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National - 25-10-2006 - A la une
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Les professions intellectuelles et artistiques dénoncent les conséquences du nouveau code des marchés publics

Les professions intellectuelles et artistiques interpellent le ministre des Finances Thierry Breton et alertent les médias et l’ensemble des pouvoirs publics sur les conséquences du nouveau code des marchés publics.

Lire le communiqué de presse

Les métiers de l’architecture et de la maîtrise d’œuvre, des arts graphiques, de la communication, du design, de la programmation et de l’aménagement, de l’urbanisme, du paysage, soit 100 000 professionnels et entreprises, dénoncent la discordance des dispositions du code des marchés publics avec celles de la directive 2004/18/CE.

Ce code déséquilibre les relations entre prestataire privé et acheteur public en permettant à ce dernier de tout obtenir sans contrôle ni réelle contrepartie. Il faut savoir qu’aujourd’hui, pour la majorité des marchés, l’acheteur public est libre d’inventer sa procédure.

Cette pratique qui a déjà généré de nombreuses dérives est maintenant légalisée. En effet il lui est aujourd’hui possible d’obliger le prestataire à produire l’essence même de son travail de concepteur (esquisse, maquette, prototype) avant de savoir s’il obtiendra la commande.

Demande-t-on à un entrepreneur de construire trois étages pour savoir si on lui confiera la construction du bâtiment ?

Ces textes conduiront inévitablement à:

- limiter la concurrence aux seules entreprises pouvant se permettre d’investir à perte sur les consultations publiques et,à court terme, une perte d’emplois et la paupérisation d’un pan de notre économie.

- bafouer la raison d’être des professions intellectuelles qui verront ainsi galvaudé leur travail, le versement d’une prime ne constituant sûrement pas la garantie d’une juste rémunération

- générer des contentieux notamment au regard de la propriété intellectuelle, voire du non respect des règles d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures.


En cohérence avec le droit communautaire, seul le concours, avec des règles, un jury compétent, un programme élaboré et une juste indemnisation correspondant à l’investissement fourni, doit permettre la remise de prestation. Le problème est que l’état français, en retranscrivant la directive européenne permettant la présentation d’échantillon dans des consultations de fournitures, a étendu cette possibilité aux esquisses, maquettes et prototypes qui constituent une partie fondamentale de la valeur ajoutée des prestations intellectuelles !

On ne doit pas choisir un concepteur et encore moins ceux qui façonnent l’environnement et le cadre de vie des citoyens, comme on sélectionne un fournisseur de crayons. L’objectif de l’acheteur public est d’assurer une bonne gestion des deniers publics. Pour ce faire, les choix doivent être qualitatifs et respectueux de la recherche d’un développement durable.

Nous demandons donc un rééquilibrage du code et qu’au dessous des seuils européens, seules deux procédures soient possibles : le concours, ou pour les opérations à faible enjeu, une procédure simple, transparente et économique pour l’acheteur public : la sélection sur compétences, références et moyens adaptés à l’objet de l’opération.

Nous demandons également que la spécificité des professions intellectuelles soit prise en compte dans des circulaires d’application du code établies en concertation avec les professionnels.


Pour l’ensemble des signataires du communiqué de presse
Denis DESSUS, vice-président du Conseil national de l’Ordre des architectes
juridique@cnoa.com – Tel. 01 56 58 67 00


>> Lire le communiqué de presse :

COMMUNIQUE DE PRESSE 12 10 2006.pdf

Size 149634 - File type application/pdf


et sur l'habilitation et les autres problèmes de la profession, rien ! - seb

Recu le 30-10-2006
ET LES AUTRES PROBLEMES !!!
et les retours par mails suite à la pétition...

cf commentaire d'un confrère repris ci-après:

