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National - 19-09-2006 - A la une
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La position de l'Ordre sur le Code des marchés publics 2006

Le « guide de la commande publique d’architecture » disponible sur www.architectes.org est d’ores et déjà mis à jour au code 2006. Nous développerons dans les prochains Cahiers de la Profession le détail des évolutions des textes.

Depuis 2001 les versions successives du code détériorent les conditions de passation des marchés de maîtrise d’œuvre, avec l’avènement d’une procédure adaptée qui entraîne toutes les dérives. La version 2006 est réellement problématique, malgré certaines modifications obtenues lors des différentes phases de l’élaboration du texte.
La nouveauté et le problème essentiel viennent du rajout dans l’article 74 spécifique à la maîtrise d’œuvre de la phrase indiquant qu’ « en procédure adaptée toute remise de prestations donne lieu au versement d’une prime ». Mais il ne peut et ne devrait pas y avoir de remise de prestations hors procédure de concours ! C’est le sens de la directive 2004-18, c’est la loi MOP puisqu’on ne peut faire un bout de mission sans la faire en intégralité, c’est l’intérêt de la maîtrise d’ouvrage qui n’a rien à gagner à choisir sur la base de prestations peu élaborées.

Ce code aurait également dû être l’occasion de supprimer l’appel d’offres comme exception possible au concours en cas de réhabilitation d’ouvrages existants. Cette possibilité n’a aucun sens, les chantiers de réhabilitation étant généralement très complexes et nécessitant une conception poussée où le maître d’ouvrage a tout intérêt à recourir au concours. De plus l’appel d’offres, donc l’intangibilité de l’offre, n’est pas compatible avec la loi MOP ou le prix est conclu de façon provisoire avant d’être définitif après les études d’avant projet.
On ne peut choisir un architecte comme on choisit un fournisseur de crayons : un maître d’ouvrage n’achète pas seulement des prestations intellectuelles mais in fine commande un bâtiment qui doit être de qualité, performant, économique, qui va être utilisé pendant plusieurs dizaines d’années, va façonner l’environnement et le paysage et générer une valeur patrimoniale etc. L’enjeu dépasse donc largement les montants financiers engagés initialement. Cet enjeu est compris même par les ultra-libéraux. L’état fédéral américain préconise le choix de la maîtrise d’œuvre sur des critères de compétences avant de négocier financièrement, ce qui correspond à notre ancien code et l’article 314 !

Il est anormal de traiter les prestations intellectuelles comme des fournitures. Ce que subit la maîtrise d’œuvre est également subi par l’ensemble des métiers intellectuels et créatifs. Sur notre initiative, les représentations professionnelles des métiers intellectuels et créatifs, représentant plus de 100 000 PME françaises se sont élevées contre le nouveau code, dans l’indifférence des médias, de la classe politique et des ministères concernés. La procédure adaptée a généré de nombreuses dérives aujourd’hui légalisées.

En effet, la conjonction des articles :
- 28 qui permet de déroger aux règles des procédures formalisées
- 49 qui autorise l’acheteur à exiger du candidat la production de maquette ou prototype,
- 74 qui induit la possibilité de demander une prestation,
oblige le prestataire à produire l’essence même de son travail de concepteur (esquisse, maquette, prototype) avant de savoir s’il obtiendra la commande.
Demande-t-on à un entrepreneur de construire trois étages pour savoir si on lui confiera la construction du bâtiment ?

Ces textes conduisent inévitablement à:

- limiter la concurrence aux seules entreprises pouvant se permettre d’investir à perte sur les consultations publiques
- bafouer la raison d’être des professions intellectuelles qui verront ainsi galvaudé leur travail, le versement d’une prime ne constituant sûrement pas la garantie d’une juste rémunération
- générer des contentieux notamment au regard de la propriété intellectuelle, voire du non respect des règles d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures.

En cohérence avec le droit communautaire, seul le concours, avec des règles, un jury compétent, un programme élaboré et une juste indemnisation correspondant à l’investissement fourni, devrait permettre la remise de prestation.

