans l'ensemble de la construction, ces chiffres sont respectivement de 79% et 21%.

Le secteur du logement derrière le non-résidentiel : Le secteur du logement représente seulement 46,% du montant des travaux déclarés par la profession contre 54% au non-résidentiel, en 2014, tandis que la proportion est inverse en termes de nombre de projets. La maison individuelle représente seulement 14% (deux tiers pour l'individuel isolé et un tiers pour l'individuel groupé), tandis que le logement collectif représente 32% des montants de travaux des architectes. Dans le non-résidentiel, les bureaux sont le premier poste (16%), suivi par le secteur de la santé  et celui de l'enseignement.

Les revenus des architectes :
En 2014, le revenu moyen des architectes était de 42 164 euros selon la CIPAV. Le revenu moyen (BNC) des femmes reste bien inférieur à celui des hommes. L’écart de revenus semble tout de même se réduire. Le revenu moyen des femmes représente 57 % du revenu moyen des hommes en 2014, contre 52 % en 2002.
Le revenu médian n'est quant à lui que de 26 620 euros.

Selon l'ARAPL, les architectes exerçant en libéral ont un chiffre d'affaire moyen de 128 500 euros en 2014 (en baisse continue depuis 2008 où ce CA moyen s'élevait à 155 900 euros)

Les structures du secteur demeurent très atomisées : les trois quarts des entreprises employeuses du secteur ont un effectif inférieur à 5 ETP (équivalent temps plein).

  
   

Synthèse de l'Archigraphie 2016

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Observatoire de la profession d'architecte.

Données sociodémographiques : principaux résultats

  • Le nombre de diplômés en architecture apparait stable depuis 2009.
  • Le nombre d’architectes tend à se stabiliser à près de 30 000 inscrits depuis 2010.
  • Le mouvement de féminisation se poursuit au sein de la profession.
  • Les effectifs d’architectes demeurent concentrés en Ile-de-France et dans le sud de la France.
  • Les jeunes s’installent dans les régions très urbanisées, leurs aînés exerçant surtout dans le quart nord-est et dans le sud de la France.
  • Le  vieillissement de la population des architectes s’opère à une vitesse comparable à celle du vieillissement de la population française.
  • L’âge moyen des architectes entrant à l’Ordre et quittant l’Ordre a progressé de deux ans depuis 2001.
  • L’effet du « papy-boom » devrait conduire à faire chuter la durée moyenne d’appartenance à l’Ordre dans les prochaines années.
  • La répartition des architectes selon le mode d’exercice du métier témoigne d’une augmentation continue de l’exercice en société depuis 2004 (le nombre d’associés tend à dépasser celui des architectes libéraux               ).
  • Les femmes demeurent sous-représentées parmi les architectes libéraux et associés.
  • Les architectes libéraux sont surreprésentés dans le sud de la France et les associés dans le nord, la pointe bretonne et en Auvergne – Rhône-Alpes.
  • Des facteurs structurels et conjoncturels pèsent sur le niveau de revenu moyen des architectes qui peine ainsi à retrouver son niveau le plus haut atteint en 2007. Par ailleurs, les disparités de revenus demeurent très fortes au sein de la profession mais s’expliquent notamment par le niveau d’expérience et le type d’activité. D’autre part, l’écart est toujours très marqué entre le revenu moyen des hommes et des femmes mais il tend à se réduire chez les plus jeunes générations d’architectes.
  • Le statut d’auto-entrepreneur est en forte croissance. Ce régime séduit tout particulièrement les  jeunes générations d’architectes. Ainsi, en 2014, les architectes âgés de moins de 35 ans exerçant leur activité en auto-entrepreneur représentent 65% des architectes pour cette tranche d’âge. La proportion de femmes est également plus élevée (respectivement 34,3% des femmes architectes contre 17,2% des hommes architectes).
  • Les structures du secteur demeurent très atomisées : les trois quarts des entreprises employeuses du secteur ont un effectif inférieur à 5 ETP (équivalent temps plein).         
  • Le nombre d’entreprises et de salariés en ETP sont orientés à la baisse.
  • Le taux de féminisation du statut de salarié en agence d’architecture demeure stable depuis 2009 (54%).
  • Le salaire brut annuel en ETP d’un salarié travaillant en agence d’architecture est comparable à celui des activités juridiques et des activités comptables pour l’année 2013.
  • Désormais on compte  autant d’hommes que de femmes parmi les architectes inscrits à Pôle emploi en tant que demandeurs d’emploi de catégorie A.