Habilitation maitrise oeuvre et marchés publics - Petit J Philippe Recu le 08/10/2006
La réforme LMD en cours des études d' Architecture avait pour but d' harmoniser les diplômes d' enseignements supérieurs français sur un modèle européen destiné à faciliter les équivalences entre pays. Mais elle n' avait certainement pas pour objet de permettre à des acteurs du privé de s'imiscer dans un contôle de la profession d' Architecte.
Or que constate t on depuis plusieurs années ? sous l' influence du lobby du BTP,il a été concocté un relèvement du montant financier de passage des marchés publics par les administrations qui avantage les acteurs du privé et quelques grosses agences d'architecture mais défavorise la plupart des petites agences donc la majorité des Architectes.
Deuxiémement, Le ministère de la culture et son service de la DAPA sous couvert d' une harmonisation européenne des diplômes veut en profiter pour faire passer une réforme de la profession d' Architecte qui donnera là encore un controle du marché sur le métier d' Architecte .
Ce qui relève d' un certain mépris et est un comble pour cette profession,est que l' on veut dissocier le titre d' Architecte de l' habilitation à la maitrise d'oeuvre c'est à dire en fait le droit à signer des plans notamment en créant deux catégories d' Architecte :
-Ceux qui seront diplômés mais n' auront pas obtenu l' habilitation à la maitrise d'oeuvre et qui toucheront en gros le smic en travaillant.
-Ceux qui auront l' habilitation en plus du diplôme et qui eux seuls seront ceux qui auront une chance de travailler à un salaire digne.
Ces manoeuvres sont donc claires et on voit d' où elles viennent ; la république des coquins ne serait pas loin si les différents décrets sortis en 2005 par le ministère de tutelle pendant les vacances scolaires d'été n' étaient pas attaquables devant le conseil d' état ,puisque ces décrets organisent clairement une inégalité de traitement pour l' accession à cette profession et c' est là leur principale faiblesse.
La seule réponse vraiment efficace aux maneuvres de la DAPA est donc d'avoir recours au conseil l'état qui devra dire s'il la suit dans la nouvelle organisation de la profession d' Architecte ou bien invalide ses décrets qui apparaissent à beaucoup comme mafieux...
Il est vrai qu'il est plus avantageux mais cynique de gouverner par arrété et décret que d' organiser un vrai débat démocratique.

Loi MOP 2006 - douget

Recu le 30-10-2006
Loi MOP 2006 - Douget Laurent Recu le 26/09/2006
Nous espérons pouvoir compter sur l'ordre pour faire pression sur les députés afin de modifier cet article. Si l'Etat se donne les moyens pour obtenir du travail gratuit sans rémunération, c'est la mort annonçé des petites structures (que nous sommes pour la plupart). Si cet article n'est pas abrogé, peut-on espérer de l'ordre un soutien pour une grève de la commande publique?(le seul moyen de bloquer les institutions dans leur projet),ou dois je continuer à croire qu'il y a déjà bien longtemps que mes confrères ne sont plus capable de faire preuve d'une initiative collective(du fait de leur rapport parfois ambigue avec les fonctionnaires des collectivités ???)

un petit rappel - arno

Recu le 02-11-2006
Architecte : un métier - Déclaration commune de la profession
Les organisations représentatives de la profession d’architecte (Syndicat de l’Architecture, UNSFA et CNOA) ont décidé de s’unir comme elles l’avaient déjà fait en 2004 pour l’écriture du Livre blanc des architectes, afin de dénoncer les conditions dans lesquelles la DAPA* entend mettre en oeuvre la réforme des études d’architecture.

Durant trois ans ces organisations ont participé aux réunions de concertation organisées par la DAPA, mais à aucun moment cette dernière n’a donné de crédit à leurs recommandations. Les professionnels, qui ont d’emblée soutenu le principe d’une réforme des études d’architecture dans le cadre du schéma européen d’harmonisation des cursus, ont toujours mis en avant l’absolue nécessité d’organiser dans la continuité du master une période de préparation à l’exercice de la maîtrise d’oeuvre par apprentissage en entreprise d’architecture d’une durée de deux ou trois ans, sous la responsabilité d’un tuteur.