Dans le guide de la commande publique d’architecture 2006, nous préconisons une procédure adaptée simple, sur compétences références et moyens. Pour « coller » à l’article 74, nous proposons également la possibilité de mettre en œuvre une procédure adaptée indemnisée, réservée aux opérations complexes, avec remise de prestations consistant en une analyse constructive du programme mais en aucun cas le début d’une réponse architecturale. Nous développons les risques juridiques et qualitatifs de toute formule de procédure adaptée qui demanderait aux candidats un commencement d’esquisse.

Il faut reconnaître que nous luttons depuis des années contre des évolutions d’un code qui permet de plus en plus de pressurer le prestataire privé et tend à atténuer transparence et contrôle des procédures.
En fait, il faudrait une vraie refonte du code, et ce dès l’article 1.
Les grands principes du code, liberté d’accès à la commande, égalité de traitement et transparence ne garantissent en rien l’efficacité de la commande et la bonne utilisation des deniers publics, ce ne sont que des conditions parmi d’autres ! C’est le choix de la procédure appropriée qui va le permettre.

Il faudrait réarticuler le code avec comme objectif, non pas l’obtention d’une « offre économique », mais bien la satisfaction optimale du service public objet du marché.

Pour des opérations d’aménagement ou de bâtiment, cette satisfaction se mesure sur des critères de qualité des espaces, de fonctionnalité et d’efficacité dans la satisfaction du service, d’impact environnemental, de création de valeur patrimoniale, de coût en analyse globale intégrant investissement, fonctionnement, coût énergétique et maintenance, d’adaptabilité aux évolutions des besoins durant la vie de l’équipement.

Il est grand temps d’inscrire la passation des marchés publics dans une problématique citoyenne de développement durable et de satisfaction de besoins de société culturels, sociologiques, environnementaux.


Denis DESSUS vice-Président CNOA
Président de la commission marchés publics





MOP 2006 - FAY Laurent

Recu le 26-09-2006
Je partage tout a fait le constat de Denis Dessus et dispose de nombreux exemples de procédures adaptées qui demandent une offre d'honoraires et la remise de plan coupe élévation et perspective...pour voir, gratis! C'est une régression qui fera disparaitre progressivement les petits artisants que nous sommes.
Il faut agir vite dans le contexte pré-électoral qui s'annonce.
Cordialment,
L. Faÿ

Loi MOP 2006 - Douget Laurent

Recu le 26-09-2006
Nous espérons pouvoir compter sur l'ordre pour faire pression sur les députés afin de modifier cet article. Si l'Etat se donne les moyens pour obtenir du travail gratuit sans rémunération, c'est la mort annonçé des petites structures (que nous sommes pour la plupart). Si cet article n'est pas abrogé, peut-on espérer de l'ordre un soutien pour une grève de la commande publique?(le seul moyen de bloquer les institutions dans leur projet),ou dois je continuer à croire qu'il y a déjà bien longtemps que mes confrères ne sont plus capable de faire preuve d'une initiative collective(du fait de leur rapport parfois ambigue avec les fonctionnaires des collectivités ???)

commentaire sur la position de l'ordre - Aeneas SYLVIUS

Recu le 29-09-2006
Il est totalement légitime de ne pas travailler gratuitement, et la procédure du concours est sans conteste la mieux "adaptée" aux opérations de maîtrise d'oeuvre. Cependant je ne partage pas les propos de M. DENIS sur l'inefficacité des principes du code (liberté, égalité, transparence), ni sur l'inutilité d'une simplification des procédures. Pourquoi ne pas concevoir un concours simplifié ? Quant aux critères économiques, je crains qu'ils ne soient malheureusement difficiles à éliminer des raisonnements des maîtres d'ouvrages publics.