Orientation de la demande sur le marché de la construction et son impact sur l’activité des architectes

L’amorce d’une reprise sur le marché de la construction en 2016

Certes, les dernières données de la FFB font état d’un nouveau recul d’activité en 2015 dans le Bâtiment (-3 % en volume). Toutefois, l’année 2016 devrait, à l’inverse, connaître l’amorce d’une reprise (estimée à + 0,9 %). Le segment du logement neuf devrait enfin connaître une amélioration au cours de cette année (voir Chapitre I, Partie 2). Concernant l’activité d’amélioration-entretien, plusieurs facteurs devraient contribuer également à soutenir la demande (prolongation du Crédit d’Impôt pour la Transition Energétique aux mêmes conditions qu’en 2015, maintien à 5,5 % du taux de TVA sur les travaux d’efficacité énergétique, ouverture du prêt à taux zéro (PTZ) ancien avec gros travaux à l’ensemble du territoire français…).

En revanche, le marché du non résidentiel neuf, pour sa part, devrait voir son activité reculer en volume en 2016, en lien avec une nouvelle baisse des surfaces mises en chantier, hors bâtiments agricoles. Selon la FFB, l’amélioration prévue des permis (directement liée à l’investissement des entreprises) devrait entrainer une hausse des mises en chantier au cours du second semestre. La réalisation d’équipements publics restera pour sa part mal orientée du fait de la réduction des dotations de l’Etat. Ainsi, en moyenne l’activité devrait rester baissière en 2016 pour tous les segments de marché du non résidentiel neuf, hors bâtiments agricoles.

La place des architectes dans le marché de la construction

Concernant l’analyse de la demande adressée aux architectes, il convient de noter que le mode d’exercice conditionne le type de clientèle. En effet, les cabinets d’associés peuvent davantage prétendre répondre à des chantiers de grande envergure (appels d’offre publics), tandis que les architectes exerçant à titre individuel dépendent plus fortement d’une clientèle composée de particuliers. Néanmoins, concernant l’ensemble de la profession, les résultats sont les suivants :

  • L’activité des architectes représente 42% de l’activité du bâtiment (part stable depuis 2012).
  • En 2014, la commande privée ainsi que la commande publique sont en repli.
  • Près des trois quarts des travaux réalisés par les architectes concernent la conception de bâtiments neufs.
  • Pus de la moitié des ouvrages confiés aux architectes concernent le logement.
  • Après une embellie en 2010 et 2011, l’activité reste orientée à la baisse depuis 2012 aussi bien en valeur qu’en volume (série arrêtée à fin 2014).
  • L’activité des architectes affiche un relatif maintient dans le collectif mais reste en repli sur le marché du logement individuel      .
  • Concernant le segment des bâtiments non résidentiels, on observe une relative stabilité des montants moyens de travaux à l’exception des travaux exercés pour les bâtiments de santé et de justice/ sécurité.
  • Le marché de la maison individuelle a fortement souffert de la crise et de la contraction du marché de la construction. Concernant les caractéristiques de la clientèle des architectes sur ce marché, on note une part plus importante de cadres et de professions intellectuelles supérieures que pour la clientèle des autres types de maître d’œuvre. Les moins de 30 ans font également peu appel aux architectes lorsqu’ils font construire une maison individuelle. Enfin, les particuliers ayant recours à un architecte sont de plus en plus nombreux à opter pour une maison individuelle livrée « totalement terminée ».    

A moyen terme, les récentes réformes devraient contribuer à soutenir l’activité des architectes. En effet, la simplification des normes « accessibilité », déjà entreprise pour les établissements recevant du public (ERP), s’est poursuivi dans le domaine du logement neuf. Ainsi, de nouvelles dispositions s'appliqueront aux demandes de permis de construire déposées à compter du 1er avril 2016. Par ailleurs, en 2016, le projet de loi «  relatif à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine » rétablit le seuil à 150 m² au lieu de 170 m².

 

Dans un tel contexte, qu’en est-il de l’insertion des jeunes diplômés en architecture ?

D’après les résultats d’une enquête du ministère de la culture[1], les diplômés des écoles supérieures d’architecture ont les meilleures insertions professionnelles (tous diplômes de l'enseignement supérieur Culture confondus). Voici, quelques-uns des principaux résultats de cette enquête concernant les diplômés des écoles supérieures d’architecture :

  • Le délai d’accès au premier emploi après l’obtention du diplôme est relativement rapide (ils sont prêts de 81% à accéder à leur premier emploi en moins de 6 mois) mais tend à s’allonger.
  • La pluri-activité demeure marginale mais gagne progressivement du terrain.
  • La majorité des jeunes diplômés est insérée dans le champ d’activité de l’architecture.
  • Plus de 8 jeunes diplômés en architecture sur 10 déclarent exercer dans le domaine de la conception architecturale.
  • Plus d’un tiers des diplômés sont installés en Ile-de-France.
  • Près de 8 diplômés sur 10 exercent leur activité en agence d’architecture.