Cette acquisition du savoir-faire indispensable à l’exercice du métier aurait été co-organisée par les écoles d’architecture et la profession qui s’engageait ainsi à accompagner les futurs architectes dans une démarche de développement de leurs compétences à la pratique contractuelle du projet leur permettant de faire face à des conditions d’exercice de plus en plus complexes du fait de l’ouverture des marchés à la libre concurrence.

Le ministère de la Culture a voulu limiter cette préparation à l’exercice de la maîtrise d’oeuvre à un stage de six mois pratiqué chez des professionnels et validé par les écoles, ce qui est bien en deçà de celles pratiquées dans le monde et d’abord en Europe.

Faute d’avoir construit avec la profession un projet partagé, la DAPA adresse aux directeurs des écoles d’architecture, sans concertation avec les organisations représentatives de la profession, une "circulaire" par laquelle elle envisage les différentes hypothèses encadrant l’année d’habilitation à l’exercice de la maîtrise d’oeuvre. Après avoir voulu persuader les étudiants que la profession voulait "mettre la main" sur l’enseignement de l’architecture et bénéficier d’une main-d’oeuvre bon marché, la DAPA essaie maintenant, de faire supporter à la profession, l’organisation et le financement de cette habilitation à la maîtrise d’oeuvre !

Pourtant, l’article 5 du décret du 30 juin 2005 précise bien que "Les études d’architecture mènent aux diplômes nationaux d’enseignement supérieur dénommés diplôme d’étude en architecture et diplôme d’État d’architecte, conférant respectivement les grades de licence et de master, ainsi qu’à l’habilitation de l’architecte diplômé d’État à l’exercice de la maîtrise d’oeuvre en son nom propre". Si l’habilitation montre ainsi clairement son appartenance à la formation initiale, la DAPA tente aujourd’hui de l’en soustraire pour la faire passer sous contrat de professionnalisation.

Or, de deux choses l’une : ou bien la formation pratique envisagée intervient dans le cadre de l’obtention d’un diplôme ou d’un titre et le stage n’est pas rémunéré mais indemnisé conformément à la circulaire n°86-065 du 13 février 1986 du ministère de l’Education nationale et la loi n°2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances, car le stagiaire n’a pas le statut de salarié ; ou bien cette formation est assurée dans le cadre de la professionnalisation et le stagiaire ne peut, en application de l’article R981-1 du code du travail avoir le statut d’étudiant. En ne choisissant aucune de ces deux solutions, au profit d’une voie intermédiaire la DAPA s’est placée en dehors de la réglementation.

Les organisations représentatives de la profession et le Conseil National de l’Ordre des Architectes condamnent donc la légèreté de leur ministère de tutelle, refusent d’apporter leur soutien à l’application dans ces conditions de l’arrêté du 20 juillet 2005 et appellent les étudiants, professeurs et directeurs d’écoles à exiger la mise en place d’un contenu théorique et d’un cadre d’application cohérents pour l’habilitation à l’exercice de la maîtrise d’oeuvre, et conforme aux exigences internationales.

Elles appellent solennellement l’État à reconsidérer des dispositions qui ont d’ores et déjà abouti à une impasse et demandent l’ouverture immédiate d’une négociation avec tous les acteurs susceptibles de construire un véritable projet de formation des générations futures à la pratique du métier d’architecte, seul garant de la qualité architecturale qui en découlera.