La position de l'Ordre sur le Code des marchés publics 2006 - DESSUS Denis

Recu le 03-10-2006
En réponse aux confrères : La grève de la commande publique, on peut toujours réver mais je rappelle le combat contre les PPP qui a entièrement reposé sur les épaules de l'ordre et des syndicats et pour lequel la profession n'a pas bougé. Il est bien plus confortable de brâmer"que fait l'ordre ?" et de rester bien tranquillement à bosser dans son coin en comptant sur les autres.
Je pense que Sylvius n'a pas bien lu, il ne suffit pas d'appliquer les principes du code pour en avoir une bonne pratique. De même nous ne sommes pas contre la simplification mais pour la transparence et une vraie concurrence. Concernant le concours simplifié, le risque est que, si ce n'est pas encadré dans les textes réglementaires, la simplification ne touche pas seulement les contraintes administratives mais le cadre de notre travail (programme, délais, rémunération). Enfin le critère économique n'a pas à être supprimé mais il faut parler en terme de coût global d'opération ce qui entraîne un choix qualitatif des prestataires concepteurs. L'état fédéral et la plupart des états américains, chantres du libéralisme mais conscients des enjeux, préconisent (voire obligent) de choisir ingenierie et concepteurs sur leurs compétences, le prix étant ensuite négocié. Il devrait être possible d'être intelligent aussi en Europe.....

Habilitation maitrise oeuvre et marchés publics - Petit J Philippe

Recu le 08-10-2006
La réforme LMD en cours des études d' Architecture avait pour but d' harmoniser les diplômes d' enseignements supérieurs français sur un modèle européen destiné à faciliter les équivalences entre pays. Mais elle n' avait certainement pas pour objet de permettre à des acteurs du privé de s'imiscer dans un contôle de la profession d' Architecte.
Or que constate t on depuis plusieurs années ? sous l' influence du lobby du BTP,il a été concocté un relèvement du montant financier de passage des marchés publics par les administrations qui avantage les acteurs du privé et quelques grosses agences d'architecture mais défavorise la plupart des petites agences donc la majorité des Architectes.
Deuxiémement, Le ministère de la culture et son service de la DAPA sous couvert d' une harmonisation européenne des diplômes veut en profiter pour faire passer une réforme de la profession d' Architecte qui donnera là encore un controle du marché sur le métier d' Architecte .
Ce qui relève d' un certain mépris et est un comble pour cette profession,est que l' on veut dissocier le titre d' Architecte de l' habilitation à la maitrise d'oeuvre c'est à dire en fait le droit à signer des plans notamment en créant deux catégories d' Architecte :
-Ceux qui seront diplômés mais n' auront pas obtenu l' habilitation à la maitrise d'oeuvre et qui toucheront en gros le smic en travaillant.
-Ceux qui auront l' habilitation en plus du diplôme et qui eux seuls seront ceux qui auront une chance de travailler à un salaire digne.
Ces manoeuvres sont donc claires et on voit d' où elles viennent ; la république des coquins ne serait pas loin si les différents décrets sortis en 2005 par le ministère de tutelle pendant les vacances scolaires d'été n' étaient pas attaquables devant le conseil d' état ,puisque ces décrets organisent clairement une inégalité de traitement pour l' accession à cette profession et c' est là leur principale faiblesse.
La seule réponse vraiment efficace aux maneuvres de la DAPA est donc d'avoir recours au conseil l'état qui devra dire s'il la suit dans la nouvelle organisation de la profession d' Architecte ou bien invalide ses décrets qui apparaissent à beaucoup comme mafieux...
Il est vrai qu'il est plus avantageux mais cynique de gouverner par arrété et décret que d' organiser un vrai débat démocratique.

AGIR pour préserver notre profession - seb

Recu le 29-10-2006
Je constate une chose:
la profession d'architecte est sinistrée, l'ordre est sensé agir et il n'ya même pas un encart ou une rubrique clairement et visiblement accessible depuis l'accueil du site !!! c'est vraiment minable ( il faut bien chercher pour trouver les positions de l'ordre, les démarches et les réactions de chacuns)

Je propose à tout les architectes et organisations syndicales d'écrire et transmettre directement leurs remarques et doléances au président de la république.
vous pouvez lui écrire (comme je viens de le faire)depuis son site internet dont voici l'adresse:

http://www.elysee.fr
rubrique écrire au président

ça va bien faire rire certain, j'en suis sûr, mais quand il en aura marre de recevoir nos doléances, il fera peut être quelque chose . Ce qui sera déjà plus que l'immobilisme ambiant !ou les actions sans résultats, invitez tout ceux qui sont consernés ou qui veulent nous soutenir à faire de même !