Ainsi, malgré une situation conjoncturelle tendue, pour le moment ces données ne semblent pas témoigner d’un réel accroissement des difficultés pour les jeunes diplômés à s’insérer dans la vie active.

 

Principaux enjeux pour les professionnels du secteur

Face aux différents éléments d’analyse évoqués et suite aux différents entretiens qui ont été menés avec certains experts de la filière du BTP dans le cadre de cet observatoire, quatre principaux défis à relever dans les années à venir semblent se dessiner pour les architectes :

Communiquer sur le rôle des architectes en matière d’amélioration de la performance énergétique des logements

Cette question du rôle de l’architecte en matière d’efficience énergétique[2] a fait notamment l’objet d’un mémoire d’études qui précise que notamment « dans le contexte actuel de transition énergétique portée par le gouvernement français (Grenelle de l’Environnement), les méthodes de conception et de construction des nouveaux bâtiments ont fortement évoluées pour répondre au mieux à ces nouvelles problématiques. Mais, les constructions neuves ne représentant qu’une petite partie du parc immobilier (avec un taux d’accroissement annuel d’environ 1%*), la question de la «mise à jour» thermique du parc existant est donc fondamentale. » Il convient ainsi de mettre davantage en avant le rôle de l’architecte sur ce segment porteur des travaux d’amélioration des performances énergétiques.

Se former pour répondre aux mutations à l’œuvre dans le secteur

Dans un contexte d’intensification de la concurrence (inter et intra sectorielle), la formation constitue un vecteur majeur de compétitivité pour les professionnels du secteur. Elle permet d’intégrer à son offre les dernières innovations du secteur, aussi bien concernant le choix des matériaux, leurs nouvelles propriétés qu’en termes d’outils de conception tels que la mise en œuvre du BIM (Building Information Modeling). La maquette numérique vient notamment bousculer les méthodes et l’organisation du travail des différents acteurs du projet de construction. Elle suppose une harmonisation des langages informatiques des logiciels utilisés.  Cette maquette numérique se prépare et se conçoit dès les études et la phase de conception. Différentes compétences et différents corps de métier interviennent ainsi sur l’ensemble du projet. Se former au travail collaboratif devient donc une priorité. Il est par ailleurs important de communiquer pour sensibiliser les acteurs du secteur à la conduite de projets.

Jouer la carte de la synergie des compétences pour plus de compétitivité

Comme dans beaucoup d’autres secteurs où les structures sont très atomisées, se regrouper permet d’atteindre la taille critique pour remporter certains appels d’offre notamment les projets de grande envergure nécessitant de multiples compétences. Les enjeux de tels regroupements sont également financiers puisque les différents associés mutualisent certains frais (location des bureaux, mutualisation de certains équipements…). Cela permet d’autre part de répondre à une demande réelle des clients sur des chantiers complexes lorsque ces derniers souhaitent avoir un interlocuteur unique. Enfin, c’est un moyen de répondre à la complexité croissante dans l’activité de construction (notamment liée à la réglementation, au BIM…).

Le développement à l’international de l’activité des architectes

La qualité de la formation des architectes français est un véritable atout reconnu sur le plan international. Cependant, alors que l’accès aux appels d’offre étrangers semble encore limité pour la majorité des architectes français, leurs homologues étrangers sont nombreux à proposer des offres « packagées »  en matière de villes durables, par exemple, pour répondre à la demande  croissante de l’Inde et des pays du Moyen-Orient notamment. Cela va de pair avec un travail collaboratif évoqué précédemment. Ces offres « packagées » nécessitent le développement d’une offre globale reposant sur le travail conjoint des artisans du BTP, des ingénieurs et des architectes. Par ailleurs, la maitrise des langues étrangères est fondamentale pour répondre à ce type de demande. Il est donc nécessaire de développer les stages à l’étranger, ainsi que la formation relative à l’accès à ces appels d’offre internationaux.

 

[1] (1) Anne Darras, L’insertion professionnelle des diplômés de l'enseignement supérieur Culture, Cultures Chiffres 2015-3, une publication du Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture et de la Communication.

 

[2] L’architecte et la rénovation énergétique [la question du logement], Pierre Bécheret Mémoire de master 1 Architecture et cultures constructives, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, mai 2013