Les Présidents, le 31 Mai 2006
Patrick Colombier Bernard Figiel Michel Roulleau
Syndicat de l’Architecture CNOA UNSFA

*Direction de l’architecture et du patrimoine du ministère de la Culture

Contacts
Syndicat de l’Architecture - 24 rue des Prairies 75020 Paris - Tél. : 01.46.36.24.05 www.syndarch.com
CNOA - 9 rue Borromée 75015 Paris - Tél. : 01.56.58. 67.00 www.architectes.org
UNSFA – 8-10 rue Bertin Poiré 75001 Paris - Tél. : 01.45.44.58.45 www.unsfa.com
[07/06/2006

à tous les architectes - Appel

Recu le 02-11-2006
A tous les architectes ,

Encore une fois , nous sommes pris pour des marionnettes ! ... et c'est
notre faute !!!! réagissons enfin!
Ne serions nous pas l'une des rares professions considérée comme de la
"merde" ... parce que nous ne réagissons pas ?
Va-t-on se laisser "balader" ainsi éternellement et voir notre travail
bafoué, la valeur de nos études dépréciées .
Accords sur accords se font sans les architectes entre ministère,
associations et organisations intervenant dans les marchés publics et
nous sommes systématiquement mis à l'écart . On charge 'la mule' et
l'architecte devient la 'poubelle de service' : responsable de tout ...
(après l'épisode volet paysager , la notice de sécurité que l'on veut
nous imposer à rédiger ! voici le stage d'habilitation à la maitrise
d'Oeuvre que l'on veut nous faire supporter !) .... un peu plus, + un
peu plus .... +++++ et nous sommes devenus aux yeux de tous des
'carpettes' où tout le monde s'essuie les pieds .
Regarder la MAF : l'important ce n'est pas de nous défendre mais
surtout que le client soit content : pas de vagues : donc même si
l'architecte n'a strictement rien à se reprocher , il doit payer !!!
Nous connaissons tous les chantiers " à rallonge"pour lequel nous ne
sommes pas rémunérés correctement alors que les pénalités aux
entreprises devraient être appliquées systématiquement avec une partie
reversées à l'architecte pour les retards , Nous connaissons tous
l'incapacité profesionnelle des entreprises et celle des maître
d'ouvrages mandatés ... A qui demande-t-on d' absorber toutes les
défaillances ? : l'architecte !
Arrêtons les dégâts : Nous avons des DROITS (nous payons assez cher
pour cela) !
Descendons dans la rue et EXIGEONS des réformes , des garanties , une
reconnaissance . Bloquons nos chantiers et nos études .... s'il le faut
. Tous ensemble , nous pouvons le faire . Isolés nous sommes foutus !
Les médecins ont obtenu ce qu'il voulait , nous pouvons le faire aussi
! Stopper notre travail peut avoir des conséquences graves sur
l'économie , les entreprises , les pouvoirs publics ....
Décidons d'une opération "Coup de poing" avec de vrai garanties et non
d'un simple 'coup de gueule' .

Retrouvons nous à la rentrée de septembre/octobre . Convenons d'une
date précise et agissons vraiment .
TOUS ENSEMBLE DANS LA RUE !
DECIDONS D'UN MOUVEMENT NATIONAL DES ARCHITECTES ET DES ÉTUDIANTS EN
ARCHITECTURE !
J'EN APPELLE À L"ORDRE DES ARCHITECTES, L'UNSFA, LES ECOLES
D'ARCHITECTURES , LES SDAP ET LES ARCHITECTES DES BÂTIMENTS DE FRANCE,
LES CAUE , L'ASSOCIATION DES ARCHITECTES DU PATRIMOINE ,LES ACMH ...
TOUS CEUX QUI SONT CONCERNÉS ET SE SENTENT CONCERNÉS PAR L'AVENIR DE
L'ARCHITECTURE .


Melsens Laurence
CHAMOIN MELSENS ARCHITECTES ASSOCIES


A DIFFUSER / A DIFFUSER/ A DIFFUSER / A DIFFUSER

Mort sur ordonnance - et aussi

Recu le 02-11-2006
Mort sur ordonnance


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Le Syndicat de l’Architecture dont la charte proclame notre « devoir d’ingérence quand nos valeurs sont menacées » peut -il rester silencieux et inactif devant cette dépossession de nos espaces publics ?


Par ordonnance, c’est-à-dire sans débat parlementaire, le Gouvernement de la République permet, dans un unique contrat de « partenariat », à des intérêts privés de financer, concevoir, construire, entretenir et assurer la maintenance des bâtiments publics contre un loyer.

L’école, la mairie, l’hôpital, la bibliothèque,l’université, le gymnase, le commissariat, la piscine, le dispensaire, seront la propriété de groupes financiers auxquels l’État, la région, le département ou la commune verseront des loyers. Les finances publiques, c’est-à-dire nos impôts, assureront ainsi durablement des rentes à des groupes financiers privés. C’est ce que monsieur Madelin appelle « l’optimisation du flux de l’argent »*.

Au moment où le gouvernement incite financièrement les Français à emprunter pour devenir propriétaires de leur logement, les Français deviendront locataires des bâtiments publics. C’est ce que monsieur Sarkozy appelle « gérer la France en bon père de famille ».

Qu’importe si cette procédure coûtera beaucoup plus cher (car il faudra évidemment payer les intérêts financiers des emprunts aux privés et servir les dividendes aux actionnaires) : les générations futures régleront la note ! Qu’importe si le credo, pourtant très libéral, de la concurrence est bafoué car peu de groupes pourront raisonnablement postuler.

Qu’importe si la suspicion de commissions diverses et variées est de retour et si l’entente et le partage organisé du marché sont encouragés. Lorsque en 1987 le gouvernement avait vendu l’entreprise publique TF1, au groupe Bouygues, le ministre de la Culture de l’époque François Léotard, ami politique de l’actuel ministre de la culture, avait affirmé catégorique, que le choix s’était porté sur : « le mieux disant culturel ».

Aujourd’hui le président de TF1 affirme que sa mission est de : « rendre les cerveaux disponibles pour la publicité ». Demain l’architecture publique, expression de la culture au service des citoyens, sera aussi l’affaire, de la conception à la gestion, de nouveaux « mieux disant culturels ». Et en effet, on ne voit pas très bien pourquoi les grands groupes financiers devraient promouvoir, assurer et garantir la qualité des constructions publiques en lieu et place de l’État et des collectivités. Le Conseil constitutionnel a entériné le principe en mettant des conditions.

Le Conseil d’État a rejeté les requêtes en annulation d’élus, de syndicats professionnels et d’une association.


Et maintenant ?

Les optimistes observant les difficultés et les risques, notamment juridiques, liés aux « partenariats » parient sur leur échec. C’est mal connaître la capacité des grands groupes à « border » leur intervention.

C’est méconnaître l’ambition finale et affirmée des promoteurs de la procédure de « partenariat » qui vise à généraliser la formule à toute la commande d’architecture publique y compris la plus modeste*, sans avoir à justifier de l’urgence ou de l’extrême spécificité technique de l’ouvrage.

C’est ignorer le savoir-faire des groupes financiers et de l’aile la plus libérale de la droite au pouvoir qui trouveront bien, le moment venu, les moyens légaux pour dépasser les restrictions actuellement imposées par le Conseil Constitutionnel.


Renoncer ?

Les architectes, dont on aura encore besoin pour signer la demande de permis de construire, en dépit de leur protestation unanime du mois de juin 2003 vont-ils renoncer, à l’essence même de leur métier : concepteurs et maîtres d’œuvre responsables devant leur maître d’ouvrage donc nécessairement indépendants des intérêts de l’entreprise ? Vont-ils, fatigués ou consentants, accepter d’amputer leur travail d’une bonne part du projet et de la totalité de la maîtrise d’oeuvre ? Quel avenir préparent-ils pour les jeunes ou futurs architectes ?

Les élus, décrétant l’urgence, vont-ils renoncer à leur rôle naturel de maître d’ouvrage, au nom de la communauté des citoyens, pour améliorer médiatiquement le bilan du mandat d’un élu au prix d’un endettement bien plus pernicieux puisque reporté sur les générations futures ?

Les artisans et moyennes entreprises déjà largement écartés de la commande publique sont-ils condamnés à n’être plus définitivement que des sous-traitants dont la valeur du travail sera fixée par le taux de profit escompté des majors ?

Les citoyens, totalement tenus à l’écart de cette décision, éminemment politique, vont-ils benoîtement accepter d’être dépossédés de leurs espaces publics et de surcroît payer plus cher ?

Et si les architectes et leurs organisations continuaient le combat en informant nos concitoyens et en appelant au sens de la responsabilité des élus ? Si l’Ordre des architectes réaffirmait les principes fondamentaux de la déontologie inscrite dans la loi sur l’architecture et veillait avec les syndicats à ce que chaque contrat de « partenariat » respecte strictement les conditions imposées par le Conseil Constitutionnel et au cas contraire portait systématiquement l’affaire en justice ?

Le Syndicat de l’Architecture dont la charte proclame notre « devoir d’ingérence quand nos valeurs sont menacées » peut-il rester silencieux et inactif ?

Christian RAULET

* Propos tenus au Sénat le 8 décembre 2003 lors des « Rencontres de la construction » organisées notamment par EGF. BTP.

toujours les mêmes erreurs !!! - borloo

Recu le 02-11-2006
Après le décès de plusieurs dizaines de personnes dans les incendies d’hôtels insalubres, le gouvernement s’est ému (il était bien temps!) des conditions dans lesquelles vivent des milliers de gens.


Ces”gens” avaient pour la plupart un titre de séjour, un travail et pouvaient justement prétendre à un logement décent.
Au lieu de cela on les a laissé croupir dans des logements insalubres, dangereux et surpeuplés.

Si gouverner c’est prévoir, il faut bien constater la carence des gouvernements successifs, leur incapacité à mesurer les réels besoins de notre pays en matière de logement social.
Face à l’émoi général, que fait le gouvernement? Il décide la mise en œuvre de 5000 logements d’urgence et s’adresse pour ce faire à la SONACOTRA, organisme d’Etat chargé de construire et de gérer l’habitat des travailleurs migrants.

Et la SONACOTRA de se débarrasser au plus vite de la “patate chaude” en demandant aux entreprises et autres industriels du bâtiment de proposer des solutions “clés en main”
Nous voici revenus au bon vieux temps des modèles dont on croyait s’être débarrassés depuis 20 ans.

Pire que les modèles, on demande que soient chiffrés des “modules” une, deux, trois pièces… que l’on organisera en fonction de programmes à définir, sur des terrains qui n’existent pas encore…

A ce moment seulement, les groupes lauréats trouveront des architectes pour tenter d’organiser entre elles ces “boites” et d’y coller une façade!
Résultat architectural et urbain garanti à l’heure où l’on s’émeut à juste titre de la valeur de l’urbain.

Mais ce n’est pas tout! Juste avant ces logements d’urgence, Monsieur BORLOO avait lancé l’idée de la maison à 100 000 euros. Ici encore on est loin de se rapprocher de la cohérence urbaine, de la mixité sociale, de l’art de vivre ensemble. Pousser les français à poursuivre le mitage du territoire… on croit rêver !

Après les troubles récents des banlieues on a beaucoup fustigé les responsables, à savoir les « politiques » et les architectes, auteurs du mal vivre. Comme si les architectes pouvaient être tenus responsables des choix urbains faits dans l’après-guerre !

C’est faire croire qu’ils auraient eu le pouvoir de créer ex nihilo, où bon leur aurait semblé les milliers de ghettos fabriqués à l’époque.
Beaucoup d’architectes peuvent encore témoigner de la manière dont étaient décidées et conduites ces opérations sous l’autorité régalienne de la Caisse des Dépôts.

Si l’on y ajoute les théories du « chemin de grue » inventées par les entreprises, on peut affirmer que les architectes ne pesaient pas lourd.
Alors ces architectes en ont assez de porter le chapeau, d’être montrés du doigt quand la seule responsabilité est du ressort du politique.

Dans dix ou vingt ans on nous reprochera encore d’avoir imaginé ces « non-lieux de vie » que Monsieur BORLOO impose à nos concitoyens.
Les 5000 logements d’urgence que la SONACOTRA veut « démontables » seront toujours là, ruisselant de rouille ou atteints de pelade, les maisons à 100 000 euros auront poussé les élus locaux à augmenter encore les impôts pour créer et entretenir les infrastructures indispensables.
Bravo pour les effets d’annonce !

Le syndicat de l’Architecture qui se bat depuis longtemps pour défendre les valeurs sociales et culturelles de l’architecture, qui précise dans sa charte que l’architecte s’engage dans sa pratique à « ne pas nuire » appelle tous les architectes à refuser de se prêter à ces jeux dangereux qui ne peuvent que réduire encore un peu plus le lien social dont on parle tant.

Bravo Messieurs les ministres de la cohésion du même nom !


Quelle profession? - Delahaye

Recu le 08-11-2006
Je serai bref et concis.
J'ai 55 ans, fils, petit fils et arriére petit fils d'entrepreneur. J'exerce a quart temps en libéral avec une activité de formateur dans un centre de formation d'apprentis du Bâtiment (la base!!).
La profession récolte ce qu'elle a semé.... c'est à dire rien.
Certainement le refus d'être humble et technique!
Je me souviens de l'article d'un ancien elu de l'Ordre sur la Coupe. un bijou !!!!comme pour nous avertir que nous ne savons plus avant métrer, chiffrer, calculer. Vous ne voulons plus garder le véritable rôle de Maitre d'Oeuvre.
Combien de métiers apparus sur notre dos, économistes de la Construction, Gestion, suivi de chantier etc.... toutes les activités que l'on a abandonné, à l'image d'une certaine époque ou la maison individuelle n'intéressaient pas ces Messieurs les Architectes, parce que trop occupés à aligner les grandes barres ou s'entassent aujourd'hui la population déshéritée
Nous ne sommes plus devenus que des dessinateurs de Mickey, belle pers! belles facades! jolies couleurs! Que voulez vous faire maintenant face à des Eiffage, Bouygue et autres.
Je suis redevenu un Archi de terrain, petit chantier, petit agrandissement, le chiotte au fond de la cour, pour tenter de redonner à la population (en tout cas à mon entourage) l'image d'une profession complexe Artistique et Technique proche de la réalité quotidienne
Salutations confraternelles
DELAHAYE

Re - steeve

Recu le 09-11-2006
Je ne suis pas d'accord avec ton constat!
céder au fatalisme , c'est trop facile. Je travaille depuis 7ans et c'est pas parce que la profession a été discréditée par l'orgueil et la grosse tête que certain ont pris il ya 20 ans, qu'il faut accepter d'en subir les conséquences et se faire bouffer par des commerçants et des politiciens (plus ou moins incompétents ou pourris).
Il ya beaucoup d'architectes qui font un véritable travail proche des gens, avec des compétences, des valeurs...mais le contexte laissé en héritage par leur confrères est un désastre et rien ne se passe !!!

CONFRERES ou BANDE D'EGOISTES ? - Et nous on fait quoi ? !!!!

Recu le 09-11-2006
Les avocats sont en grèves et bloquent les institutions pour garder une juste rémunération ...

Nous , on détruit notre profession et on fait quoi ? des blablas
A quand les actes en communs !
Sommes nous des confrères solidaires ou une bande d'égoïstes !
Nous sommes gouvernés par des parvenus ! et ils feront ce qu'ils veulent ( ou leur rapporte) tant qu'il n'y aura pas d'actes d'ampleur, des actions largement médiatisées et surtout qui les dérangent dans leurs magouilles !! ( la lutte contre le CPE, les incendies en banlieue... sont l'illustration des aberrations auxquelles sont obligés les gens qui veulent se faire entendre !)
A QUAND LES CRS DEVANT LES LOCAUX DES ORDRES DES ARCHITECTES !!!
ALLONS NOUS LAISSER LE GOUVERNEMENT FAIRE !!